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Tensions à travers le pays

Bérenger réclame le départ de Ramgoolam et dénonce une dérive sécuritaire

18 octobre 2026, 09:00

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Bérenger réclame le départ de Ramgoolam et dénonce une dérive sécuritaire

Le ton est donné. Pour Paul Bérenger, le pays traverse une période de fortes turbulences, sur fond de colère populaire, de crise de confiance envers le gouvernement et de préoccupations grandissantes autour du maintien de l’ordre. Lors de la conférence de presse du Fron Militan Progresis (FMP), hier, le leader du parti a renouvelé son appel au départ du Premier ministre, Navin Ramgoolam, tout en mettant en garde contre des réponses gouvernementales qu’il juge disproportionnées aux tensions actuelles.

«Le plus tôt Navin Ramgoolam ne sera plus Premier ministre, mieux ce sera pour le pays», a-t-il lancé. Pour Paul Bérenger, la situation appelle à préparer l’après-Ramgoolam et l’après-MSM, dans un contexte où la confiance de la population envers les dirigeants serait, à ses yeux, sérieusement ébranlée.

Le FMP condamne les violences récentes, tout en saluant le comportement de la population durant cette période difficile. Le parti distingue toutefois les policiers qui accomplissent leur travail des éléments qu’il estime indignes de l’uniforme. Paul Bérenger s’interroge également sur les résultats concrets de la lutte antidrogue, affirmant qu’à sa connaissance, aucun baron de la drogue n’a été arrêté puis traduit devant la justice. Pour lui, les déclarations politiques ne sauraient remplacer les résultats sur le terrain.

La réforme de la National Crime Agency (NCA) occupe une place centrale dans les inquiétudes du FMP. Les projets de loi relatifs à cette nouvelle agence, ainsi que les amendements constitutionnels qui l’accompagnent, doivent être présentés à l’Assemblée nationale à partir du mardi 20 octobre, pour une première lecture.

Paul Bérenger demande au gouvernement de ne pas précipiter le processus. S’il réclame le remplacement de la Financial Crimes Commission (FCC), il refuse que cette réforme aboutisse, selon lui, à une institution plus problématique que celle qu’elle doit remplacer. Le FMP plaide pour un Select Committee parlementaire qui permettrait aux parlementaires, aux juristes et aux parties concernées d’examiner les textes et leurs implications avant toute décision.

Au cœur de ses réserves figure l’articulation entre les pouvoirs de la future agence et ceux du commissaire de police, dont les fonctions sont prévues par la Constitution. La possibilité que le directeur général de la NCA puisse reprendre certaines enquêtes conduites par la police soulève, selon Bérenger, des interrogations institutionnelles majeures. Le parti défend une réforme qui renforce la lutte contre la criminalité sans fragiliser les équilibres constitutionnels.

Rama Valayden s’est, pour sa part, élevé contre l’éventualité de poursuivre certains suspects des récentes émeutes sous la Prevention of Terrorism Act (POTA). Le Premier ministre avait indiqué, le 15 octobre, que cette possibilité était à l’étude, tandis que le gouvernement avait évoqué le recours aux dispositions légales applicables.

L’avocat redoute qu’une telle approche ne fasse peser une réponse sécuritaire excessive sur des personnes impliquées dans les troubles. Il s’est exclamé : «Kouma dir Ramgoolam pe dir lemond ena teroris dan Moris.» Une mise en garde contre le risque, selon lui, d’envoyer à l’étranger une image du pays qui assimilerait les violences à une menace terroriste.

Le débat dépasse ainsi la seule question des sanctions. Il touche à la proportionnalité des poursuites, à l’accès à une représentation juridique et aux limites à ne pas franchir dans le contrôle des expressions sur les réseaux sociaux.

Le projet de loi sur la police suscite également des réserves au sein du FMP. Le parti s’inquiète des pouvoirs envisagés en matière de couvre-feu et du risque qu’une mesure puisse être étendue à l’ensemble du territoire. Bérenger met en garde contre toute disposition susceptible de rapprocher le pays d’une situation d’exception sans les garanties constitutionnelles nécessaires.


Sydney Pierre «Welcome»

Interrogé sur le départ de Sydney Pierre du Parti travailliste, Paul Bérenger a confirmé lui avoir parlé et s’est montré ouvert à son arrivée au FMP : «Monn koz ek li. Li welcome parmi nu.» Une porte ouverte, mais pas encore l’annonce d’une adhésion.

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