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“Le législateur américain n’obtient pas plus de votes lorsqu’il accorde une faveur à Maurice”
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“Le législateur américain n’obtient pas plus de votes lorsqu’il accorde une faveur à Maurice”
● <B> Quelles sont les principales retombées de la première réunion du Trade and Investment Framework Agreement (Tifa) Council tenu à Maurice la semaine dernière ?</B>
Selon la politique commerciale étrangère américaine, un Tifa est une étape qui précède la conclusion d’un accord de libre-échange. Cet accord jette donc les bases pour une coopération plus étroite à l’avenir. La réunion du conseil a permis d’identifier plusieurs domaines d’intérêt commun et d’évaluer le travail qui reste à faire pour arriver à destination.
Il s’agit d’un processus. Il ne faut pas s’attendre à des résultats rapides. La prochaine étape est de conclure un traité d’investissement bilatéral. Le Board of Investment (BOI) a ciblé cinq secteurs à savoir le “seafood” et la marine cluster, la “land-based oceanic industry”, l’hôtellerie et l’immobilier, le “knowledge-based hub”, et les technologies de l’information et des communications.
● <B>Quels sont les suivis de ces discussions ? </B>
Les représentants américains nous demandent de faire plus d’effort au niveau de la promotion des opportunités d’investissement à Maurice. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, dirigera une mission de prospection aux Etats-Unis en avril prochain. La meilleure façon de vendre Maurice comme un centre d’affaires est d’inclure des businessmen étrangers, de préférence des Américains, dans la délégation.
Ceux-ci pourront partager avec les potentiels investisseurs américains leurs expériences à Maurice. Ils pourront témoigner – j’espère de manière positive – de la qualité de la main-d’œuvre et des infrastructures ainsi que de leurs rapports avec la bureaucratie gouvernementale. C’est une formule qui marche très bien auprès des opérateurs américains.
Par ailleurs, il faudra mettre plus de ressources à la disposition de mon bureau à Washington pour pouvoir faire le suivi des missions dans les différentes parties des États-Unis.
● Quels sont les principaux défis de lobbying à Washington pour un pays comme Maurice ? </B>
Le lobbying touche principalement l’“Africa Growth and Opportunities Act” (Agoa). Nous avions soulevé la question de la dérogation au “third country fabrics” lors de la réunion du Tifa Council. Nous essayons d’obtenir le soutien du United States Trade Representative, dans nos efforts pour obtenir la dérogation auprès du Congrès.
La principale difficulté dans notre démarche de lobbying est que Maurice ne fait pas partie des pays les moins avancés (PMA). Le législateur américain n’obtient pas plus de votes lorsqu’il accorde une faveur à Maurice. L’électeur américain ne considère pas un pays avec un revenu de $ 5 000 par tête d’habitant comme étant pauvre. Le politicien a nettement plus de chances de recueillir des votes “humanitaires” s’il fait quelque chose en faveur des PMA de l’Afrique, par exemple.
● Quels sont donc nos arguments devant le Congrès ?</B>
Nous jouissons d’un respect pour le rôle de leader que nous avons joué dans la réalisation de l’Agoa. Il nous faudra capitaliser sur cette force auprès des législateurs.
Nous avons des amis au Congrès, dont Charlie Rangel, le nouveau président du Ways and Means Committee (le comité qui traite les taxes et les tarifs, etc.) à la Chambre des représentants.
Nous travaillons en étroite collaboration avec l’“African Coalition for Trade”. Nous dépensons beaucoup de temps au Capitol Hill pour faire passer notre message. Nous essayons d’être toujours présents sur l’écran de radar du Congrès.
Nous pensons avoir plus de chances de retenir l’attention de Charlie Rangel par rapport à notre revendication concernant le “third country fabrics”. Nous faisons bien ressortir que nous souhaitons obtenir la dérogation au “third country fabrics” comme une mesure de transition seulement.
L’ancien président du Ways and Means Committee, Bill Thomas, s’était fait une idée très négative de Maurice. Il était convaincu que le pays, en tant que porte-parole du bloc Afrique, Caraïbes et Pacifique, était responsable de l’échec de la réunion de l’Organisation mondiale du commerce de Cancun en 2003. Il était donc très difficile de faire avancer le dossier dans ces conditions.
<I>Propos recueillis par</I> Akilesh ROOPUN</B>
LE MOT
<B>Evaluation de l’impact sur l’environnement (EIA)</B>
L’Evaluation de l’impact sur l’environnement (“Environmental Impact Assessment” (EIA) en anglais), est une évaluation faite par le ministère de l’Environnement pour l’obtention d’un permis. Le but est d’évaluer les conséquences d’un projet sur l’environnement, afin de promouvoir un développement durable. De par l’“Environment Protection Act 1991”, dont les règlements ont été amendés en 2006, l’obtention d’un EIA est obligatoire dans plusieurs cas. Même suite à l’entrée en vigueur du “Business Facilitation Act” en octobre 2006, un EIA est toujours nécessaire pour obtenir certaines licences. Une liste des activités est disponible sur le site web du ministère de tutelle, ou à ses bureaux.
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