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“La réforme sucrière est une occasion idéale pour démocratiser l’industrie”
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“La réforme sucrière est une occasion idéale pour démocratiser l’industrie”
● <B>Quelle est la position de la PRA sur la restructuration en cours dans l’industrie sucrière ?</B>
Nous reconnaissons la nécessité de réformer. Il ne faut surtout pas rater cette réforme qui s’avère vitale pour la survie de ce secteur face à la baisse drastique des recettes sucrières. Mais il ne faut pas laisser les petits planteurs sur la touche. Nous devons être partie prenante de ce projet.
J’espère que le projet de restructuration ne deviendra pas un autre Illovo deal. La réforme sucrière est une occasion idéale pour démocratiser l’industrie.
● <B>Mais l’Etat prévoit plusieurs initiatives en faveur des planteurs…</B>
Le gouvernement a indiqué que les mesures d’accompagnement de l’Union européenne seront utilisées pour financer les projets des planteurs et pour payer le coût du plan de retraite des employés. Les investissements dans l’éthanol et la production énergétique seront, eux, financés par les institutions internationales, dont la Banque européenne d’investissement. Nous espérons que le gouvernement respecte cela.
Je suis heureux de constater que le seuil des enveloppes destinées à Maurice est passé de 15 % à 19,7 %. Nous demandons que ces sommes additionnelles bénéficient uniquement aux planteurs.
Le gouvernement vient de lancer un vaste programme d’épierrage. C’est une excellente initiative. Les agriculteurs n’auraient jamais eu les moyens financiers pour soutenir seuls un projet d’une telle envergure.
● <B> A quoi vous attendez-vous en termes de rémunération pour les autres sous-produits de la canne ? </B>
Un comité revoit les prix que nous obtenons pour la mélasse. Il y a des choses qui nous gênent dans ce marché. Nous vendons la mélasse à la Mauritius Molasses Co. Ltd pour Rs 1 500 la tonne. Tate & Lyle en achète de cette compagnie et le revend à son tour à la distillerie Alcodis pour Rs 2 900 la tonne. Cela, sans que la mélasse n’ait quitté le pays.
Le comité est en train d’étudier si le prix que nous obtenons est raisonnable. Nous nous demandons également pourquoi les planteurs ne peuvent-ils pas vendre directement à Alcodis.
Par ailleurs, l’idée préconisée dans le Multi Annual Adaptation Strategy (MAS) Action Plan est en faveur d’un lien organique entre le planteur et l’usiner nous fait tiquer. Cette proposition, telle qu’elle est présentée, voudrait dire que nous vendons seulement la canne. Il y a des risques que nous soyons privés des bénéfices des sous-produits de la canne.
Avec la réorientation de l’industrie et les développements technologiques en matière d’énergie, il se peut qu’à l’avenir, la mélasse devienne le principal produit de l’activité canne à sucre.
● <B>Le gouvernement veut également encourager la participation des planteurs aux nouveaux projets d’énergie et de l’éthanol, entre autres. Etes-vous prêts à participer à ces activités ? </B>
Nous demandons au gouvernement d’expliciter sa stratégie sur ce point. Il faut définir les conditions et les modalités de notre participation à ces projets. Il est essentiel de trouver un bon equity mix.
Nous ne voulons pas participer uniquement à ces opportunités à travers le Sugar Investment Trust uniquement. Les planteurs ont des fonds et ils sont disposés à y investir de manière plus directe. Il faudra peut-être mettre sur pied un fonds d’investissement spécial à cet effet.
● <B>Comment percevez-vous la refonte projetée des institutions au sein de l’industrie ? </B>
L’on parle beaucoup de la réduction du Global Cess Fund (la contribution des producteurs aux institutions). Nous sommes en faveur de la reforme au niveau des institutions. Mais il nous faut savoir quelle sont les agences qui vont rester et celles qui vont devoir disparaître ou fusionner avec d’autres.
Il y a des dangers. Le plan MAS semble remettre en question le rôle du Cane Planters and Millers Arbitration and Control Board sous prétexte qu’il ne se prête pas au profil du cluster canne qui se développe.
Cette institution est vitale pour tous les partenaires de l’industrie car elle agit en tant que chien de garde. Il faudra au contraire rehausser son rôle d’arbitre.
<I>Propos recueillis par</I> <B>Akilesh ROOPUN</B>
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