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“Catwoman” Pouvoir et séduction
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“Catwoman” Pouvoir et séduction
Une jeune femme, Selina Kyle, surnommée The Cat, apparut pour la première fois dans le numéro 1 de Batman en 1940, en même temps que The Joker. Créée par Bob Kane et Bill Finger, la demoiselle n’avait pas encore de costume à elle, contrairement aux deux autres personnages. Il lui faudra attendre plusieurs années (et plusieurs changements de nom) avant de trouver sa propre identité, avec le costume et le fouet qui allaient faire d’elle, pendant les années qui suivirent, l’objet des fantasmes masculins.
Elle “mourut” en 1977, dans le numéro 17 de DC Superstars mais au cours de cette aventure située dans un autre univers, elle aura quand même épousé Bruce Wayne – Batman. Au début des années 80, elle “mourut” de nouveau, cette fois sur notre Terre, pour revenir quand même en 1987 dans une autre série de Batman.
Cette fois, elle est représentée comme une ancienne prostituée qui veut se venger de son proxénète. En 1993, elle apparaît dans une revue de DC Comics qui lui est entièrement consacrée (texte de Jo Duffy et dessins de Jim Balent) et depuis, elle continue à alimenter les fantasmes masculins.
Lors de la première apparition de Batman sur le petit écran en janvier 1966, l’actrice Julie Newmar (“sculpturale”,en costume collant, dit-on) fit une telle impression comme Catwoman (the Princess of Plunder), que même le personnage dessiné finit par lui ressembler. Une autre série fut réalisée avec la chanteuse noire, Eartha Kittt, dans le rôle. Selon certains, avec l’apparition d’une Batgirl, symbole de la femme américaine (blanche), il fallait éviter toute évocation d’une liaison possible entre Batman et Catwoman.
Encouragés par le succès de la série, les producteurs investirent dans un film à petit budget dans lequel on retrouva les principales vedettes de la série à l’exception de Julie Newmar, remplacée par une ex-Miss America qui avait le physique mais pas le talent.
Au cinéma, ce sont les deux films de Tim Burton, dont le second Batman Returns (1992) porte sa marque indéniable, qui ont donné le plus d’intérêt à Catwoman, par la complexité du personnage et par ses relations avec le héros, lui-même présenté comme un chevalier des Ténèbres (Dark Night).
Comme beaucoup d’autres créations des auteurs des comics américains, le personnage de Catwoman est devenu, avec le temps, l’objet d’un véritable culte, avec des admirateurs un peu partout à travers le monde, et des sites Internet qui ont pour but de mettre à jour et de diffuser les informations à son sujet. Parmi ces sites, dont la plupart fait référence au film de Tim Burton sur Batman, il y en a un qui pourrait intéresser nos lecteurs : http://www.ed-wood.net/catwoman2.htm
Nous en avons extrait les textes suivants : “L’imagerie des super-héros forme la base des légendes modernes (des légendes urbaines, comme disent les universitaires) et Catwoman est une clef de voûte de cette imagerie. Car elle est le personnage féminin le plus complexe de cet univers masculin. C’est une femme forte et révoltée dans un monde machiste. La Catwoman, créée par Bob Kane, n’est pas du tout ainsi. Celle interprétée par Julie Newmar, non plus. C’est une voleuse de charme certes, mais sans grande envergure. Elle essaie de séduire Batman mais le côté SM et cruel n’est explicité que bien plus tard. Comme pour le premier film, l’influence de l’œuvre de Frank Miller est évidente. Si Catwoman est quasi-absente du Dark Knight (elle est présentée comme vieille, solitaire et avec un sérieux problème de poids, la plus terrible relecture d’un personnage de Batman, d’ailleurs), c’est le même état d’esprit qui domine Batman Returns. Moins que dans Batman, mais toujours en filigrane. Catwoman et Batman ne sont voués qu’à la solitude et le final de Batman Returns pourrait presque ouvrir directement sur une adaptation de Dark Knight.
(…) je n’ai pas vraiment insisté sur l’aspect le plus populaire de Catwoman, son incarnation de la Femme Libérée. Aspect tout à fait présent, mais qui ne me semble pas être primordial (même s’il est souvent présent dans l’univers burtonien). De plus, pour ce qui est des femmes libres, le définitif Faster Pussycat Kill Kill! de Russ Meyer avec son trio de déesses monstrueuses et castagneuses, dépasse la bien gentillette Selina. Catwoman n’est pas un symbole du mouvement de libération de la femme, c’est un dérivé des maîtresses SM qui peuplent les fantasmes masculins et féminins (si ! si ! féminins aussi). On sait que Burton aime les femmes fortes et tourmentées (aussi bien psychologiquement que physiquement), mais qu’il avait avant tout en tête l’image du monstre de Frankenstein. Catwoman c’est la “mort qui marche” et pour Burton, ce personnage ne peut exister que dans le cadre d’un corps blessé et recousu. En cela le personnage est parfait, Burton pouvant justifier ce statut de mort vivant par l’intervention du mythe des neuf vies du chat. Utilisées de manière bouleversante dans le film, les neuf vies permettent de “crédibiliser” ce qui serait autrement de pures ficelles de scénario, voire de pures invraisemblances. On sait que la plupart des scénaristes hollywoodiens ne s’embarrasseraient pas de ce genre de détails pour justifier des scènes d’action surréalistes et surtout, ils n’iraient pas chercher un “prétexte” aussi poétique.
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