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À l?heure du bilan
■ Lindsay PROSPER et Elwyn CHUTEL
Les pêcheurs au chômage technique
Les effets de Gamede sur l?état de la mer constituent un sérieux handicap pour une reprise normale de la pêche tant pour les pécheurs à la senne que par les pêcheurs aux casiers et à la ligne. « On a rarement vu une mer aussi démontée. Certains pêcheurs des régions est et sud ont pu prendre la mer. Ce qui n?a pas été le cas pour ceux des autres régions. Je pense que cela va durer pendant au moins une douzaine de jours », explique Judex Ramphul, président du syndicat des pêcheurs.
Mais heureusement, le manque à gagner des pêcheurs est atténué par les allocations qu?ils touchent en cas de mauvais temps confirmé par le service météorologique.
En outre, les pêcheurs à la senne ont été autorisés à étendre la période de la pêche d?une semaine. Officiellement, la saison de la pêche à la senne dure entre le 1er mars et le 30 septembre. Cette activité qui est soumise à un contrôle serré ne cessera que le 7 octobre. Par ailleurs, l?impact du cyclone Gamede sur les activités des pêcheurs sera examiné lors d?une réunion prévue ce lundi au ministère de l?Agro-industrie.
CEB : Patrick Assirvaden « satisfait » des travaux
Le récent cyclone Gamede a mis à mal le réseau électrique dans l?ensemble du pays. Si pour Giandeo Beeharry, président de l?Union of Employees of the Central Electricity Board, le passage du cyclone a révélé les carences du Central Electricity Board (CEB) dans la gestion des urgences en période cyclonique, en revanche, le chairman Patrick Assirvaden, au four et au moulin durant et après Gamede, estime que tout a été mis en ?uvre pour alimenter les services essentiels.
À ce jour, seuls 500 sur 369 000 abonnés sont encore privés d?électricité. « Le mauvais temps a quelque peu retardé les dernières fautes. Sinon on aurait tout bouclé ce week-end. Mais au plus tard lundi, si le temps nous est clément, tous les travaux seront finis. »
Pour lui, le CEB ne peut pas être montré du doigt alors que toutes les activités économiques ont repris aussitôt après la levée des avertissements dimanche dernier.
Au niveau des ingénieurs du CEB, si on estimait que le réseau avait subi des dommages de l?ordre de 50 à 60 % au plus fort du cyclone, on récuse l?argument à l?effet que le CEB n?a pas agi avec promptitude pour le rétablissement du courant électrique.
« Il faut savoir qu?avant l?arrivée du cyclone, il pleuvait des cordes sur le pays. Et lorsque nous avons mené une action pour élaguer les arbres susceptibles d?endommager les fils électriques, certains consommateurs n?ont pas collaboré avec le CEB.
Les travailleurs ont subi à tort les frais du mécontentement des abonnés. »
Six à huit semaines sans les légumes fins
Les vents et la pluie occasionnés par la présence du cyclone tropical Gamede ont eu raison des carottes, du chou, de la laitue et des autres types de légumes verts tels les haricots. Le ministère de l?Agro-industrie estime la perte des plantes de pommes d?amour à 100 % et celle des autres cultures entre 60 % et 70 %. « Les pertes sont de 90 % », souligne Deonarain Lokee, président de la Mauritius Vegetable Planters Association (MVPA).
La probabilité d?une pénurie de légumes est telle que le ministère a donné son feu vert pour en permettre l?importation. Outre les opérateurs qui ont l?habitude d?importer des légumes, une quinzaine de demandeurs se sont manifestés au comptoir du National Plant Protection Office. Le ministère de l?Agro-industrie estime que la fourniture des légumes reviendra à la normale dans six à huit semaines. Par contre, concernant les tomates, il pense que la situation sera rétablie entre quatre et six semaines.
L?Agricultural Marketing Board (MAB) ne prévoit aucun problème en ce qui concerne l?approvisionnement du marché tant en pommes de terre qu?en oignons. Cet organisme dispose d?un stock de 1 000 tonnes de pommes de terre. Ce qui va satisfaire le marché pour encore trois semaines. Et avec un stock de 900 tonnes d?oignons, les consommateurs n?ont aucun souci à se faire pendant un mois. L?AMB a déjà pris des dispositions pour passer de nouvelles commandes pour ces deux produits.
L?AMB interviendra sur le marché de la pomme d?amour à la demande du ministre de l?Agro-industrie. Ainsi, cet organisme a été autorisé à importer des pommes d?amour en boîte afin d?atténuer les risques de pénurie.
À noter que le gouvernement a mis en place un plan d?aide destiné aux petits planteurs, aux éleveurs de porc, ainsi que pour la réparation des accessoires de pêche. Les prêts sont disponibles à la Banque de développement et son frappés d?un taux d?intérêt préférentiel de 3 % Ils sont remboursables sur une période de cinq ans.
Le secteur touristique très peu touché
Le tourisme n?a été que relativement, touché par Gamede. « Contrairement au secteur sucrier ou au textile, les pertes en termes de revenus ne sont pas importantes du moment qu?il n?y a pas d?annulation massive des séjours déjà programmés. » C?est ce qui ressort d?un document émis par l?Association des hôteliers et des restaurateurs de l?île Maurice (Ahrim). Le nombre de touristes susceptibles de ne pas toucher le sol mauricien en raison d?un cyclone se situe entre 1 500 et 2 000 par jour.
Le document de l?Ahrim souligne toutefois que l?impact sur les annulations est minime. Les touristes pris dans la tourmente d?un cyclone choisissent dans la plupart des cas le rééchelonnement de leur séjour.
Canne à sucre : plus de peur que de mal
« L?effet du cyclone Gamede sur la canne à sucre sur l?ensemble de l?île n?a pas été aussi sévère qu?on l?aurait imaginé », soutient Jean-Claude Autrey, directeur du MSIRI. Ce qui ne signifie pas que l?état physique de la canne a été totalement épargné. Selon Jean-Claude Autrey, la canne a souffert de lacération de ses feuilles, particulièrement dans le Centre. Les cas de cannes couchées à même le sol sont inexistants dans les champs où la récolte s?est faite tardivement en 2006. Dans la plupart des situations examinées, la verse est minime à modérée, mais a été conséquente dans les champs dits de grande saison plantés en début 2006 et ceux récoltés de juin à août-septembre l?année dernière. Les casses au niveau du fouet foliaire sont limitées au Nord, au Sud et à l?Ouest ainsi qu?à Mon Désert Alma. La rupture de la tige a été sévère dans la variété M695/69 cultivée dans le Sud notamment à Riche-en-Eau. « Les effets sur la récolte de 2007 seront négatifs. Ceux-ci pourraient être atténués grâce à des conditions climatiques favorables », indique Jean-Claude Autrey. Pour Jocelyn Kwok, secrétaire général de la Chambre d?agriculture, « la récolte prévue pour 2007 est, dans une certaine mesure, déjà compromise. La richesse de la canne sera directement affectée à la suite de l?effort attendu de la plante pour se ressaisir. » Une réévaluation de l?état de la canne sera entreprise par le MSIRI vers la mi-mars.
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