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«Varmila m?accusait à tort d?infidélité»

24 février 2007, 00:00

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Le voile est maintenant levé sur les circonstances de la mort de Varmila Soobratee, 20 ans, grièvement brûlée à son domicile le dimanche 11 février, à Bel-Air-Rivière-Sèche. Nasser Sobratee a, en présence de son homme de loi, Me Chetan Baboolall, révélé aux limiers de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) que c?est une jalousie maladive et excessive qui aurait coûté la vie à sa femme. Celle-ci était persuadée qu?il lui était infidèle.

«To pe gard fam deor», ne cessait-elle de lui reprocher. Le soir du drame, voyant son mari tarder à rentrer, elle aurait été convaincue que ce dernier se trouvait chez une autre femme. Lorsque son mari a regagné la maison, elle aurait commencé à lui faire une scène lui reprochant, justement, d?avoir des relations extra-conjugales.

Nasser Soobratee «qui aimait sa femme», raconte en avoir eu marre, ce soir-là, de ces scènes de ménage «tout à fait injustifiées» car il avait «la conscience tranquille». Mais Varmila ne l?entend pas de cette oreille. Elle aurait menacé de mettre fin à ses jours. Il dit n?avoir pas cédé au chantage. Il va même jusqu?à lui dire : «To kapav mor mem twa ?» lance-t-il.

<B>«Mo pa ti panse dife pou pran»

Varmila serait alors devenue hystérique. Se précipitant à la cuisine, elle se serait saisie d?une bouteille contenant du kérosène avant de s?en verser sur ses vêtements. «Letan mo finn santi loder petrol, mo finn trakase e lerla mo finn al gete ki pe arrive dan lakwizin.»

C?est à ce moment-là, poursuit Nasser Soobratee, que sa femme l?aurait insulté et provoqué en lui disant : «Si to ena couraz, touy mwa. Ena enn bwat zalimet la.» Ainsi sans pour autant en avoir l?intention, il aurait fini par craquer une allumette...

«Li finn telman provok mwa ki mo finn fer li. Me letan mo finn zet baton zalimet la a kote li, mo pa ti panse ki dife ti pou pran», explique-t-il aux hommes du surintendant de police (SP) Prem Raddhoa. Il affirme aussi avoir tenté de sauver son épouse. «Letan dife finn pran lor li, mo finn al rod enn bake dilo me li pa ti dan so plas. Lerla monn pran enn molton dans la sam, monn pou anroul mo fam poui esey teyn dife la.»

Si Nasser Soobratee insiste qu?il aimait sa femme et qu?il n?avait aucune intention de la tuer, les proches de cette dernière ne sont pas de cet avis. Lors des funérailles de cette dernière, une parente a révélé à l?express que Varmila lui avait confié qu?elle était souvent battue par son époux.

Pour rappel, dimanche 11 février vers 22 heures, Varmila grièvement brûlée sur la majeure partie du corps est transportée d?urgence à l?hôpital de Flacq. Sur son lit, elle devait confier à l?une de ses proches : «Si mo dir la verite, Nasser pou al dan prizon.»

<B>Absence remarquée </B>

Vers 3 heures du matin, Varmila succombe à ses brûlures. Persuadée qu?il s?agit d?un acte criminel, la confidente de la victime communique cette information aux limiers de la MCIT. Celle-ci ouvre une enquête et se rend aux funérailles de la victime. Un premier constat : le veuf brille par son absence.

Le lendemain, Nasser Soobratee est convoqué à la Criminal Investigation Divison de Bel-Air Rivière-Sèche pour donner sa version. Il affirme aux limiers qu?une bouteille de kérosène est tombée accidentellement à côté d?une cuisinière allumée. C?est ainsi que le feu a pris, brûlant sa femme qui tenait leur fils dans ses bras. Il est autorisé à rentrer chez lui.

Toutefois dans la même soirée, il est interpellé par les hommes du SP Raddhoa. Il clame de nouveau son innocence en arguant avoir tenté de sauver son épouse. Une thèse récusée par les enquêteurs en raison de certains indices laissant penser à un acte criminel.

Me Chetan Baboolall a déposé une motion pour la remise en liberté de Nasser Soobratee. Elle sera débattue le 6 mars prochain.

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