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«Receivership» : l?ultime recours pour sauver les meubles

16 septembre 2008, 00:00

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Universal Breweries, la brasserie de Nouvelle-France, est actuellement sous receivership. La traduction française de ce mot est «liquidation». Toutefois, dans la pratique, cela ne veut pas forcément dire que les biens de la compagnie seront vendus, même si c?est une possibilité. Petite explication avec Twaleb Butonkee, de la firme Kemp Chatteris Deloitte. Sydney Ah Yoong et lui sont les deux administrateurs chargés de gérer les biens de UBL depuis sa mise en liquidation.

Comment une firme se retrouve-t-elle en liquidation ? En général, ce sont des problèmes financiers qui sont à l?origine d?une telle situation. «Lorsqu?un une firme se trouve dans l?incapacité de payer ses créanciers, elle peut être mise en liquidation», explique Twaleb Butonkee. C?est un contrat qui régit la marche à suivre en cas de problèmes financiers. Ce contrat unit la firme et son créancier (dans le cas de la UBL, une banque). Un prêt contracté auprès d?une banque est la condition sine qua non pour un tel contrat et la mise en liquidation éventuelle d?une firme.

Afin de ne pas tout perdre, la banque prend, en quelque sorte, les rênes de la firme. Elle confie la gestion des actifs à un ou plusieurs receiver managers. Leur rôle n?est toutefois pas de licencier tous les employés et de vendre les locaux de la compagnie, contrairement aux idées reçues. «Le rôle du receiver manager est de gérer au mieux les actifs afin de protéger les intérêts des actionnaires», confie Twaleb Butonkee.

Outre les détenteurs de parts et les créanciers de la firme en liquidation, les employés sont également pris en considération par les administrateurs, affirme Twaleb Butonkee. Clairement, la prise en charge de la firme par la banque ne signifie pas que tous les employés vont se retrouver sur le pavé. Le fonctionnement de l?entreprise est évalué et l?administrateur décide si la firme est viable dans les conditions actuelles. Si tel n?est pas le cas, les employés peuvent êtres mis au chômage technique. Cela signifie qu?ils sont toujours employés, mais qu?ils n?ont pas de tâches à accomplir. Le licenciement est également envisageable si les actifs de la firme vont être soldés.

Ecouter ce que les employés ont à dire</B>

«L?administrateur travaille conjointement avec le management de la compagnie», explique Twaleb Butonkee. Lorsque la gestion de la firme est confiée à un administrateur, cela ne signifie pas qu?il occupe le bureau du directeur. Sa tâche est de s?assurer que la firme est bien gérée. Les décisions lui reviennent donc, mais il se doit «d?écouter ce que les employés ont à dire», confie notre interlocuteur. Mais au final, il est tout de même seul à décider.

Dans l?éventualité où la compagnie est viable et qu?elle n?a été que victime de mauvaise gestion, l?administrateur peut choisir de la vendre à un repreneur. Ce dernier héritera toutefois des dettes de la firme, de même que de ses employés. «Des offres sont soumises à l?administrateur», continue Twaleb Butonkee. Ces offres s?apparentent plus à des projets de reprise qu?à des offres financières. A l?administrateur de décider alors de la marche à suivre, dans l?intérêt des différentes parties concernées et sous le regard de la banque.

«Il n?y a pas de temps prédéterminé pour une liquidation», confie Twaleb Butonkee. En général, cette période dure de trois à six mois, mais elle peut s?étendre au-delà. Une fois la firme en receivership, elle sera administrée jusqu?à ce que les créanciers soient satisfaits. Cela arrivera, soit lorsque les actifs auront été vendus, soit si la firme est rachetée. Au nouveau propriétaire de s?assurer que la firme demeure viable. Au cas contraire, c?est retour à la case départ.

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