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«L?innovation et la création sont les atouts pour survivre»
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«L?innovation et la création sont les atouts pour survivre»
● Voulez-vous nous faire l?état des lieux du textile mauricien ?
La situation des différents acteurs de l?industrie textile mauricienne varie selon les entreprises et je voudrais me garder de toute généralisation. Ce qui me paraît évident, c?est que Maurice devient chaque année un pays plus riche, où le niveau de revenu moyen annuel par tête a atteint la barre de 7 000 USD. Légitimement les coûts de main-d??uvre mauriciens augmentent avec la croissance économique et par voie de conséquence, ce pays n?est plus un endroit où peuvent prospérer les industries qui ont besoin d?une main-d??uvre abondante à faible coût. Ceci explique la régression progressive de la confection industrielle de vêtements. Il n?en demeure pas moins que les entreprises qui fabriquent des produits différenciés par l?innovation, la création et un service à la clientèle sur mesure ont sans doute encore quelques belles années devant elles.
● Dans ce cas, ne faudrait-il pas pousser l?industrie textile à une automatisation poussée ?
En amont de la chaîne de production textile, les activités de filature, tissage, teinture et impression, sont devenues d?ores et déjà les activités à forte intensité de capitaux, qui mettent en ?uvre des technologies de pointe. Mais en aval de la chaîne l?industrie de la confection de vêtements reste jusqu?à nouvel ordre une industrie de main-d??uvre où on a automatisé tout ce qui pouvait l?être.
● Quel sera alors son avenir ?
L?histoire récente de l?industrie textile montre que cette dernière tend à migrer vers des pays qui offrent une source de matière première et une main-d??uvre abondante et compétitive. C?est dans le développement international vers ces régions que se situent les perspectives d?avenir.
● Pensez-vous que seule la politique de change doit déterminer la survie de l?industrie du textile ?
Le facteur de change est évidemment très important, mais ce n?est pas le seul. La compétitivité du textile dépend, comme je viens de le dire, du facteur disponibilité de matière première et du facteur abondance et compétitivité de la main-d??uvre, mais il ne faut pas perdre de vue le prix de l?énergie, les coûts logistiques et la rapidité d?accès au marché qui sont des facteurs tout aussi déterminants. Force est de constater à cet égard que la croissance des exportations de l?Asie repose sur d?évidents avantages comparatifs dans ces domaines.
● Dans quelques semaines, Maurice abritera la conférence de l?ITMF. Pouvez-vous nous parler de cette organisation ?
La Fédération internationale des industries textiles (International Textile Manufacturers Federation-ITMF) a été fondée en 1904 à Zurich en Suisse. Cette fédération regroupe des associations de fabricants de textile venant de 40 pays. Y figurent, des pays comme les USA, la Suisse, la Turquie, la Tunisie, l?Afrique du Sud, l?Egypte, bien sûr Maurice et bien d?autres. La Chine vient justement d?adhérer à ITMF. Cette adhésion coïncide avec la tenue à Maurice de la prochaine conférence de l?ITMF, du 13 au 15 octobre. Si l?on sait que la Chine représente plus de 50 % du textile mondial, alors on comprend que son entrée au sein de L?ITMF est un événement. On ne peut que se féliciter que cet événement se produise à Maurice.
ITMF a été depuis toujours un forum de réflexion. On y débat de l?état de l?industrie textile mondiale et de son évolution. Nous y invitons des experts internationaux pour aider nos membres à réfléchir sur les stratégies d?adaptation de l?industrie textile aux changements de l?environnement mondial. À ce titre, nos conférences sont devenues un rendez-vous annuel extrêmement important pour notre profession. C?est en quelque sorte une université d?été qui nous permet d?avoir une meilleure visibilité sur un secteur qui a été parmi les tout premiers à entrer dans la mondialisation de la concurrence et des marchés. L?ITMF est, par ailleurs, un organisme très actif. Nous disposons en effet d?un laboratoire chargé de la surveillance des marchés internationaux à travers les investissements réalisés et les stocks existants. Nous produisons également des études comparatives de compétitivité afin de permettre à nos membres d?évaluer en termes de performances leurs marges d?améliorations par rapport à leurs concurrents internationaux. Il faut souligner enfin que l?ITMF est consultée par diverses institutions internationales telles que la Banque mondiale, l?Union européenne et l?Organisation Mondiale du Commerce.
● Quel sera le thème de la conférence de Maurice ?
Le thème, cette année est For a more sustainable and greener industry??. Comme vous pouvez le constater, l?ITMF se mobilise en faveur du problème du réchauffement climatique qui est sans aucun doute, aujourd?hui, l?un des plus grands défis de la communauté internationale.
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