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«Les anciens ont une approche différente»

1 juillet 2006, 00:00

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Pour son troisième atelier, le collectif pARTage a choisi de confronter les générations d?artistes sur le thème du paysage. Deux week-ends durant, à Tamarin puis Euréka, les artistes ont partagé leurs impressions et créé dans un même espace, mais sans la même inspiration. Gaetree Daby Chummun explique, «on travaille ensemble, mais chacun son idée». Quoique.

«Ce qui m?a marquée, à Euréka, c?est que beaucoup d?artistes ont été inspirés par une même vision de la maison d?Eurêka», dira par exemple la jeune artiste Sheetul Goorah. Elle ajoute, «avec les anciens, on voit qu?ils sont très traditionnels, c?est une différente école de pensée, mais une même passion. J?ai beaucoup aimé participer à l?atelier. Krishna Luchoomun a été vraiment très motivant, très encourageant ».

Même enthousiasme et motivation pour Florian Grosset. «Cet atelier m?a surtout apporté l?occasion de consacrer du temps à l?art et de travailler avec d?autres personnes qui partagent la même passion». L?important pour Florian était aussi de voir comment les grands artistes travaillent, les «anciens» comme les plus contemporains. «C?était du bonheur». Idem pour Gaetree Daby Chummun qui dit que cet atelier apporte «beaucoup de choses positives».

Pour Véronique Christine, c?était « un moment de partage avec des artistes que je n?avais jamais rencontrés. J?ai appris beaucoup de choses. C?est très inspirant de travailler avec d?autres artistes, surtout les anciens, ils sont un point de repère.». C?est bien quand on a besoin de peindre un paysage.

L?objectif de pARTage, d?unir les écoles de pensées et les artistes, est déjà réussi. Le partage a été effectif et productif. Les ?uvres réalisées au cours des ateliers seront exposées du 8 au 15 juillet, à l?Alliance Française à Bell Village.

RENCONTRE

Théodore Nouamé: moteur culturel

Théodore Nouamé, est un promoteur culturel togolais, à Maurice depuis quelque temps. Venu pour suivre un cours en entreprenariat, il a profité également de son séjour chez nous pour rencontrer des artistes dont les membres du collectif pARTage, en vue de promouvoir les artistes et l?art du Togo.

Théodore n?est pas un artiste, mais il est tout autant dévoué à l?art et aux artistes de son pays. Il nous en dit un peu plus sur l?art plastique au Togo. «L?art a été remarquable dès les premières heures de l?indépendance, avec Paul Ahyi, qui a fait ses études en France. C?est lui qui a créé le drapeau togolais. Mais il a été seul à travailler pendant des années. Il n?y avait pas d?écoles d?art».

«Dans les années 80, d?autres dont Sockley Edorh sont allés se former à l?étranger. Ils ont créé des centres pour former de jeunes artistes et fait les premières expositions, festivals, avec l?aide des centres culturels français et américains ».

Au Togo, il s?est rendu compte que les artistes plasticiens manquaient d?une plate-forme, au niveau de la promotion des ?uvres et créations.

«Pour la musique il y a des maisons de disques, pour le théâtre il y a des troupes. Mais les peintres, eux, n?arrivent pas à diffuser leurs ?uvres ». C?est à ce niveau qu?il intervient, en prenant des contacts à droite, à gauche, même dans d?autres pays, pour que des artistes togolais puissent participer à des ateliers à l?étranger, par exemple.

Au Togo, Théodore compte aussi créer une galerie où tous les artistes pourront venir exposer. «Le besoin est réel», précise-t-il.

Leur paysage idéal

Variation sur le même thème. Nous avons demandé à quelques artistes participants à ARTerre et à la conférence Landscape, de nous décrire leur paysage idéal.

Sheetul Goorah

«Ce que je vois c?est Cape Town, où j?ai étudié. J?en garde de très bons souvenirs. Je pense aussi au Coin de Mire, à Bain B?uf, au son de la mer, calme, apaisant. Je ressens une sorte de paix intérieure.»

Véronique Christine

«Quand je pense à un paysage, je pense à ma façon de percevoir ce paysage, au ressenti. Sa description va au-delà de ce que je vois. Ce que j?ai devant moi, ce n?est pas qu?un paysage, c?est une âme.»

Florian Grosset

«Toute de suite, je pense à mon monde à moi, mes souvenirs, mes rêves. Un paysage me rappelle toujours quelque chose de vécu. Il faut regarder mon travail avec des yeux d?enfants. Dans mon paysage on peut s?envoler, on peut grimper aux arbres, la montagne n?a pas la même couleur, c?est enbalao».

Théodore Nouamé

« Je vois la cascade d?Akloa. C?est une cascade au Togo, différente des cascades qu?il y a à Maurice. Elle est immense, grande, jolie et en même temps très accessible. On peut se retrouver au pied de la cascade et se baigner ».

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