Publicité
«L?embauche en ligne : incontournable»
Par
Partager cet article
«L?embauche en ligne : incontournable»
● <B>Myjob.mu, le site de recrutement sur Internet que vous avez créé il y a tout juste un an, vient d?être racheté par les Irlandais de Saongroup. Est-ce à dire que le site est une «success story» ? </B>
Gaston Clarenc : C?est sans aucun doute un grand succès. Nous avons commencé avec une soixantaine de compagnies membres. Nous en sommes aujourd?hui à 283. Et notre banque de CV en contient 16 737.
Bruno Bathfield : En moyenne, nous recevons environ 350 offres d?emploi et 35 000 visites par mois. Ce qui nous place parmi les sept sites mauriciens les plus consultés par les internautes locaux. Nous espérons passer, d?ici la fin de l?année, à 50 000 visites mensuelles et en 2009 à plus de 60 000.
● <B>En quoi un site de recrutement mauricien peut-il intéresser des Irlandais ? </B>
Bruno Bathfield : Avec la globalisation, il n?y a plus de frontières. Saongroup est présent en Chine, en Inde et à Dubayy. C?était important pour eux de se positionner dans la région de l?Afrique australe. Ce positionnement stratégique permettra par exemple à leurs clients sud-africains, qui ont également des entreprises à Maurice, de bénéficier de nos services.
● <B>Ce rachat va-t-il changer quelque chose pour les utilisateurs du site ? </B>
Bruno Bathfield : Non, cela ne va rien changer pour eux. Nous dirigerons toujours le site, tout en bénéficiant de l?expertise des Irlandais pour l?améliorer et le rendre plus performant. Les Mauriciens pourront, grâce au réseau de Saongroup à travers le monde, avoir accès à des offres d?emploi à l?international.
● <B>Mais cela, les internautes mauriciens peuvent déjà e faire?</B>
Gaston Clarenc : C?est vrai, mais avec le réseau de Saongroup, myjob.mu sera mieux référencé et en conséquence, les CV de notre banque seront plus visibles à l?international.
● <B>De multiples rapports le disent, l?utilisation de l?outil informatique à Maurice ainsi que la pénétration d?Internet sont encore relativement faibles. </B>
Gaston Clarenc : Certes, mais il n?empêche qu?aujourd?hui, la plupart des jeunes ont une adresse email et savent utiliser Internet. Et les plus âgés ont tous, ou presque, accès à Internet sur leur lieu de travail. Même ceux qui n?en ont pas besoin pour leurs activités professionnelles. Le recrutement en ligne lui-même finira par devenir incontournable.
● <B>Au point de devenir le seul mode de recrutement ? </B>
Bruno Bathfield: Non. Le recrutement s?est adapté aux nouvelles technologies mais les agences de recrutement auront toujours leur rôle à jouer. Nous sommes davantage complémentaires qu?autre chose.
● <B>Comment avez-vous eu l?idée de vous lancer dans le recrutement en ligne ? </B>
Gaston Clarenc : L?emploi est un sujet de préoccupation constante et se retrouve dans notre conversation quotidienne. De plus, on s?est rendu compte qu?une des raisons pour lesquelles beaucoup de Mauriciens ne veulent pas rentrer après leurs études à l?étranger, c?est tout simplement qu?ils ne savent pas quels sont les emplois disponibles. Avec myjob.mu, nous leur donnons la possibilité de suivre le marché de l?emploi local et de postuler depuis l?étranger.
● <B>Et pour ceux qui vivent à Maurice, quel est l?intérêt d?un tel site ? </B>
Gaston Clarenc : Cela permet de démocratiser le marché de l?emploi. Car à Maurice, beaucoup de demandes d?emploi se font par relations interposées. Là, en déposant son CV sur le site, le demandeur aura une certaine exposition et pourra ainsi se faire repérer par une entreprise.
● <B> La consultation des CV est-elle accessible à tous ? </B>
Gaston Clarenc : C?est le candidat qui le décide. Il peut rendre son CV public s?il le souhaite. Dans ce cas, les compagnies membres ont accès à toutes ses données. En revanche, s?il choisit de jouer la carte de la discrétion, alors les compagnies auront accès à son profil professionnel mais ne connaîtront ni son nom, ni celui de son employeur du moment. Même les contact details du demandeur d?emploi ne lui seront pas accessibles.
● <B>Comment faire alors pour le contacter ? </B>
Gaston Clarenc : Via une messagerie interne au site. Et notre rôle s?arrête là. Nous ne sommes pas une agence de recrutement. Nous sommes une interface entre les demandeurs d?emploi et les employeurs.
● <B>Comment ont réagi les employeurs mauriciens face à ce nouvel outil de recrutement ? </B>
Bruno Bathfield : Cela a été assez difficile d?intéresser les compagnies au début. Mais comme nous avons tout de suite eu des CV, elles ont suivi et il y a eu un effet boule de neige. Plus il y a de CV, plus les entreprises sont intéressées et plus il y a d?offres d?emploi. Et en conséquence, les demandeurs d?emploi sont également plus intéressés.
● <B> Diriez-vous que le recrutement en ligne est désormais entré dans les m?urs ? </B>
Bruno Bathfield : Il y a encore des gens un peu réticents mais nous pensons que d?ici début 2009, notre banque de CV franchira la barre des 25 000 entrées.
● <B>Quel est le profil des utilisateurs de myjob.mu ? </B>
Gaston Clarenc : Nous nous attendions à avoir en majorité des jeunes. Et effectivement, nous avons beaucoup d?étudiants qui viennent tout juste de finir leur cursus universitaire et veulent trouver du travail.
Bruno Bathfield : Mais nous avons été surpris de voir que le site attirait aussi des gens de tout âge, même si la moyenne tourne autour de 20 à 35 ans. Et les demandes vont de staff clerk à directeur général.
● <B> Votre site est-il payant ? </B>
Bruno Bathfield : Le demandeur d?emploi peut mettre son CV en ligne, consulter les offres d?emploi et postuler pour un emploi gratuitement.
● <B>Vous devez quand même vivre. Comment gagnez-vous de l?argent ? </B>
Bruno Bathfield : Nos revenus proviennent des compagnies. Pour devenir membre, elles doivent s?acquitter d?une certaine somme.
Gaston Clarenc : Mais une fois qu?elles sont membres, elles peuvent poster deux, trente ou cent offres. Il n?y a pas de limite.
● <B>Quel intérêt pour une compagnie de poster des offres ? </B>
Gaston Clarenc : En mettant son offre d?emploi en ligne, cela permet à l?entreprise de gagner en efficacité car elle gagnera du temps, mais également de l?argent, car une campagne de recrutement coûte cher. Nous avons le cas de quelqu?un qui, après le déjeuner, a mis son CV sur myjob.mu et qui, dès le lendemain matin, avait un entretien d?embauche. Trois jours plus tard, elle travaillait déjà.
<I>«Myjob.mu sera mieux référencé sur Internet et en conséquence, les CV de notre banque seront plus visibles à l?international»</I>
● <B>Est-ce aussi rapide pour le demandeur d?emploi ? </B>
Bruno Bathfield : Dix minutes suffisent pour s?enregistrer et répondre à une annonce. Après l?enregistrement, l?envoi des codes d?utilisation via email est instantané.
● <B>Comment rédiger son CV pour optimiser les chances d?être repéré ? </B>
Bruno Bathfield : Le CV électronique n?est en rien différent du format papier. C?est à chacun de s?assurer qu?il est fait correctement.
Gaston Clarenc : Mais étant donné que l?employeur peut effectuer une recherche par mot clé, l?idéal est de donner le maximum d?informations. Si une entreprise est à la recherche d?un accounts clerk ayant une connaissance en Quickbook, elle peut faire une recherche à partir de ce mot. Donc si le demandeur d?emploi n?en fait pas mention dans son CV électronique, il passera à côté d?une possibilité d?emploi.
Propos recueillis par</I> <B>Valérie OLLA</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents