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«Je veux rendre les Mauriciens heureux»
Il a travaillé dur pendant ces derniers jours. Il a quitté son bureau à 3 ou 4 heures du matin. Mais hier, à quatre heures de la présentation de son premier budget, le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, affiche la grande forme et la sérénité. «Je le suis toujours depuis que j?assume des responsabilités ministérielles. C?est ainsi car je crois en ce que je fais.»
Vêtu d?un complet bleu marine acheté à l?étranger voilà quelques années, dont il a enlevé la veste, d?une chemise à rayures bleues et d?une cravate à motifs bleus, il s?apprête à déguster des fruits. Papaye, melon d?eau et raisins préparés par son épouse Kobita. «Ce matin j?ai pris du thé et des toasts. Là, pour le déjeuner, ce sont uniquement des fruits. J?en mange assez régulièrement mais parfois je les remplace par un sandwich sur le pouce.»
Il ne se souvient pas exactement quand ses techniciens et lui ont commencé à travailler sur le budget 2004-2005. «Quand j?ai pris la responsabilité des Finances, il fallait que je m?installe et get into the in and outs du ministère. A partir de là, il a fallu réfléchir sur le prochain budget avec les techniciens et les membres du gouvernement. Nous avons travaillé petit à petit et je tiens à saluer les anonymes qui ont collaboré à l?exercice et dont on ne parle jamais.»
<B>?Je fais mon chemin?</B>
Il reconnaît qu?il n?a pas eu la tâche facile. «Nous opérons dans un environnement où le fret, l?assurance, les produits pétroliers flambent. Il y a aussi des pressions sur les secteurs traditionnels tels que le textile et l?agriculture. Il y a de plus en plus de libéralisation dans le commerce. L?île Maurice est petite et vulnérable et c?est un défi de faire face à l?avenir. Il a fallu tenir compte de tout cela, de même que des attentes de la population.»
Le Grand Argentier a maintenu le cap fixé par son prédécesseur car «nous sommes un gouvernement et nous sommes tous solidaires». Mais il estime que c?est à la population et aux journalistes de faire la différence entre les deux styles.
Son appréhension, dit-il, porte surtout sur les buts qu?il s?est fixés. «Mon appréhension est en relation à moi. Pour moi, il est important de faire le maximum pour mon pays.»
Pravind Jugnauth ne compte pas se comparer à son père qui a occupé le portefeuille des Finances en 1983. «Je n?y pense même pas. Je fais mon chemin et c?est tout aussi bien d?être différent, du moment que la différence est pour le meilleur.»
Son souhait : contribuer, par cet exercice, à développer l?île Maurice et rendre les Mauriciens heureux.
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