Publicité
«Je suis un partisan de la roupie compétitive»
Par
Partager cet article
«Je suis un partisan de la roupie compétitive»
?<B>Qu?attendez-vous des réunions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale auxquelles vous participez dans les jours à venir à Washington ? </B>
Le FMI va passer en revue les données économiques du pays et recherchera des éclaircissements sur nos politiques monétaires et fiscales. Lors de mes discussions avec les responsables du fonds, je compte mettre l?accent sur les nouvelles lois bancaires que nous venons d?introduire. J?insisterai particulièrement sur la Mauritius Revenue Authority. Nous devons leur montrer les efforts que nous déployons afin d?améliorer les revenus de l?Etat.
Je profiterai de ma mission pour attirer l?attention sur nos difficultés au niveau du sucre. Je vais également plaider en faveur de la mise sur pied d?un fonds pour aider à la modernisation du textile.
?<B> Le textile-habillement se donne-t-il les moyens d?affronter l?intensification de la concurrence internationale ? </B>
Le gouvernement va redoubler ses efforts en faveur d?une amélioration de la productivité et de l?efficience à tous les niveaux, surtout celui de la gestion des entreprises. L?exercice de restructuration entrepris par la Textile Emergency Support Team (Test) a démontré qu?on peut obtenir des gains de productivité allant jusqu?à 30 % sur les procédés de production.
Enterprise Mauritius entrera bientôt en fonction. Cette nouvelle institution regroupera les agences de soutien et s?attellera à déployer tous les moyens imaginables pour développer le secteur manufacturier dans un esprit de concertation. Elle regroupera les meilleurs cerveaux du secteur public et du privé.
Nous sommes en train de revoir les institutions touchées par les systèmes de certification aux normes. Cette question prend une importance grandissante dans le commerce international. La non-conformité aux règles internationales peut nous gêner considérablement dans nos efforts d?augmenter nos exportations.
Un nouvel organisme, Mauritas, a été mis sur pied pour superviser les agences de certification et d?inspection. Dans ce même contexte, le rôle du Mauritius Standards Bureau sera revu. D?une part, nous voulons nous assurer de l?adhésion aux normes concernées, et d?autre part, nous voulons améliorer la qualité de nos produits.
?<B> Nous entendons dans tous les milieux que nous sommes en état d?urgence économique. Est-il vrai de dire que le pire est derrière nous ? </B>
Oui, dans la mesure où la plupart des fermetures d?usines et des réductions d?emplois dans le textile des dernières années sont dues au départ des investisseurs hongkongais. Ils étaient venus chez nous il y a deux décennies pour prendre avantage de notre accès préférentiel et de nos quotas d?exportation. Or, la plupart d?entre eux se sont déjà retirés.
?<B>Existe-t-il une politique pour développer d?autres activités manufacturières légères qui puissent absorber rapidement les licenciés du secteur de l?habillement ? </B>
Nous étudions les possibilités de donner une nouvelle impulsion au secteur de la bijouterie. Un comité se penche sur le potentiel de développement que représente ce secteur d?exportation. La Mauritius Export Processing Zone Association apporte sa contribution à la réflexion.
?<B>Etes-vous un partisan de la roupie faible pour soutenir les exportations? </B>
Je suis un partisan de la roupie compétitive. Même le dollar américain a connu une dépréciation très significative vis-à-vis de l?euro au cours des dernières années. Cela dit, la Banque de Maurice poursuit une politique indépendante qui a pour objectif d?atteindre un taux d?inflation prédéterminé. Elle le fait tout en assurant un équilibre entre cet objectif et la nécessité d?assurer la compétitivité de nos exportations.
?<B>Vous venez d?annoncer des mesures par rapport aux professions légales. Quel est le sens d?une telle démarche ? </B>
Elle s?inscrit dans notre action pour faire de Maurice une destination privilégiée pour l?implantation des services business process outsourcing (BPO) et d?autres services, en particulier financiers. Nous avons déjà de nombreux comptables et hommes de loi qualifiés qui sont un atout considérable dans l?activité d?externalisation des services financiers.
En même temps, il faut s?assurer que le niveau des prestations soit au diapason international. Le gouvernement créera bientôt un Financial Reporting Council qui s?assurera que les comptables et auditeurs opèrent selon les règles établies.
Parallèlement, notre démarche dans le domaine légal permettra un rehaussement de la qualité et de l?étendue des services légaux. Les jeunes avocats pourront s?attendre à des carrières professionnelles plus riches grâce au nouvel encadrement que nous mettons en place. Des opportunités s?offrent aux professionnelsmauriciens grâce à la venue de cabinets de conseils légaux étrangers.
?<B>L?idée d?amender les «Representation of People Regulations» était-elle une tentative désespérée du gouvernement de s?accrocher au pouvoir ? </B>
Pas du tout. C?était tout simplement un désir de pouvoir présenter un budget pour faire avancer notre programme économique et social.
?<B>Cela ne vous dérange pas d?amender des régulations pour pouvoir présenter un budget ? </B>
Un peu, dans la mesure où ce geste aurait pu être mal interprété.
?<B>Etes-vous à l?aise au sein du gouvernement ? </B>
Pourquoi ne le serais-je pas ? Ce gouvernement a été élu pour faire un travail et nous sommes actuellement en train d?implémenter notre programme. Je pense sincèrement qu?il est le meilleur que Maurice ait eu depuis son indépendance. Nous avons un bilan?
?<B> Quel est-il, concrètement ? </B>
Les réformes que nous avons apportées, dans pratiquement tous les secteurs. L?éducation, les services financiers, la création du secteur de l?informatique et de la communication, l?environnement, la façon dont nous nous sommes attaqués à la corruption et aux crimes financiers... La liste est longue.
?<B>Le peuple est-il satisfait des mesures gouvernementales ? </B>
Je suis certain que le peuple mauricien est conscient des efforts que fait le gouvernement. Nous modernisons l?économie, nous créons des emplois. Le progrès est là. La satisfaction est un terme relatif. Les gens sont heureux parce qu?ils ont la meilleure équipe au pouvoir. Une équipe qui comprend les problèmes auxquels ils font face et qui s?attaque aux problèmes profonds et fondamentaux de notre société. Des problèmes qui sont restés sans solutions pendant longtemps
Notre but ultime, notre vision, notre programme c?est d?améliorer la condition de vie des Mauriciens. C?est l?objectif de chaque gouvernement : assurer une amélioration du quotidien, du niveau de vie de la population.
?<B> Ce but a-t-il été atteint ? </B>
Ce gouvernement fait son possible même si ce but n?a pu être totalement réalisé dans l?immédiat. Il le sera certainement dans les années à venir grâce à la restructuration et au redressement fondamental des bases de l?économie.
?<B>Par la même équipe ? </B>
Le peuple en décidera. Il est conscient des contraintes et difficultés qui nous sont imposées par l?environnement économique mondial. Elles résident notamment dans le climat d?incertitude généré par le terrorisme. Il a eu des conséquences négatives sur l?investissement, l?augmentation du prix du pétrole et le coût du fret. A cela s?ajoutent les menaces qui pèsent sur nos accords préférentiels dans le sucre et le textile. Je préfère ne pas imaginer comment Maurice aurait été gérée dans ces circonstances par un autre gouvernement.
?<B>Le Mauricien ne comprend pas forcément ces problèmes. Lui constate l?augmentation des prix, ses difficultés quotidiennes, et il n?est pas content?</B>
Un gouvernement cherche à se faire réélire sur la base de son bilan. Le nôtre est éminemment positif et c?est la seule mesure qui puisse déterminer objectivement notre potentiel d?accéder à un autre mandat. Les facteurs subjectifs, ce qu?on appelle le feel good factor entrent certes en jeu, mais ils sont secondaires, variables et incertains. Notre élection est basée sur nos actions, nos réalisations et notre volonté de gérer l?île Maurice judicieusement.
?<B>Serez-vous candidat ? </B>
C?est une décision qui appartiendra à mon parti, le MMM.
«Nous créerons bientôt un Financial Reporting Council qui s?assurera que les comptables et auditeurs opèrent selon les règles établies.»
«La Banque de Maurice poursuit une politique indépendante qui a pour objectif d?atteindre un taux d?inflation prédéterminé.»
Publicité
Publicité
Les plus récents