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«Difficile pou blyé Laura...»
Les pluies torrentielles d?hier et d?aujourd?hui font immanquablement penser à celles du 26 mars et à ses victimes. A Mon-Goût, chez la famille Nizelin, le silence plane. Les yeux brouillés par les souvenirs, une mère pleure sa fille décédée depuis cinq mois. Laura Paul, 12 ans est morte noyée le 26 mars dernier lors des inondations. Vishwanee Paul, la mère de Laura, est désespérée.
Elle s?est rendue au travail aujourd?hui. Mais le c?ur n?y était pas. «Zis mo tousel coné ki mo pé réssenti», lâche cette mère d?une voix sourde. «Nou même coné couma nou fine vive sa ban mois la?Tous les zours mo somey cassé, mo pense li.» Colère et amertume se mêlent à une profonde tristesse. Vishwanee Paul lance : «Sa minis la ine pren so bane précaution pli vite ki li kapave mai kifer lot minis la pa ti fer sa li ? Si li ti ferm lekol mo pa ti pu perdi mo zenfant, mo Laura !» Elle ravale ses larmes, résignée. «Au moins aster bane parents ine gagne ene correction, meme si ena lécol ene mama pa pu laisse so zenfant alé.»
«Je ne veux plus rester ici maintenant, je veux partir habiter chez ma grand-mère !» Celui qui prononce ces mots d?une voix rauque, c?est Emmanuel Alexandre Nizelin, le frère de Laura. Ce jeune garçon de 15 ans a assisté à la mort de sa s?ur. «Avant que le courant ne l?emporte, je l?ai serrée dans mes bras mais elle m?a échappé?Elle criait ?pas largue moi, pas largue moi?», se souvient Emmanuel, les yeux fixés au sol. «J?aurai pu faire quelque chose mais j?ai paniqué ! A chaque fois que je traverse ce pont, cela me torture?Je ne peux plus me concentrer à l?école. A chaque fois, je revis l?instant ou elle a glissé de mes bras.» L?adolescent se précipite hors de la pièce.
Daniel Nizelin, le beau-père de Laura, est tout aussi inconsolable. «Letemps mone trouve sa la pli la gramatin, mone pense Laura fort», raconte t-il. Sa voix se brise, mais il continue : «J?ai entendu aujourd?hui à la radio que le ministre de l?Education avait autorisé la fermeture des écoles et ma première pensée était pourquoi ne l?avait-on pas fait le 26 mars ? Pourquoi Laura a-t-elle dû partir à l?école ?» A cela, la mère répond : «Mo blame minis la pu la mort mo zenfant !»
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