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«C?est un homme plein de contradictions»
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«C?est un homme plein de contradictions»
Vous avez signé un article dans le catalogue de la Rétrospective Nagalingum. Comment vous êtes vous intéressée à son travail ?
J?ai écrit un article sur Moorhty Nagalingum, intitulé Vertical horizon, où l?idée d?un voyage énigmatique. Je me suis intéressée à son travail car il a étudié à l?école de Shantiniketan en Inde, où j?ai aussi étudié. Et je suis, entre autre, venue à Maurice pour voir son travail. Étant proche de l?art moderne indien, je trouve que Moorthy Nagalingum ouvre une nouvelle dimension de par le fait d?être Mauricien et d?avoir été nourri par l?art contemporain européen et asiatique.
Comment se présente cette rétrospective sur le peintre mauricien Moorthy Nagalingum. ?
Quand j?ai discuté avec Mala Ramyead, du MGI, de l?exposition, il s?est tout de suite posé la question de la présentation. Il était évident qu?il fallait aborder l?artiste de manière chronologique, mais aussi selon ses périodes, ou styles, de manière à ce que l??uvre de Moorthy Nagalingum soit accessible au grand public. On a fait attention de présenter aussi ses premiers travaux, ses études, que le public apprécie souvent de découvrir.
Qu?apprend-t-on de ces premières ?uvres ?
Il faut savoir que Moorthy Nagalingum a étudié l?art dans deux écoles en Inde, à Shantiniketan et à Madras. A Shantiniketan, l?enseignement voulait rompre avec l?académisme colonial et bannissait l?utilisation de modèles pour l?apprentissage du dessin pour aussi développer sa créativité. A Madras, au contraire, on pouvait utiliser des modèles.
Pour Nagalingum, les deux techniques sont bonnes. Mais il m?a dit, avec un peu de nostalgie que son travail aurait été différent s?il avait d?abord étudié à Madras, puis a Shantiniketan.
Sur sa première période, exposée, on remarque qu?il est avant tout figuratif. Mais on retrouve aussi, dans ses travaux plus abstraits, des marques de figuratif.
Que faut-il savoir de son ?uvre ?
Ce qui me marque particulièrement dès ses premières ?uvres, c?est son humanisme. Pas un cliché, mais un humanisme touchant. C?est important, particulièrement dans un pays comme Maurice où l?on s?attarde beaucoup sur les différences des uns et des autres.
Il est évidemment important de célébrer la différence, mais il est également important de célébrer les ponts qui relient les différentes cultures. Je note chez lui un sens très fort de la sensualité, sensible aux couleurs, d?opaques à presque transparentes. Il y a quelque chose d?élusif dans sa peinture, toujours quelque chose qui disparaît, rien n?est fixé.
Quel homme est-il ?
C?est un homme plein de contradictions. Il a beaucoup d?orgueil, il vit comme un ermite, mais en même temps il est très sensible au regard des autres. Il est surtout remarquable, il suit son propre chemin.
Que pouvez-vous nous dire sur l?art moderne indien ?
L?art moderne en Inde est quelque chose d?assez trendy. Comme à Maurice, il y a deux écoles. Les plus jeunes, qui ont abandonné la peinture sur canevas pour des médiums plus contemporain, tels que la vidéo. Et les anciens qui continuent de croire que l?on ne peut pas abandonner l?huile.
Est-ce votre première visite à Maurice ?
J?en suis à ma troisième visite à Maurice. Je suis déjà venue en tant qu?examinatrice, pour le département des beaux arts du Mahatma Gandhi Institute.
Qu?est-ce que Maurice vous inspire ?
Dans mon travail je m?intéresse aussi beaucoup au multiculturalisme. Je suis aussi fasciné par Maurice, par la diaspora indienne, comment les fils de l?Inde imaginent l?Inde.
Pensez-vous que le public répondra présent à ce grand événement qu?est cette rétrospective ?
J?espère que le public répondra présent car beaucoup d?efforts ont été faits, rien qu?à la conception même de l?exposition.
Sonia KALLA
Infos
Moorthy Nagalingum, Yester Years, Rétrospective. Plus de 200 de ses travaux d?artistes seront exposés jusqu?au 22 juillet, au Département des Beaux Arts, au MGI, à Moka.
ARTerre prend racines à l?Alliance Française
Les artistes exposent leurs visions différentes d?un même espace, d?un même paysage. Anciens ou jeunes talents ont pARTagé deux week-ends durant, les plus beaux points de vue de Maurice pour s?inspirer ensemble d?un art appelé paysage.
L?exposition ARTerre, qui a découlé de ces deux week-ends d?atelier, présentera les ?uvres réalisées durant ces journées. On découvrira les ?uvres de Roger Charoux, Vaco Baissac, Fabien Cango, Geneviève Leclézio, Yves David, Sheetul Goorah, Florian Grosset, Sultana Haukim, Gaetree Daby, Véronique Christine, Nirmala Luckeenarain, Nirveda Alleck, Nirmal Hurry et Krishna Luchoomun. On redécouvrira aussi des paysages selon le regard de chacun de ces artistes, et leurs visions, classiques ou modernes de Tamarin ou de Euréka. L?exposition ARTerre aura lieu jusqu?au 15 juillet, à l?Alliance Française à Bell Village.
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