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« On a voulu nous étrangler »

4 février 2007, 00:00

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Quel est votre état d?esprit à quelques heures de la fermeture de la DWC ?

Je ne peux vous cacher ma tristesse. Je tiens à dire un grand merci à tous les employés qui se sont donnés pleinement pour faire de la DWC un instrument efficace dans la concrétisation des projets d?envergure et ce, sous tous les gouvernements. C?est avec un pincement au c?ur que je vois toute notre ?uvre s?écrouler. Environ 2 000 familles dépendaient de la DWC?

J?ai entendu beaucoup de commentaires sur notre organisme. Je mets au défi n?importe qui de contester la qualité du travail effectué par la DWC. C?était des hard workers et il est pour le moins insultant quand on parle de la paresse des travailleurs de la DWC.

Il n?y a pas un endroit dans ce pays où la DWC n?a pas fait des constructions ou d?autres travaux d?infrastructures. Et tout cela en dépit des contraintes financières et autres méthodes de coercition. Je suis fier du travail accompli.

Comment êtes-vous arrivé à la tête de la DWC ?

Après mes études en Angleterre en 1972, j?ai été employé comme ingénieur à la DWC. Je suis resté en poste jusqu?à 1987. Puis, j?ai pris de l?emploi à la CWA et je suis revenu à la DWC il y a quelques années. J?ai fait mes armes ici et j?ai beaucoup appris de mes collègues. J?ai contribué à la transformation de la DWC

On estime que la DWC était moribonde ?

Moribonde dites-vous ? Nous avions préparé un plan stratégique de trois ans. Nous étions en bonne voie. Nous avons été frappés par une décision abrupte et nos décideurs ont essayé de trouver toutes sortes de justifications pour fermer notre « entreprise ».

On nous traite d?organisation moribonde. Comment expliquer qu?alors qu?on annonçait la fermeture de la DWC, nous avons encaissé depuis juin plus de Rs 225 millions pour des travaux accomplis par cet organisme. Cet argent était dans la poche de nos clients et il est « physiquement » dans les caisses de la DWC.

Alors pourquoi vouloir votre liquidation ?

On a voulu nous étrangler. Savez-vous le nombre d?institutions et de ministères qui nous doivent de l?argent. Il y a manifestement une manière de faire que je qualifierai de délibérée pour nous asphyxier. En attendant le bon vouloir de ces ministères, la DWC payait quelque Rs 1 million à la banque pour overdraft.

On évoque le rapport du Mauritius Audit Bureau de juin 2006. Or, jusqu?ici, nous n?avons jamais eu connaissance de ce rapport. J?entends au niveau de la DWC. Il a encore moins été rendu public.

De la même manière, les milieux gouvernementaux citent le rapport de l?audit sur la DWC. Et quid du rapport de l?audit sur le ministère des Infrastructures publiques ? On fait l?impasse là-dessus. On a voulu trouver une parade pour en finir avec la DWC. Et pourtant, aujourd?hui, nos assets se montent à plus de Rs 450 millions. Vous pensez honnêtement qu?une institution comme la nôtre aurait pu acquérir autant de biens si elle avait une gestion chaotique.

« Nous allons continuer à travailler pour qu?aucun employé ne reste sur la touche. »

Et maintenant, donnez-nous la suite des événements ?

Nous avons contribué à notre manière afin de trouver du boulot ailleurs pour certains employés. Nous allons continuer à travailler afin qu?aucun employé ne reste sur la touche. Notre mission n?est pas terminée. Fermer un organisme qui a 35 ans d?existence n?est pas une mince affaire. Je suis le capitaine qui reste à bord pour compléter toutes les procédures. Je dois effectuer le handing over et je voudrais que tout se passe dans la transparence totale et dans le cadre légal. Je serai à cheval là-dessus.

Je dois toutefois ajouter que d?ici trois semaines, tout sera bouclé à la satisfaction du Board. Nous avons pendant des années veillé sur tout notre matériel avec amour, je souhaite donc que ceux qui en prendront la charge, s?en occupent de la même manière. Selon le DWC Repeal Act, tous les équipements doivent être remis au ministère des Infrastructures publiques.

Et votre avenir ?

Nous honorons tous nos engagements et je suis satisfait qu?à 90 %, tous nos créanciers ont été payés. Quand je me serais acquitté de ma tâche au cours des prochaines semaines, mo pou lév mo pacquet mo allé.

■ Propos recueillis par Elwyn CHUTEL

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