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« Radio One s?est vraiment positionnée »
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« Radio One s?est vraiment positionnée »
Que pensez-vous de l?évolution de Radio One durant l?année écoulée ?
Radio One s?est vraiment positionnée. Toutes les radios ont une cible. La stratégie de Radio One est claire pour un créneau. Il y a une cible d?audience qui est totalement identifiée. La stratégie ne concerne pas seulement une partie de la radio. Mais aussi la production musicale, la radio, la programmation et la proximité, les magazines ainsi que les émissions para-informatives telles que l?émission de Finlay Salesse. Tout est orienté vers une même cible. Nous avons ainsi mis en place une stratégie globale.
Comment Radio One a-t-elle réussi à se positionner ?
On sait quelles sont les valeurs que nous voulons véhiculer. Je fais de la radio un ensemble. Une radio, ce n?est pas un animateur X ou Y. La musique est tout aussi importante. On sait qui sont ceux qui écoutent la radio chaque demi-heure, chaque heure et ce qu?ils veulent écouter. Je ne suis pas en train de réinventer la roue avec Radio One.
En cinq ans, radio One a eu à faire face à des moments difficiles notamment en ce qui concerne les sondages. Pourquoi a-t-elle ainsi fluctué ?
Je ne peux pas répondre sur cinq ans car je ne suis le directeur de radio One que depuis janvier 2006. Toutes les entreprises mettent un certain temps pour que la silhouette de la radio soit définie. A Radio One, je ne pense pas que le plus important est d?être numéro un ou deux ou trois. Ce classement n?est qu?une petite guéguerre pour la galerie. Posons-nous la question de savoir ce qui intéresse les annonceurs. Il y a des choses que nous ne ferons jamais à Radio One car nous avons des valeurs. Les annonceurs veulent connaître le public qui est visé. Je préfère être clair et transparent à ce sujet.
Que fait Radio One pour aller encore plus à la rencontre de sa cible ?
Ces derniers temps, nous avons fait un gros effort sur la formation. Moi-même, je donne des cours de journalisme radio. On est certes tous journalistes mais il y a une différence entre ceux de la presse écrite, de la télévision et de la radio. A la radio, l?information doit être furtive, rapide et concise. On n?a pas le temps de la presse écrite pour développer l?information.
En quoi consistaient ces cours ?
Il ne s?agit pas de grosse théorie. Mais il s?agit simplement d?être pragmatique et pratique. J?ai fait introduire un métier celui de programmateur musical. Je veux aussi pousser un autre métier qui n?existe pas en ce moment, soit celui de documentaliste. Cette personne fournirait des people news et des dossiers aux animateurs et aux journalistes entre autres. Il y a plein de métiers de radio qui n?existe pas à Maurice.
Mais il ne faut pas se leurrer, les radios ne font pas de profit. La matinale est une émission importante. Il faut un réalisateur qui ne serait pas l?animateur. Il aurait un conducteur et serait le chef d?orchestre. Il y aura beaucoup de terrain à combler. Moi, je ne serai plus là. C?est très joli de faire des radios mais il faut qu?il y ait la formation derrière.
En tant que professionnel de la radio, quelle image avez-vous du paysage radiophonique mauricien ?
J?ai d?abord fait de la télévision pendant deux ans dans les années 70. Ma carrière, je l?ai surtout faite en France. J?ai fais vingt ans à RFI et j?ai aussi et surtout travaillé à France Culture et à France Musique. Maurice est un jeune pays. La libéralisation des ondes n?a que cinq ans. C?est parfaitement normal qu?il y ait eu des dérapages et des problèmes. Maintenant, les choses changent. Il y a un vaste panorama de choix. Avec la venue du numérique, on aura d?autres possibilités. Ce n?est pas normal que dans l?Est ,du côté de Flacq ou encore à Belle-Mare ou encore au Morne, on ne capte pas la radio. Maurice est une île, ce n?est pans un continent. Elle devrait être couverte à 100%.
Qu?est-ce que le numérique apportera à la radio ?
D?autres ondes seront disponibles. La question est de savoir s?il y aura d?autres radios. Est-ce que ce seront des radios religieuses ou politiques ? Est-ce qu?il y aura d?autres radios commerciales ? Le gâteau publicitaire est restreint. Les radios privées ont déjà du mal à joindre les deux bouts. Je regrette que ce genre de débat n?ait pas déjà lieu. La radio communautaire que Monsieur X ou une compagnie Y veut faire, qu?est-ce qu?il y a derrière tout ça ? Nous devons maintenant nous poser les vraies questions.
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