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« Notre préoccupation : définir notre vision pour Maurice dans 20 ans »
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« Notre préoccupation : définir notre vision pour Maurice dans 20 ans »
<B>35 ans, c?est l?âge de la maturié. Comment le MMM envisage-t-il son avenir ? </B>
Le mot « maturité » n?est peut-être pas le mot juste. Nous avons acquis de l?expérience mais nous voyons toujours au-delà de demain. Notre préoccupation est toujours de définir la vision que nous nous faisons de Maurice dans 20 ou 50 ans. Ce que nous construisons, nous le faisons pour la génération d?après. C?est pour cela que je ne pourrai jamais m?accoutumer à l?idéologie travailliste qui consiste toujours à allonger son pied plus loin que son drap.
<B>Quels sont les grands thèmes d?avenir autour desquels le MMM espère encore fédérer les Mauriciens ? </B>
D?abord, le pessimisme planétaire. Tous les jours, c?est la guerre en Irak, le conflit en Afghanistan, au Soudan avec le prix du pétrole, le prix du fret, le prix des matières premières. Et en plus, la chute du prix du sucre. Jayen Cuttaree fait un travail formidable. Il nous faut nous battre. Nous sommes les seuls à avoir cette imagination et ces idées qui nous permettront de combattre avec l?énergie du désespoir pour créer l?espoir.
<B>L?unité nationale a été un leitmotiv important pour le MMM. La population semble plus que jamais divisée sous son règne. Perception ou réalité ? </B>
Divisée ? Maintenant ? Vous semblez oublier qu?entre 1995 et 1999 certains hommes politiques avaient savamment divisé la population en groupes et sous-groupes, ce qui avait culminé en l?explosion de 1999. Vous oubliez comment, lors des partielles de Flacq et de Beau-Bassin, des hommes politiques s?étaient partagés les régions sur une base purement communale afin d?attiser l?appartenance communale à des fins purement électorales. Depuis toujours, c?est le MMM qui a su éviter au pays des bains de sang communaux. Et parfois, nous avons payé le prix. Mais quitte à en repayer le prix, nous en ferions de même. Le MMM dirige et gouverne dans le respect profond de tous les courants culturels présents.
<B>Le MMM ne lutte plus avec la même vigueur pour faire accepter ses idées. Qu?en est-il de la réforme du système électoral et celle de l?administration régionale ? </B>
Les processus de consultation avec tous les courants d?opinion sont essentiels au bon fonctionnement du pays. Cela veut dire le respect pour les institutions, les ONG, les media, les syndicats et toutes les forces vives. Voyez comment, au niveau des municipalités, nos conseillers sont perpétuellement en contact avec les forces vives des localités sous leur jurisdiction. Rodrigues évolue maintenant dans un cadre autonome.
Quant à la réforme électorale, il s?agit d?opérer dans le consensus. Si l?opposition semble être au diapason avec nous sur la question, c?est notre partenaire qui ne semble pas convaincu. Une frilosité a gagné certains après les élections de Rodrigues. C?est dommage car il nous faut un système électoral plus juste et plus représentatif que celui que nous avons maintenant.
<B>Justice sociale, un autre grand thème défendu par votre parti. Indéniablement, beaucoup a été fait pour combattre la pauvreté. Mais qu?en est-il des autres niveaux sociaux? La mobilité sociale semble être sérieusement compromise. </B>
Voilà précisément le genre de situation qui nous énerve un peu. Nous avons réussi notre entreprise d?élimination de poches de pauvreté. Il reste encore à faire. Mais tout le monde prend cela comme acquis sans reconnaître la somme d?efforts dans cette tâche de Titan. L?assainissement de l?environnement pour rehausser le niveau de vie de la population, l?accès aux plages publiques et la création d?autres plages pour accompagner la construction d?hôtels, la formation professionnelle, le rehaussement du niveau de l?éducation, etc . Qu?en faites-vous ?
<B>La relance économique a été un point fort de l?argumentaire électoral du MMM. En selle depuis quatre ans, ce parti semble se résoudre à gérer tant bien que mal le quotidien. Pourquoi ? </B>
Ce qui distingue ce gouvernement des autres, c?est que nous n?acceptons pas le contexte économique mondial ou la globalisation comme une sombre fatalité à subir. Nous voulons que le MMM passe dans l?histoire comme le parti qui a pu faire de Maurice un pays phare. Je ne prends pas le prix du pétrole comme une sombre fatalité. Je le prends comme un fait. Et il faut s?y adapter.
<B>Serait-il complètement déraisonnable de conclure dans le sens d?une panne d?idées au sein du MMM ? </B>
Nous devons nous occuper de la réalité de tous les jours dans un monde de vive compétition où personne ne nous fait de cadeaux. Panne d?idées ? Je peux vous écrire un volume si vous voulez. Au niveau de tous les secteurs clés de l?économie, ce sont les idées contenues dans le programme MSM-MMM qui ont pu redresser notre pays. Qui a pu réformer l?éducation ? Qui a pu relancer la formation professionnelle ? Qui a eu toutes ces idées sur l?environnement ?
<B>Ce parti était connu pour son organisation parfaitement huilée et démocratique qui lui permettait de s?attirer les meilleurs cerveaux du pays. Est-ce toujours le cas ? </B>
Nous ne sommes ni un parti d?intellos nostalgiques, ni un parti de cadres, ni un club de philosophie. Nous sommes un parti politique oeuvrant pour l?amélioration du sort des travailleurs. A nos débuts, nous avions lutté contre l?alliance de la grande bourgeoisie qui avait décidé de mettre sur les bas-côtés du développement toute une population. Depuis ce temps, que ce soit dans l?opposition ou au gouvernement, le MMM a laissé ces empreintes sur le vécu de tous les Mauriciens.
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