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« Je suis pour casser les cloisons »
<B>Que retenez-vous de votre participation l?an dernier au Festival ? </B>
Je retiens du bien. Sinon je ne serais pas revenu. C?est la réunion dans un lieu unique d?un grand nombre d?artistes que j?aime. Comme dans la tragédie grecque, ce festival a une unité de temps et de lieu. Il donne la possibilité de voir en une semaine des artistes, d?entendre des ?uvres que l?on court pour aller voir en Métropole. J?ai aimé aussi la proximité, de la salle par exemple, qui est très petite. On retrouve l?idée initiale de la musique de chambre.
On me demande de présenter beaucoup de concerts, que je dois refuser à cause de mes émissions, mais pour ce Festival, je conjugue le plaisir d?être à Maurice et de rencontrer des musiciens que j?ai vu débuter.
<B>Quel a été exactement votre rôle au sein de ce festival ? </B>
Avec Marc Laforêt, qui est le directeur artistique, on a discuté des artistes à faire venir pour proposer le meilleur casting. Je participe à la réflexion pour inviter des gens variés, des instruments et des répertoires différents.
On retrouve tous les styles, du 18e, du 19e et début du 20e. Cela dit, cette année, l?exercice a été plus difficile car on m?a demandé d?être concis, pour ne pas gêner ceux qui ne parleraient pas le français.
<B>Vous êtes poète, musicologue, à quel point la musique vous inspire dans votre travail d?écriture ? </B>
Les deux sont parfaitement liés. Je suis devenu musicologue par la poésie, pour le plaisir.
J?ai écrit un livre de poésie, Colorature, sur l?opéra, il y a longtemps et j?ai participé à l?émission Apostrophes qui m?a fait entrer dans cet univers. L?écriture poétique est musicale. Mon écriture est basée sur le rythme de la mer, ses pulsations. J?ai d?ailleurs commencé à écrire en ce moment. Ce voyage est aussi fructueux pour cela.
<B>Vous avez réalisé de très grands projets, l?Intégrale Chopin, Verdi à Bercy, puis un spectacle sur George Sand, un futur projet ? </B>
J?ai d?autres grands projets. En 2010, nous fêterons le bicentenaire de Chopin et le bicentenaire de Schumann.
J?ai commencé à écrire, à esquisser un spectacle autour de Schumann, à travers la forme plus accessible de l?interview. Comme pour le spectacle sur Verdi, où je jouais l?interviewer et Jean Piat jouait Verdi, et comme pour la musique de Chopin, évoquée en interview avec George Sand.
Ce serait la même chose pour Schumann qui serait raconté à travers les souvenirs de Clara Schumann et de Brahms.
<B>La musique classique n?arrive toujours pas à convaincre les jeunes, malgré son omniprésence, dans la publicité, dans le cinéma, pourquoi cela ? </B>
Les jeunes ne s?y intéressent pas parce que l?on ne fait rien pour cela. On enseigne pas la musique en France.
La musique classique devrait faire partie de l?enseignement artistique. Le classique est pour tout le monde, il raconte des choses. Il faut s?y habituer.
<B>Que pensez-vous de groupes tels que Il Divo, Bond, ou encore Vanessa Mae ? </B>
Je ne connais pas Il Divo, mais tout cela est très bien. Dernièrement, j?ai invité pour la télévision Julia Miguenes, Florent Pagny, Chimène Bady et Michel Lebb. Ce programme a eu beaucoup de succès dans des générations différentes. Chacun a entendu ce qu?il voulait entendre mais a aussi entendu d?autres choses. Je suis pour casser les cloisons.
NEMANJA RADULOVIC, VIOLONISTE
<B>« Je voulais laisser une trace de moi» </B>
<B>Qu?est-ce qui vous a poussé à commencer la musique ? </B>
Ce qui m?a surtout poussé, c?était la scène. J?ai commencé à jouer du violon à l?âge de sept ans et à sept ans et demi je donnais mon premier concert. J?ai aimé le contact avec le public.
<B>Etes-vous issu d?une famille de musiciens ? </B>
Mes deux s?urs jouent du violoncelle. Mais nos parents ne pratiquaient pas la musique. Nous sommes les premiers de la famille.
<B>Aimant ainsi la scène très jeune, vous vous êtes toujours imaginé concertiste ? </B>
Le plus important c?était d?être dans le milieu de la musique, que ce soit de la musique classique ou du pop-rock. L?important était de vivre entourer de musicien et surtout entourer de musique.
<B>Est-ce qu?un musicien, en particulier, vous a influencé ? </B>
Cela dépendait des périodes. Mais j?essayais surtout d?avoir ma propre personnalité. Je voulais laisser une trace de moi.
<B>Vous avez déjà plus de 900 concerts?</B>
Plus de 1000 maintenant. Et toujours la même envie et le même plaisir.
<B>Y en a-t-il un qui vous a le plus marqué, ou le plus réussi ? </B>
Je ne peux pas choisir. Ce sont différentes étapes d?un parcours. Ce sont des rencontres avec le public, avec les musiciens. Tout cela fait partie d?une vie musicale. Tous les grands et les petits évènements. Finalement, ce sont les mêmes.
<B>Vous avez été nommé RISING STAR pour la saison 2006/07, qu?est-ce que cela représente ? </B>
Ce qui est génial, c?est que quand on est jeune musicien, on a peut-être pas l?occasion de faire une tournée dans les plus grandes salles du monde. C?est aussi très rare qu?un musicien de 21 ans soit nommé pour faire cette tournée.
<B>Qu?est-ce qui fait votre force dans le jeu ? </B>
Mieux vaut demander au public. Pour ma part, je joue le plus à l?aise possible. Après, chacun est libre d?apprécier.
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