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« On doit favoriser l?intégration sociale »
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« On doit favoriser l?intégration sociale »
Les conditions de vie des ouvriers étrangers dans le textile ont été dé-noncées. On a comparé leur sort à une existence derrière les barreaux?
Il ne faut pas généraliser les cas. Il y a des ouvriers qui reviennent travailler après avoir terminé un premier contrat car leur employeur leur offre des conditions de travail attrayantes. Ils ne se sentent pas dépaysés, et ?uvrent de concert avec leurs compatriotes. Et, plus important, ils parviennent à intégrer la société mauricienne et à se faire des amis.
Certaines entreprises textiles offrent une variété de facilités, comme des dortoirs, aux travailleurs étrangers pour qu?ils n?aient pas à quitter l?enceinte de l?usine. Est-ce une bonne idée selon vous ?
Oui et non. C?est une facilité que l?usine offre. Si le travail doit commencer tôt, c?est plus pratique que les employés soient près de leur lieu de travail, car il est difficile de véhiculer des centaines de personnes d?un endroit à l?autre.
Mais toute médaille à son revers. Le fait de côtoyer les mêmes personnes sept jours sur sept contribue à créer des conflits. Cela limite les déplacements et l?intégration sociale. La monotonie s?installe, et il y a le stress du travail. S?il n?y a pas un espace de loisirs où les travailleurs peuvent se détendre, cela conduit alors à plus de pression. Ce qui peut occasionner des dérapages.
Mais encore ?
Dans ces groupes, il y a des clans qui se forment, et dans lesquels on trouve des meneurs et des fortes têtes. Cela suit le même schéma qu?en prison.
Le fait qu?ils soient amenés à vivre reclus ne les aide pas beaucoup à avoir une vie sociale. Quels effets cela peut-il avoir sur la santé mentale au bout de quelques années ?
Certains le vivent bien, d?autres pas. Imaginez une personne qui quitte sa famille et ses proches pour s?embarquer vers un pays inconnu et multiculturel. Il y a forcément un choc. Ils ne maîtrisent pas la langue. Les Sri Lankais, par exemple, vivent dans des communes immenses, ils ont leurs habitudes, leur culture. S?adapter à un nouveau mode de vie peut être vraiment très dur.
Comment trouver un juste milieu ?
Il faudrait revoir la manière de recruter les travailleurs étrangers. Il ne s?agit pas de leur offrir un lieu où dormir et à manger.
À l?avenir, avec l?arrivée des investisseurs, le pays va devoir recruter encore plus d?ouvriers étrangers. Il faudra donc proposer un projet de vie et d?habitat convenable pour eux. Ingénieurs, architectes et psychologues du travail devront travailler en partenariat pour créer un espace adéquat pour que ces gens puissent vivre correctement. Il faut penser à mettre en place des lieux de loisirs, des centres de remise en forme. Les employeurs doivent aussi penser à organiser des sorties à leur intention.
Vous parliez, plus haut, de les intégrer dans la société. Comment y parvenir ?
On peut faire comme aux États-Unis ou en Australie, où des familles d?accueil se proposent d?héberger un étranger pendant quelques mois. Le travailleur arrive alors à partager la vie de la famille, il apprend leurs coutumes et leur culture. Un travailleur heureux est un travailleur plus productif.
Cela paraît intéressant mais est-ce vraiment réalisable ?
En tout cas, lorsqu?on se sent encadré et soutenu, cela fait une différence. Cela va demander de revoir tout le mode de recrutement car souvent l?employeur considère ces ouvriers comme des robots qui ne sont là que pour travailler à un rythme infernal. Il faut à tout prix favoriser l?intégration sociale.
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