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« C?est la parole démocratisée »
Cinq ans d?Enquêtes en direct. L?émission a résisté aux différents changements de la grille de programmes. D?où vous vient ce succès ?
Cela me flatte qu?Enquêtes en Direct ait résisté aux nombreux changements de la grille. C?est la seule émission qui a survécu et qui perdure depuis cinq ans. C?est une des rares émissions de Radio One (avec Polémiques le samedi) qui donne la parole aux auditeurs et ce, quotidiennement de 9h00 à 11h00. Ils expriment leurs misères, cherchent des solutions à leurs problèmes et dénoncent les injustices dont ils sont victimes. Ils sont, bien sûr, heureux quand on trouve des solutions rapides à leurs problèmes et à défaut, ils le sont aussi de pouvoir exorciser en quelque sorte leurs angoisses. Avec Enquêtes en Direct, c?est la parole démocratisée? D?où le succès de l?émission depuis cinq ans !
N?avez-vous pas peur que l?émission ne s?essouffle ?
Cela ne risque pas. Mes détracteurs souhaitent qu?il en soit ainsi. Mais tant que cette émission quotidienne exprimera l?île Maurice profonde dans toute sa diversité, tant qu?elle permettra la libre expression des auditeurs, tant elle sera une soupape, elle ne risque pas de s?essouffler.
Au fil des années, quels sont les changements qui sont intervenus dans votre manière de gérer les intervenants à l?antenne ?
Il y a eu deux phases de gestion des appels des auditeurs. En 2002, pendant plusieurs mois, je prenais partie pour la voix qui résonnait dans le casque. Et je tempêtais estimant que l?auditeur en principe a raison. C?était assez démago. Et du coup, je me suis mis à dos l?ensemble des fonctionnaires.
Ensuite, l?expérience aidant, je me suis assagi et j?ai retrouvé mes réflexes de journaliste. Depuis, je fais la part des choses. Je m?énerve moins souvent sauf dans des cas d?injustice flagrante et des cas de brutalité policière. Il faut dire que j?arrive à résoudre à 80% les problèmes avec la collaboration des ministères qui se sont rendus compte qu?à pratiquer l?indifférence, ils contribuaient à rendre leurs ministres respectifs très impopulaires? D?ailleurs, les ministres ont encouragé les fonctionnaires à s?expliquer et à pratiquer la transparence. De ce fait, c?est pratiquement en douceur qu?on arrive à résoudre les problèmes. Vous serez étonnée du nombre de solutions qu?on trouve hors antenne.
Le regard des gens change-t-il par rapport à vous ? Vous faites-vous aborder davantage depuis Enquêtes en direct ?
Oui. Les auditeurs m?appellent Finlay (quand ils n?écorchent pas ce prénom). Ils ont le sentiment de parler à un ami qui les écoute. Ils ont le sentiment aussi que je peux être un dernier recours quand toutes les portes se sont refermées sur eux. C?est une lourde responsabilité.
Evidemment, je me fais aborder davantage surtout par ceux qui ne peuvent avoir la ligne?dans les lieux publics, dans la rue, dans les grandes surfaces, à la plage, dans les mariages, les enterrements?enfin partout. Souvent, ils passent aussi par ma femme. C?est ainsi que je me suis fait des milliers d?amis « anonymes » en cinq ans. Ces auditeurs savent que même si je n?arrive pas à résoudre leurs problèmes, je prends part à leur malheur. Et c?est important pour eux.
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