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Zot Sa : itinéraire mené tambour battant

3 octobre 2004, 20:00

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Qu?est-ce qu?il y avait au commencement ? Avant que le tambour ne trouve son rythme de croisière ? Avant que Zot Sa ne sorte un nouvel album à la fin de la semaine dernière, intitulé Kan tambour baté ? Avant que Lake poelon ? titre signé Menwar? ne devienne trop chaud pour une main innocente ? Avant que le succès ne pleuve sur Zot Sa, le groupe qui a choisi de nous dire : ?la misik la pou zot sa? ?

Il fallait un ?échec? pour que Mario Justin accepte de se dévoiler. Celui d?Overdoz, discours musical à forte tendance moralisatrice, parut il y a deux ans. Pour ne pas succomber à la saturation, le groupe opte pour la remise en question. Presque une décennie à battre le tambour. Se réveiller pour se rendre compte que le public ne suit plus autant qu?avant. Douche froide que l?auteur compositeur interprète, Mario Justin est le premier à reconnaître.

Rencontré vendredi, à la veille de la sortie de l?album, l?homme n?a rien perdu de son débit nerveux. Il a toujours l?air d?être pris dans un tourbillon. À peine s?installe-t-il pour nous parler que les coups de téléphone l?appellent ailleurs.

?Souvenirs douloureux?

De son propre aveu pourtant, Kan tambour baté l?a forcé à stopper les machines. Artiste d?action, meneur de troupe à réaction rapide, Mario Justin emmène son monde en vacance pendant une semaine à Albion. Qu?importe l?hiver, il faut se réchauffer au feu de l?inspiration. Se débarrasser des tiédeurs dans le texte, éviter de tomber dans la facilité des ti la la eh, ti la la oh.

En pleine réflexion, alors qu?il a toujours évité de se raconter, Mario Justin couche sur papier son enfance. L?homme dynamique, parfois trop sûr de lui, éprouve le besoin de plonger dans son ?moi? refoulé. De cajoler ce petit bonhomme de huit/neuf ans qu?il était dans les années 70. ?Bann lepok la grev dock.? Une période douloureuse vécue par son père qui était un employé des docks. Une ambiance bercée par Soley Ruz et Krapo Kriye.

Vite, Mario Justin prend la tangente. Refuse de tomber dans les stéréotypes misérabilistes. L?habitant de Roche Bois nourrit de son ?uvre au grand air de Batterie Cassé. Se remémore ses années d?apprentissage. Déroule pour nous un cursus non négligeable : formation en classique et jazz auprès d?Ernest Wiéhé au conservatoire, cours avec George Émile aujourd?hui en poste à l?université de Berkely à Boston. Tout cela pour treize ans d?animation dans des hôtels du littoral. Des passages en 1992 au sein de Racinetatane, aux côtés de Ras Natty Baby, des Windblows, avant de se lancer en 1996 sous la bannière Zot Sa.

Autant d?époques qui laissent des traces dans une vie. Qui font que l?essentiel ne bouge pas. C?est pourquoi l?on retrouve les incontournables duos avec la ?diva séga?, Nancy Dérougère. Des accords de sitar et de percussions orientales, un mélange de maloya et de séga typique pour habiller une commande à Menwar : Lake poelon. Histoire de chauffer à nouveau les platines.

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