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Zoom sur la MBCTV pour ses quarante ans

8 février 2005, 00:00

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Quarante ans, c?est l?âge de la maturité mais aussi de la remise en question. Pour la ?grande dame? de la rue Pasteur, c?est surtout l?heure d?un sérieux lifting. A 40 ans, la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) se prépare à vivre une seconde jeunesse.

Pourtant, dans les locaux de la Corporation, comme on l?appelle communément, rien ne laisse présager qu?il y a un anniversaire qui se fête. C?est business as usual. Le personnel vaque à ses occupations, les studios bourdonnent d?activités et la pluie tombe sur Forest-Side. En fait, tout se passera sur les ondes, même s?il y aura un Family day, le 26 février, la première du genre pour le personnel?

?La MBC, a été témoin mais aussi actrice de ces 40 années. Elle a 40 ans d?expérience et de métier?, rappelle Torriden Chellapermal, le directeur de la MBC. A partir d?aujourd?hui, une programmation spéciale sera étalée sur 40 jours. A la télévision avec des films, des séries cultes, des concerts d?artistes locaux ou internationaux, des moments d?anthologie comme cette prestation de Jacques Brel sur une scène mauricienne il y a? 40 ans.

Deux défis à relever

A la télévision toujours : retour sur les grands événements de ces 40 dernières années et zoom sur les anciens réalisateurs et les premières speakerines. La radio ne sera pas en reste mais avec une autre partition.

2005 annonce aussi de grands changements pour la MBC. C?est en tout cas ce que souhaite Torriden Chellapermal, à la tête de la station de radio et télévision nationale depuis deux ans. Deux défis à relever : un nouveau projet de loi et la numérisation des services.

Le nouveau projet de loi, en bonne place dans l?agenda du gouvernement, devrait être présenté lors des toutes prochaines séances de l?Assemblée nationale. Une façon d?armer la MBC pour mieux affronter le nouvel environnement. Les radios et le satellite, entre autres.

L?autre défi sera le saut technologique et l?adoption du système numérique. La MBC doit rattraper un retard de 20 ans au niveau des équipements. Le processus de numérisation, qui a d?abord démarré à la radio d?abord, continue son chemin. Il comprend une amélioration des infrastructures électriques, des studios, du système de câblage? Bref, il touche tous les services, c?est-à-dire la rédaction, la production, la programmation, la transmission et les archives. Et il aura un impact sur la qualité et les coûts.

Le bâtiment de la rue Pasteur étant inadapté, cette étape essentielle doit être accompagnée d?une délocalisation. La station devrait être hébergée sur un terrain à Réduit, voisin du Mahatma Gandhi Institute, dans un nouveau bâtiment ?intelligent? mieux adapté à la technologie numérique. ?On démarre cette année?, rêve déjà Torriden Chellapermal. Cette délocalisation, financée par le gouvernement chinois, est cependant tributaire d?un montage assez complexe qui prend du temps.

Au-delà de l?avancée technologique, la MBC aura surtout besoin de gens qui lui insufflent un nouveau dynamisme. ?Une télévision et une radio, cela se fait surtout avec des hommes et des femmes?, insiste Selven Naidu, ancien directeur de production à la station de télévision nationale. Avec une formation tous azimuts d?un personnel pléthorique d?environ 500 personnes, la partie n?est pas gagnée d?avance.

Mais dans l?absolu, la station de radio et de télévision nationale n?a jamais connu de rupture de service en 40 ans d?existence. Mieux, elle roule et bien ! Trois chaînes de télévision, cinq chaînes radio et 13 langues ! La complexité de la MBC est unique au monde et palpable aujourd?hui plus que jamais.

?Mission impossible?

?Au niveau de certaines programmations, elle n?a rien à envier à de grandes stations internationales, même si le traitement de la production locale, y compris les informations, laisse encore beaucoup à désirer?, ne peut s?empêcher de faire ressortir Selven Naidu. Il le reconnaît : il a été impuissant à relever le défi.

C?est probablement cette complexité, qui est à la fois la force et la faiblesse de la MBC, ajoutée à l?obsession d?un public narcissique. Cherchant obstinément son image dans le tube cathodique, à tout moment de la journée, il maintient la station de radio et de télévision nationale sur un paradigme négatif.

?Nous avons une mission impossible, celle de satisfaire chacun et tout le monde à la fois?, schématise Torriden Chellapermal. Une gageure pour une station adulte qui a passé ses plus belles années à essayer de rattraper le temps perdu?

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