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Zones favorisées

16 juillet 2003, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une petite révolution est amorcée dans le monde de l?enseignement ce matin. Des écoles en difficulté sont regroupées au sein de zones d?éducation prioritaires (ZEP) et elles recevront plus d?attention que les autres.

Ce programme, qui coûtera Rs 40 millions à l?Etat, cherche à mettre au même niveau tous les établissements primaires du pays. Il vise à réduire le fossé entre les privilégiés et les laissés-pour-compte du système scolaire.

Le défi à relever est impressionnant. Il s?agit de donner aux écoles qui ne dépassent pas la barre des 40 % de réussite au CPE les moyens de rejoindre l?élite. Comme ces écoles sont fréquentées par des enfants issus de milieux populaires, le projet ZEP est une application pratique du principe de discrimination positive. Son but ultime est de réussir l?égalité des chances.

Il est vrai que l?ascenseur social n?a pas bien fonctionné à Maurice depuis l?indépendance. Certains quartiers défavorisés peinent à sortir de la pauvreté humaine, comme l?a fait ressortir encore une fois le constat sociologique du Pnud publié la semaine dernière. Ce n?est pas parce que nous pouvons nous enorgueillir d?une croissance élevée que les conditions de vie de l?ensemble de la population ont progressé.

Certains leaders d?opinion ont sous-estimé le rôle de l?école en tant qu?ascenseur social. Ils ont parfois poussé les exclus à croire que les agitations sociales, les manifestations de violence et les actions revendicatrices vont leur rendre la dignité à laquelle ils aspirent. Le rôle de l?école a été une préoccupation accessoire pour eux. Ils étaient trop occupés à lutter contre les ?autres? pour prendre conscience de ce qu?il était possible de faire de l?intérieur.

Avec le projet ZEP, ce ne sont pas seulement 732 familles qui auront le privilège d?obtenir une inscription dans un collège réputé, c?est la population de pas moins de 30 écoles primaires qui obtient une chance de surmonter les handicaps qui les pénalisaient jusqu?ici. Les ZEP sont un instrument réel de lutte contre la pauvreté. C?est ce qu?affirment aussi Filip Fanchette, Jean-Marie Richard et Jean-Yves Violette, dans une note envoyée à la presse hier. ?Les ZEP constituent une chance et un défi pour les enfants, les parents, les enseignants, et les quartiers défavorisés. Ce projet ne peut qu?être bénéfique au pays dans son ensemble?, soutiennent-ils.

Les ZEP joueront sur plusieurs tableaux pour changer le rapport de l?enfant des quartiers défavorisés à l?école. D?abord, il est question d?une utilisation du Kreol comme langue d?enseignement. Pendant longtemps, l?anglais a barré l?accès à l?enseignement à ces gosses qui se sont sentis aliénés par un milieu scolaire rébarbatif. Puis, la santé et l?alimentation seront surveillées de près. Ensuite, le ministère fera appel à des enseignants qui possèdent le savoir-faire pour traiter avec des écoliers qui ont grandi dans un environnement qui ne favorise pas les bonnes attitudes envers l?apprentissage scolaire. Les écoles ZEP seront dotées des infrastructures requises pour les rendre attrayantes. Finalement, les pédagogies traditionnelles sont abandonnées en faveur de méthodes adaptées.

Avec le projet ZEP, l?école s?attaque au déterminisme social. Les quartiers défavorisés ne sont pas une prison d?où il est impossible de sortir.

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