Publicité

Yusouf Soobraty l?ourdou sur les planches

9 juillet 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une langue aux sonorités exquises. Quand il déverse des paroles sur scène, c?est bien souvent en ourdou qu?il le fait. C?est son héritage. Yusuf Soobraty, 26 ans, comédien, était sur la scène du Théâtre Serge Constantin le 1er juillet pour la représentation d?une pièce en ourdou. Cela fait pas moins de cinq ans que le National Drama Festival lui offre l?opportunité de présenter ses propres pièces. Gagnant à plusieurs reprises, Yusuf Soobraty est un acteur et un écrivain qui rêve les yeux ouverts d?avoir une carrière éblouissante.

La dernière fois que Yusuf Soobraty est monté sur scène, il a reçu le prix du Second Best Actor, Best Play, Best Director et le Jury Award. Il n?y a aucun doute, depuis que Yusuf piétine les planches, les récompenses pleuvent. Le théâtre coule dans son sang. C?est cela qui lui permet de s?exprimer, d?exorciser ses frayeurs, de dénoncer les non-dits. «Mo content jouer avec le public, faire zot pleurer ou rire. C?est mo la vie,» confie-t-il. Si Yusuf parle en ourdou sur les planches, pour lui c?est un moyen de faire revivre sa culture et sa langue. Il jouait la comédie au théâtre le 1er juillet dernier, maintenant, il en parle.

«C?est en 1996 que j?ai découvert le théâtre. Depuis que j?ai fait cette magnifique rencontre, je m?accroche,» avoue Yusuf. De 1999, avec la pièce Joruka Jhulam à 2004 avec Bachtawa, ce comédien a accumulé les trophées. D?abord débutant, il s?est essayé au jeu d?acteur au National Drama Festival en 1999. Puis au fur et à mesure que l?amour de la scène le rongeait, Yusuf a enfin saisi la plume pour écrire ses propres pièces. Sarasimgy en 2000 lui a valu de décrocher le prix du meilleur acteur et celui du meilleur metteur en scène. Toutefois, Yusuf a toujours privilégié l?ourdou comme langue de base pour ses différentes représentations. Lors du World Urdu Competition en 2003, il a même décroché le prix du meilleur dramaturge pour sa pièce, Jaisakaroge Waisabharog. Tout le mérite revient à son père, enseignant d?ourdou, qui lui a communiqué la passion de cette langue trop peu utilisée.

«Ce que j?apprécie surtout avec le National Drama Festival, c?est qu?on offre la chance aux jeunes de se faire une place dans le milieu théâtral, et cela, dans plusieurs langues.» Ce que Yusuf souhaite surtout, c?est de pouvoir transmettre des messages à travers ses écrits. Dans ses pièces il parle généralement des problèmes de couple, de l?incompréhension qui pourrait exister entre les personnes mariées. Pour se faire, il observe, découpe la réalité et rassemble le tout. Quand il est dans la peau d?un autre, il joue avec les émotions du public, tente toujours à saisir les regards et à captiver les oreilles. Entraînant son épouse dans sa passion, Yusuf se dit heureux de vivre pleinement cette ardeur grandissante pour le théâtre avec sa troupe Deewana. «Non seulement c?est une forme d?expression incroyablement belle, mais c?est aussi un moyen pour nous de montrer nos talents,» explique-t-il.

Mais Yusuf reste lucide. Le théâtre mauricien a encore un long chemin à parcourir. Toutefois, il se permet cette petite fantaisie : celle de rêver de pouvoir faire carrière et se forger un nom. Yusuf, c?est peut-être un génie du théâtre ourdou, assoiffé de découverte. Voilà pourquoi il n?exclut pas l?idée de se tourner aussi vers l?hindi. Après tout, Maurice est surtout riche en langues et en cultures.

Publicité