Publicité

Yerrigadoo : ?Un ouvrage de référence?

24 juillet 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

S?il n?avait pas embrassé une carrière de journaliste sportif, il aurait certainement fait un bon historien. Qu?à cela ne tienne, avec la publication de son livre l?Odyssée du sport mauricien, Jean-François Leckning cumule de toute façon les deux fonctions pour le plus grand bonheur du lecteur.

C?est justement un certain souci du détail et une capacité à rendre au sport d?hier ses lettres de noblesse qui transpirent de cet ouvrage, lancé officiellement hier à la mairie de Port-Louis.

En cette année 2003 où le sport règne en maître dans notre île avec la tenue des Jeux des îles de l?océan Indien, l?Odyssée du sport mauricien arrive à point nommé et répond ?au devoir de mémoire sans lequel il n?y a pas d?avenir possible?, comme le souligne à juste titre Gérard Ejnès, directeur adjoint de la rédaction au journal L?Equipe, qui signe la préface du livre.

Apôtre de la performance et chantre de la statistique, le sport tire sa force de comparaisons subjectives entre ses acteurs d?hier et d?aujourd?hui. L?oeuvre de Jean-François Leckning vient à ce titre combler un vide et rendre un vibrant hommage au sport mauricien.

?De la naissance de la mythique écurie Gujadhur en 1904 à l?impensable titre de champion du monde de Mario Bienvenu en mai 2002, un siècle de sport a en effet livré ses secrets?, rappelait hier l?auteur à la mairie de Port-Louis, devant un parterre d?officiels ? dont le lord- maire, Michel Gérard Nina, et les ministres de la Jeunesse et des Sports, de la Culture et de la Justice et d?illustres sportifs.

<B>?Une capacité d?émerveillement?</B>

D?un air presque solennel, Jean-François explique le but de cet écrit : ?L?odysée du sport mauricien couvre un siècle de sport, 13 disciplines et 36 chapitres. (?) Ce livre, je l?ai écrit avant qu?il ne soit trop tard, avant que les derniers acteurs de la génération pionnière ne s?en aillent, j?ai senti le besoin de fouiller leurs souvenirs et coucher sur du papier tout ce qu?ils avaient de beau à raconter.?

Il espère aussi que chacun soit reconnu à sa juste valeur : ?Il est urgent, aujourd?hui, à un peu plus d?un mois des Jeux des îles, que les Mauriciens prennent conscience du rôle essentiel joué par la famille sportive dans le développement de ce pays.?

Rédigé dans un langage volontiers imagé, ce livre nous offre une immersion totale dans la vie du sportif à travers moults exploits. Il dépeint l?authenticité de notre nation arc-en-ciel avec les hauts et les bas de nos compatriotes les plus connus, qui ont été, et sont encore, les vecteurs de notre culture à travers le monde.

C?est dans ces moments-là que notre fibre patriotique atteint son paroxysme. Par exemple lorsque Stéphan Buckland et Eric Milazar explosent aux Championnats du monde d?Edmonton 2001 et font la une des journaux télévisés du monde entier, comme nous le conte Jean-François (chapitre 7).

L?écrivain Carlo de Souza, qui n?était autre que l?ancien professeur de Jean-François au collège Saint Esprit et qui a également été président de la fédération de badminton, nous a livré hier son éloquente analyse critique du livre : ?Ce qui saute aux yeux à la lecture des thèmes du tableau des matières, ce qui frappe, c?est le nombre d?athlètes que l?auteur n?a pas vus. C?est comme s?il voulait s?approprier cette époque??

?Jean François a toujours cultivé une capacité d?émerveillement devant la chose sportive. Là, il nous ouvre le coeur et les yeux. C?est la passion du conteur qui se développe, même s?il arrondit parfois les bords, selon une mentalité bien mauricienne?, poursuit-il.

<B>Dimension humaine </B>

Carlo de Souza cite alors l?exemple du cheval Prodigal, qui courait dans les années 50 : ?J?avais dix ans et j?avais misé tout mon argent de poche, soit six roupies ! Dans son livre, Leckning a réussi à donner un peu d?humanité à un cheval.? Avant de conclure : ?Si ce livre peut être un tremplin à la remise en question du sport (?) Jean-François aura réussi son pari.?

Dans cette oeuvre à la dimension humaine et sociale, l?auteur n?hésite pas non plus à monter au créneau pour défendre ses idées ou dénoncer les injustices dont sont parfois victimes nos athlètes.

Offensif, notre confrère s?insurge dans son livre parce que le boxeur Mario Bienvenu a été suspendu par sa fédération après son titre de champion du monde de boxe française, en mai de l?année dernière, parce que Mamade Elahee n?a jamais reçu la plus haute distinction de l?Etat pour les services rendus à notre football, parce que Régis Jean, qui n?est plus de ce monde, n?ait pas un stade à son nom.

Pourquoi pas le George V flambant neuf, nous suggérait-il hier ? Avant de réclamer que nos grands athlètes obtiennent, en fin de carrière, une pension conséquente de l?Etat.

Ravi Yerrigadoo, ministre de la Jeunesse et des Sports, n?a pas tari d?éloges sur L?odyssée du sport mauricien : ?J?ai eu du plaisir à lire cet ouvrage et je n?ai pas pu m?empêcher de le relire, malgré mes obligations professionnelles. Je le qualifierais d?ouvrage de référence. Je tiens à saluer l?objectivité sans faille de Jean-François. Il marque l?histoire du sport mauricien. Je voudrais lui dire de ne pas s?arrêter en si bon chemin??

<B>jean-françois leckning</B>

Le meilleur du sport local en 325 pages

Journaliste sportif de profession, adjoint au chef du service des sports à ?l?express? depuis 1997 et animateur à Radio One, Jean-François Leckning réalise son rêve en matérialisant sa passion de toujours à travers un livre : ?L?odyssée du sport mauricien?, distribué en libraire par IPBD, en vente à 350 roupies. Les 325 pages de l?ouvrage, qu?il dédie à ses proches, sont regroupés en 36 chapitres couvrant l?athlétisme, le badminton, la boxe, la boxe française, le cyclisme, le football, l?hippisme, le judo, le karaté, le kick-boxing, la natation, le tennis, le volley-ball et les sportifs polyvalents. Les textes sont agrémentés de photos, dont les inédites de Prodigal, du Maiden 1984, de l?écurie Gujadhur, de Régis Jean, de Natal, Burnley et de la grande Fire Brigade.

Publicité