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Yacoob Ghanty : Un ancien fonctionnaire qui a choisi de vivre la passion à la place de l’argent

23 juillet 2011, 20:00

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Yacoob Ghanty : Un ancien fonctionnaire qui a choisi de vivre la passion à la place de l’argent

Yacoob Ghanty est une figure incontournable de la scène politique des années 70. Pourtant, aujourd’hui, on entend parler de lui à travers ses livres sur la géopolitique. D’ailleurs, il vient tout juste de lancer son dernier ouvrage  «Christianists and Islamists- 1000 years of conflict », le jeudi 21 juillet dernier. Rencontre avec un homme passionné qui a fait de sa vie une belle histoire à raconter.

Un passionné de relations internationales, d’actualité, amoureux d’écriture et surtout un grand voyageur. Yacoob Ghanty a 71 ans mais il est loin d’être le genre de bonhomme à se balader en pantoufles. Lui, c’est est un bosseur qui refuse, jusqu’à présent, de se considérer comme retraité. Employé au Groupe Mon Loisir, il préside aussi des comités disciplinaires, étant notaire de formation.

Il a commencé à voyager très jeune, à l’âge de huit ans. «J’ai fait le pèlerinage de la Mecque avec mon père en bateau. Je suis allé en Inde et au Pakistan. C’était un long voyage», soutient-il. Scolarisé à la Champ-de-Lort Government School, maintenant appelée l’école primaire Raoul Rivet à Port-Louis, le petit Yacoob avait perdu plusieurs mois de cours.

«J’avais, à l’époque, un enseignant que je n’oublierai jamais. Il s’appelait Noël Bissoon et c’était quelqu’un que je détestais dans mon enfance. Il me frappait régulièrement à coups de « rotin bazar » mais il n’était pas permis de rapporter son enseignant. Toutefois, il m’a non seulement fait rattraper mon retard mais j’ai également pris de l’avance », lâche-t-il avec le sourire. Il réussit alors à passer ses examens de fin de cycle primaire et obtient une place au collège Royal de Port-Louis.

Au collège, Yacoob Ghanty a pour amis Gaëtan Raynal et Gérard Cateau, avec qui il tient de grands débats sur les relations internationales. «Je ne m’intéresse pas uniquement aux relations entre les différents pays mais également à celles entre les gens », ajoute-t-il.

Après ses études secondaires, il se rend en Angleterre pour une maîtrise en anglais, en français et en économie. Considéré comme étant trop jeune pour travailler à 21 ans, Yacoob Ghanty revient à Maurice après ses quatre années d’études.

En 1967, à la période de transition entre la colonie anglaise et l’indépendance, Yacoob Ghanty est embauché comme Education Officer au collège Royal de Port-Louis et au John Kennedy College. «Les Anglais voulaient préparer Maurice à l’Indépendance. De ce fait, ils employaient des Mauriciens dans l’administration et c’est là que j’ai intégré le ministère du Travail qui avait pour ministre Harold Walter. C’était un très grand ministère », raconte Yacoob Ghanty.

Harold Walter devient son tuteur. Et avec ses «directives qui faisaient penser à l’armée », Yacoob Ghanty intègre vite son poste de conseiller. «Dans les années 69 et 70. le pays faisait face à une période de grandes turbulences. Les jeunes étaient des révolutionnaires », poursuit-il.

Et c’est précisément en 1971, quelques années après ses débuts au sein du gouvernement, qu’il décide de démissionner. Il raconte qu’à cette époque, il y avait une « tendance de tout politiser » et cela l’exaspérait.

«Toutes les grèves étaient vues comme étant illégales et j’étais contre cela. Il ne faut pas oublier que le Mouvement militant mauricien émergeait et que le gouvernement d’alors refusait tous les mouvements de protestation et je ne pouvais pas accepter de travailler dans des conditions pareilles », affirme-t-il. Yacoob Ghanty est aussi celui qui n’aime pas enfreindre les lois mais qui ne supporte pas non plus l’oppression.

Bien qu’avoir un travail n’était pas chose facile en 1971, Yacoob Ghanty persiste dans sa décision. «L’argent est important mais cela n’a jamais été ma motivation première », affirme-t-il. Quelques temps après sa démission, il part pour le continent africain, poursuivre un rêve d’enfant. «Je suis allé en Zambie et j’ai été chargé de cours en sociologie, en histoire dans une université. C’était les quatre plus belles années ma vie », soutient-il.

En 1975, il retourne à Maurice mais ne souhaite plus intégrer le gouvernement. Il décide d’évoluer dans le secteur privé jusqu’à l’an 2000. Il est alors en charge des ressources humaines dans trois établissements sucriers et deux hôtels.

A ce jour, Yacoob Ghanty a écrit plus d’une dizaine de livres sur la géopolitique. Son tout dernier «Christianists and Islamists- 1000 years of Conflits » parle de ceux qui font usage de la religion pour diviser. «J’aborde le thème de conflit entre l’Occident et l’Orient de façon très sérieuse et idéologique. Je n’hésite pas à dire ce que je pense », poursuit-il.

Ce sont les événements du 11 septembre qui l’ont inspiré. Selon l’auteur, il y a eu une montée de fanatisme, de haine et de violence après les attentats qui ont mis à terre les Etats-Unis. Pour l’heure, Yacoob Ghanty reste une personne que l’on ne regrette pas d’avoir rencontrée. Ce sexagénaire est une preuve vivante que ce n’est pas l’âge qui peut mettre un terme à une passion. Il s’avère qu’un autre ouvrage est en préparation…

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