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?World Class??

19 août 2007, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Si le Club M qui gagne suscite l?exaltation de la fierté nationale, la grande débâcle vécue à Antananarivo, elle, nous couvre de honte et de déshonneur. La correction subie par nos sportifs devrait d?ailleurs nous pousser à nous demander si la dégradation générale que connaît le sport mauricien ne traduit pas, en fait, un mal plus généralisé.

A l?issue des 7es Jeux des îles, Maurice se retrouve au fond du gouffre. Nous redoutions un échec, nous avons fini par subir la pire raclée jamais enregistrée depuis le début de ces jeux en 1979. Le tableau qui a finalement émergé est sombre, très sombre. Il aurait suffi d?une seule médaille d?or de plus aux Seychelles pour que ce pays 20 fois moins peuplé que le nôtre nous devance au classement final. Le plus grand désastre de ces jeux reste la double défaite de notre équipe de foot face à celle de Mayotte qui participait pour la première fois en son nom. Deux fois, le champion en titre s?est incliné face à la modeste formation mahoraise.

?Maurice, ton sport fout le camp?, analyse Stany Maurice, le responsable de notre rédaction sportive dans notre supplément de ce jour. Le constat est difficile à digérer, écrit-il, de Tana. Il a raison. La déroute, toutes disciplines confondues, porte un coup très dur à l'image du Club M. Il faut tirer les leçons de cette catastrophe. Déjà, l?entraîneur de la sélection nationale de foot, Sarjoo Gowreesungkur, a jeté l?éponge. ?Je n?ai pas apporté les résultats escomptés. Je laisse le soin à un autre de prendre ma place?, déclare cet homme qui a le sens de l?honneur. Quand le navire tangue, le mauvais capitaine part. Seuls les lâches refusent d?endosser la responsabilité d?une débâcle.

Autant les champions sportifs incarnent les vertus de leur pays, autant les échecs accumulés sur les stades sont des indications que le système politique est fragilisé. Le hasard a voulu que pendant la durée des jeux, deux événements locaux aient symbolisé la dévalorisation de nos institutions. L?université de Maurice et la Mauritius Revenue Authority ont, chacune à leur manière, apporté la démonstration que les actes politiques ne sont pas compatibles avec le rayonnement international ou ?world class? auquel aspirent nos dirigeants.

L?université est incapable de regrouper sur son site à Réduit toutes les formations qu?elle dispense. Elle n?arrive pas à garantir l?égalité des chances et refuse l?accès à une bonne moitié des détenteurs de HSC. Sa situation financière est précaire mais l?Etat lui refuse une rallonge budgétaire. Des filières entières sont supprimées. Les étudiants temporisent.

Quant à la MRA, elle vient de congédier un de ses directeurs. L?affaire ressemble à un cas de victimisation politique même si aucune raison officielle n?a été avancée pour expliquer le départ forcé de Shakuntala Jugmohun. Les syndicats temporisent.

Le monde sportif est endeuillé mais, au-delà, c?est un ressort national qui se casse. Pour avoir les ambitions d?un tigre, il faut commencer par savoir miauler plus fort qu?un chaton.

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