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Winsley meurt dans les bras de sa mère

18 septembre 2004, 20:00

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Une odeur fétide d?urine et de matières fécales flotte dans l?air. Un matelas a été mis à sécher sur les latrines qui font face à la porte d?entrée de la misérable case en tôle que partagent Giovani Etty, 22 ans, et Christelle Steeve, 17 ans, rue Phi-lippe Rousset, à Camp-Chapelon.

Pendant trois ans, Giovani et Christelle coulaient des jours heureux, et ne s?attendaient pas à vivre les pires moments de leur existence. Vendredi dernier, Winsley, leur bébé de onze mois, est mort d?une pneumonie, dans les bras de Christelle, aux urgences de l?hôpital Jeetoo.

Une heure après, le petit agonise

Consternés par cette subite disparition, les jeunes parents ne comprennent pas pourquoi leur nourrisson s?est soudain trouvé mal avant de rendre son dernier souffle, deux jours après un premier malaise.

En effet, le mercredi 8, Winsley a eu une poussée de fièvre, suivie d?une mauvaise toux. Christelle l?a alors conduit au dispensaire de Pailles où le médecin lui a prescrit le « bon vieux » sirop Panadol et d?autres médicaments.

Jeudi, l?enfant semblait se rétablir. Mais le lendemain, il s?est trouvé au plus mal. Essoufflé, il était brûlant de fièvre. « Li ti pe respir vit », se souvient Christelle. Le couple décide alors de suivre le conseil du médecin affecté au dispensaire qui leur avait recommandé de se rendre à l?hôpital si l?état de l?enfant empirait. Les parents affolés arrivent donc au service des urgences vers 18 h 30. Winsley est soumis à une radiographie, avant qu?un médecin ne lui prescrive un suppositoire pour faire tomber la fièvre.

Entre-temps, le couple est renvoyé dans la salle d?attente en attendant l?arrivée du spécialiste de garde. « Monn dir bann la piti la pe abat dans mo lame, fer enn kitsoz », affirme Christelle. « Nounn mem all guet enn inspekter pou konne kifer dokter pe tarde », raconte Giovani.

Une heure s?est à peine écoulée depuis leur arrivée? et voilà que Winsley agonise ! Les premiers soins sont prodigués au bébé, mais il est déjà trop tard.

Sans avertir les parents de la procédure adoptée dans de tels cas, le personnel hospitalier emmaillote le petit pour l?emmener à la morgue. « Zot finn bann li, zot inn met latres kolant ar li zot ti pe alle ! », s?exclame Giovani. « Zot finn met li lor enn trolley zot pe alle lakaz mor. Monn bizin maye trolley pou demande ki pe arive, si zot pas fer nou konn narien. Zot dir nou ki pas zot ki bizin fer konne », s?indigne Christelle.

Le couple devra se rendre au poste de police pour apprendre que leur enfant sera soumis à une autopsie et... qu?ils devront répondre aux questions de la police de Pailles !

Après l?examen post mortem effectué par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Giovanni apprendra que son enfant était « mal nourri », ce qui expliquerait sa pneumonie. « Zot finn dire mwa mo pan finn ase donn li frui. »

Mécontent, Giovanni se défend : « Nou ti donn li Nestum et Bledina ». Pour soutenir ses dires, il déclare, « ki zenfant la ti vinn bel ek kare kare ».

Mais l?explication du médecin est que la nourriture du petit Winsley n?était pas suffisamment variée.

Il aurait donc souffert d?anémie, une diminution d?hémoglobine dans le sang. L?eau ainsi accumulée dans son corps laissait croire qu?il était en bonne santé car il était joufflu. Lorsqu?il a attrapé la grippe, ses anticorps n?ont pas pu réagir.

« Les parents sont trop jeunes, ils n?ont pas un encadrement suffisant de la part de leurs aînés. Ce drame aurait pu être évité si on leur avait dit comment alimenter leur fils », déplore un officier de police.

De son côté, le ministère de la Santé explique que l?enfant a été examiné dès son arrivée à l?hôpital, mais que malgré les soins prodigués, il a succombé. Le service de presse du ministère indique également qu?au niveau des urgences « il n?y pas de spécialiste? ».

Il fait ressortir que des conseils sont donnés régulièrement dans les dispensaires où les bébés sont vaccinés sur la nutrition des nourrissons. Sans compter les émissions à la radio et à la télé.

Mais Giovani, pêcheur au débarcadère de Latanier, et Christelle, femme-enfant, semblent n?avoir pas pris con-science de ces campagnes de presse.

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