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Wigan Athletic, la belle histoire
Wigan n’est pas deuxième de la Premier League par hasard. C’est ce qu’essayeront une nouvelle fois de prouver les Latics ce soir au moment de se déplacer à Portsmouth dans un match qui, toutefois, pourrait bien marquer, la fin d’un magnifique conte de fées.
Le néo-promu, qui a maintenant remporté ses huit derniers matches, toutes compétitions confondues, est conscient que le périple sudiste est plus délicat qu’il n’y paraît. D’abord, parce que les Pompeys, qui ont retrouvé leur appétit à Sunderland le week-end dernier sous la forme d’un cinglant 4-1, jouent bien mieux que ne l’indique leur décevante 14e place. Ensuite, parce que jouer avec le coeur ne suffit plus de nos jours et que les jambes des coéquipiers de Stéphan Henchoz se font de plus en plus lourdes.
Aussi, on l’a compris, ce rythme effrené qu’a adopté Wigan depuis l’ouverture de la saison ne pourra être maintenu beaucoup plus longtemps. On le sent, on le sait, on l’a déjà vu. Des épopées de ce genre, ça ne dure pas longtemps. Deux autres clubs dont les noms, curieuse coïncidence, commencent par W, avaient en leur temps, épaté toute l’Angleterre, avant que la hiérarchie ne se charge cruellement du reste.
Watford, avec John Barnes en attaque, était passé à deux doigts d’arracher le titre à Liverpool en 1983. Mais les dernières journées de la campagne avaient été épouvantables et, à l’arrivée, l’équipe, alors propriété du chanteur Elton John, s’était contentée de la deuxième place.
Wimbledon, en 1987, a longtemps joué les empêcheurs de tourner en rond avant de laisser les grosses cylindrées s’expliquer au final. Mais le Crazy Gang emmené par le quatuor Vinnie Jones, John Fashanu, Dennis Wise et Lawrie Sanchez avait, cette année-là, réussi l’exploit de soulever la FA Cup au terme d’une finale mémorable face à Liverpool à Wembley, 1-0.
Comme Wigan, ville de rugby par excellence, Wimbledon était alors plus connu pour son tennis que son football. Comme Wigan, le petit club londonien avait réussi l’exploit de gravir les échelons à un allure vertigineuse, passant de la quatrième à la première division en cinq ans.
Wigan ne se fait pas d’illusions. Le club de Paul Jewell ne sera ni champion d’Angleterre ni qualifié pour l’Europe au terme de sa première saison au plus haut niveau. Au JJB Stadium, on garde la tête bien sur les épaules, la priorité étant bien entendu le maintien.
A Portsmouth ce soir, les Latics, comme d’habitude, se battront farouchement pour ramener le meilleur résultat possible, et pourquoi pas une victoire, comme ils l’avaient fait face à Fulham le week-end précédent quand un brillant coup de tête de Pascal Chimbonda, dans les arrêts de jeu, leur avait offert une victoire arrachée avec les tripes.
Wigan est d’autant plus déterminé à grignoter le plus de points possibles qu’un calendrier démentiel l’attend d’ici les fêtes de Noël. A compter du 19 novembre, en effet, les blanc et bleu affronteront successivement Arsenal, Tottenham, Liverpool, Chelsea et Manchester United, soit les cinq grosses cylindrées de la Premier League. Et de cette série infernale dépendra bien évidemment le sort d’une équipe dont la présente générosité cache les limites d’un effectif qui oscille entre l’insouciance de ses jeunes pousses (Bullard, Conolly, Wright, Johansson, Lee) et les jambes bientôt usées de ses trentenaires expérimentés (Henchoz, Camara, Skoko, Roberts, De Zeeuw, Kavanagh).
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