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When you can?t beat Jugnauth, join him !

21 septembre 2008, 00:00

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Le contexte 2008 est différent de celui de 2005. Aujourd?hui, les rouges du PTr, les mauves du MMM et bien évidemment les oranges du MSM, bref le concentré politicien de Maurice (à l?exception notable d?Ashock Jugnauth et d?autres poids plumes de l?arène), tout le monde salue la reconduction de sir Anerood Jugnauth à la présidence.

Qu?est-ce qui a bien pu faire changer d?avis à Navin Ramgoolam. On se rappelle le discours au vitriol qu?il tenait contre sir Anerood, celui qui a fait tomber son père en 1982. D?ailleurs, Navin Ramgoolam voulait revenir au pouvoir pour « déboulonner » sir Anerood et « rendre le pouvoir au peuple ». Aujourd?hui, alors qu?il a tout le loisir de le renvoyer du Réduit, ne voilà-t-il pas qu?il le conserve comme chef de l?Etat !

Pourquoi ? Le public est en droit de savoir, de comprendre, puisqu?il ne s?agit pas là d?un de ces conseillers qu?on nomme ? et qu?on paie avec les sous du public contribuable ? mais quand même du président de notre République. Le récent sondage de « Business Magazine » est venu après la prise de décision et ne peut donc être brandi comme pièce justificative.

Posons donc quelques questions. Est-ce qu?il y a un déficit de femmes ou d?hommes qui pourraient succéder à sir Anerood Jugnauth à Maurice ? Est-ce que le bilan de sir Anerood est tel qu?il est devenu incontournable pour ce poste ? Est-ce que Ramgoolam a fait un pacte avec les Jugnauth pour partager les rênes du pouvoir du pays entre les deux familles, comme le feraient des dirigeants communistes d?une autre ère ?

Ce qui est désolant dans cette hégémonie politique, c?est que les principaux partis du pays, qui se trouvent pourtant dans l?opposition, ne trouvent rien à y redire. On peut comprendre que Pravind Jugnauth n?ira pas critiquer son père et que Paul Bérenger ne peut renier la personne qu?il avait lui-même placée au Réduit.

Mais au-delà du culte de la personnalité, il est grave que le MSM ne trouve rien d?anticonstitutionnel dans le réaménagement politique de Navin Ramgoolam pour régler le problème des vice-Premiers ministres, même s?il utilise son pouvoir politique pour contourner la Constitution.

Tout est dosage dans la politique. Et le dosage dépend du contexte. Navin Ramgoolam joue sur les plans ethnique et politicien aujourd?hui. D?abord avec un président de la République de la même communauté, de la même caste ? (les plus scientifiques du compartimentage de notre population feront remarquer que la sous-caste diffère toutefois !) ? que lui-même, Ramgoolam a eu fort à faire pour « calmer » les minorités : Beebeejaun conserve son titre mais son portefeuille semble être moins épais, d?où l?insatisfaction de certains milieux.

En donnant à Duval ce qu?il voulait, c?est-à-dire son titre de vice, et en remplaçant Sinatambou par Chaumière (et Chaumière par Sinatambou), Ramgoolam n?a toutefois pas pu plaire à tout le monde ! Shakeel Mohamed qui voulait un rôle dans le gouvernement aussi symbolique que son grand-père devrait patienter encore. Mais Jocelyn Grégoire et son équipe, qui menacent de faire renverser la vapeur ? en faveur du MMM que ce même Grégoire dénonçait hier ? ?, en ont marre d?attendre.

Il y a quelques années, Ramgoolam avouait qu?il en a marre des critères ethniques en politique. Il avait dit : « Li inconcevable ki phenomen ethno-castéiste relev so latet a chak fwa ki elecksyon koste ! »

Inconcevable en paroles mais incontournable dans les faits. Navin Ramgoolam, à chaque réunion du cabinet, est entouré par des ministres représentant d?abord leurs différentes communautés (musulmane, population générale, tamoule, télégoue, marathi, sino-mauricienne).

L?activité politique, c?est donner la chance aux meilleurs d??uvrer pour leur pays, indépendamment de leurs origines accidentelles de naissance (Sylvio Tang peut se considérer chanceux d?être le seul représentant de sa communauté ; sa place de ministre, peu importe où se situe son bureau, est garantie !), de leur apport financier pour « acheter » le poste ou le titre et de tout ce qui va avec?

Si hier Ramgoolam voulait se battre contre le système politique à Maurice, du moins il disait qu?il en avait marre du communalisme et citait le mahatma Gandhi et le professeur Ambedkar, aujourd?hui il est malheureux de constater qu?il en a marre de se battre contre ce système vicié. Mais pire, qu?il contribue à le faire perpétuer?

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