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Vreeti Reetoo : Première lauréate de Saint-Julien-d’hotman

17 février 2009, 20:00

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Vreeti Reetoo : Première lauréate de Saint-Julien-d’hotman

Elle aurait aimé faire un mastère en économie de l’environnement. Mais son choix dépendra de l’évolution du projet Maurice île durable. Elle formule même des propositions intéressantes pour assainir le pays, dont le triage des déchets en amont par des habitants et l’installation de poubelles de recyclage dans différentes parties de l’île.

Vreeti Reetoo, 18 ans, vient de graver son nom dans l’Histoire. La jeune fille, en effet, est la première lauréate issue du village de Saint-Julien-d’Hotman. Elle a décroché des A dans toutes ses matières, à savoir les mathématiques, l’économie et la comptabilité comme sujets principaux, et le français et l’épreuve de General Paper comme épreuves subsidiaires. Cette élève du Queen Elizabeth College (QEC) ne pouvait rater la bourse offerte par la Mauritius Commercial Bank Foundation qui permet à ses bénéficiaires de poursuivre des études au Royaume-Uni.

Fille unique, Vreeti attribue son succès à l’environnement familial dans lequel elle a grandi. «Mes parents n’ont jamais exercé de pressions sur moi, même à l’approche des examens. Ils m’ont laissée travailler à mon rythme».

«Une seule patrie»

Son père, Shekar, est employé à la Sécurité sociale alors que sa mère, Preeti, est enseignante au Mahatma Gandhi Institute. La lauréate a décidé de faire d’abord un BSc en économie. Elle promet de retourner au pays après ses études : «On n’a qu’une seule patrie.» Vreeti aimerait ensuite faire un mastère en économie de l’environnement. Le projet Maurice île durable l’intéresse beaucoup, mais elle voudrait voir comment le dossier évolue avant de prendre une décision finale. «On aurait dû encourager le tri des déchets en amont par tout le monde. L’installation de poubelles de recyclage dans différentes parties du pays motivera davantage la population», explique-t-elle.

La lauréate propose aussi une campagne de sensibilisation des membres du public pour résoudre au plus vite les problèmes environnementaux. Mais même si elle a des projets plein la tête, la jeune fille ne pense pas vraiment à son départ, pourtant pas si lointain : «Je suis encore sous le coup de l’émotion. Je ne songe pas encore à mon départ pour l’étranger.»

La réussite de Vreeti rejaillit particulièrement sur les générations de Reetoo qui ont habité Saint-Julien-d’Hotman depuis 150 ans. Ses grands-parents étaient des propriétaires terriens du village engagés dans la plantation de cannes à sucre. «Moi-même je suis très attachée à mon village. Aucune part ailleurs, vous ne verrez un mandir sur une colline», affirme-t-elle.
Vreeti a toujours fait partie des meilleurs élèves, et ce, dès l’école primaire. Classée 107e aux examens du Certificate of Primary Education (CPE), elle était sortie première à l’école Mohunparsad Ramburrun, à Saint-Julien-d’Hotman. Ecole qui n’est pas une star school, fait remarquer la lauréate.

Quand elle n’avait que 14 ans, Vreeti a représenté Maurice, à la Réunion, lors d’une compétition de dictée réservée aux îles de l’océan Indien. Elle a également déjà remporté un concours d’élocution organisé par la Rama Krishna Mission.

Une jeune femme engagée

Vreeti est un modèle pour les élèves de son ancienne école. Elle travaille depuis janvier sur un projet pour leur venir en aide. «Avec un groupe d’amis, j’envisage de mettre sur pied un club attaché à l’école. Nous attendons l’aval du ministère de l’Education pour aller de l’avant avec ce projet». Ce club, précise-t-elle, sera engagé dans la promotion d’activités éducatives, dont le développement de la lecture et des jeux de comptabilité pour aider les élèves en mathématiques.

«Je veux commencer avec les élèves de Standard II. Nous avons aussi un projet pour venir en aide aux recalés du CPE, explique-t-elle. Après mon départ, mes amis pourront prendre la relève.» De loisirs, la jeune fille ne s’en prive pas. Elle ne passe pourtant qu’une heure par jour devant la télé, sauf les jeudis lorsqu’elle regarde avec sa famille le long métrage en hindustani casanière, elle avoue qu’elle se sent bien dans le cocon familial. Par contre, Vreeti consacre beaucoup de temps à la lecture. Ses romanciers préférés sont ceux des 19e et 20e siècles, dont Amélie Nothomb et Elizabeth Gaskell.

Et malgré son emploi du temps très chargé, la lauréate a trouvé le temps de suivre des cours de musique vocale en hindustani au Mahatma Gandhi Institute. Elle a déjà complété le certificate course de trois ans. Les activités physiques ne sont pas en reste. Vreeti a pratiqué le karaté pendant trois ans.

Elle reconnaît que la violence est une dure réalité, mais elle est plus présente chez les garçons que chez les filles. «On inculque aux filles un comportement non agressif. Tel n’est pas le cas pour les garçons. Quand un garçon bat sa soeur, on trouve que c’est normal». La lauréate pratique également le yoga et joue chaque semaine au volley-ball au centre communautaire du village. Comment a-t-elle trouvé le temps de s’adonner à ses passions, avec tout ce qu’elle devait apprendre à l’école ? La jeune fille rappelle qu’on a deux ans pour se préparer aux examens de Higher School Certificate. «Ceux qui disent le contraire ont tort.»

(Photo : Marie-Noëlle Derby)

 

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