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Vous avez vu Owen ?
C?est le souvenir d?un ralenti télé qui restera à jamais gravé dans les mémoires. Ineffaçable, immortel. Comme béni des Dieux. Un but hors du temps, signé l?enfant prodige Michael Owen. C?était le 30 juin 1998, un soir de folie au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne, théâtre d?un sulfureux huitième de finale de Coupe du monde entre les ennemis de toujours, l?Argentine et l?Angleterre (2-2).
Et même si, ce soir-là, le onze de la Rose fut contraint de rentrer à la maison au terme d?une insupportable séance de tirs au but, même si, le lendemain, c?est David Beckham qui fit la une de tous les journaux anglais pour avoir pris un carton rouge lourd de conséquences, il n?avait échappé à personne que la star Michael Owen, 18 ans et 56 jours, venait de naître. Et il était écrit que son nom, désormais, allait faire peur à toutes les défenses du monde.
Six ans ont passé. Et, depuis, beaucoup d?eau a coulé sous les ponts. Owen n?est plus un enfant. Le fougueux petit bonhomme qui avait laissé ses empreintes sur la pelouse magique de Geoffroy-Guichard a cédé la place à un jeune homme mûr et averti, qui, heureusement, ne s?est pas laissé rattraper par la star-system, au contraire de son copain Beckham. Avec Owen, chaque geste, chaque mot, sont pesés, sous-pesés, réfléchis, pour le plus grand malheur de la presse anglaise.
Mais, sur le terrain, Owen n?est plus tout à fait Owen. Son compteur personnel s?est figé à 25 buts pour 58 sélections. Certes, puisque le talent ne se dilue jamais, il reste capable, à n?importe quel moment, de ce petit coup de génie, de cet éclair à même de changer la physionomie d?un match. Et, fort de cet acquis, il demeure, aujourd?hui encore, un des cadres de Liverpool et de la sélection d?Angleterre et devrait le demeurer pour encore un bon bout de temps. Seulement, voilà, un ressort s?est cassé, conséquence inévitable de ses blessures à répétition qui l?a longtemps tenu éloigné des pelouses de Premier League.
Après une saison en demi-teinte sous le maillot de Liverpool au cours de laquelle il n?a marqué que seize buts, deux fois moins que Thierry Henry, Owen avait espéré que le Portugal, aurait été, pour lui, la terre de sa renaissance, comme la France avait été, six ans plus tôt, celle de sa naissance.
<B>A l?ombre de Rooney</B>
Certes, la route vers le titre est encore longue. Et si l?Angleterre tient le choc jusqu?au bout, ce qui n?est pas à exclure, il restera, à Owen, encore quatre matches pour marquer les esprits.
Mais le temps presse. Contre la France, dimanche dernier, il n?a pas touché le ballon plus de dix fois, laissant à son jeune héritier Wayne Rooney, 18 ans et des poussières, le soin de provoquer d?abord le coup franc de la 36e minute ? but de Lampard de la tête ? et le penalty malheureusement loupé par Beckham, ou, si vous voulez, heureusement arrêté par Barthez, dépendant dans quel camp l?on se trouve.
Et contre la Suisse, jeudi, Owen n?a jamais paru en position de trouver le chemin de filets. Et c?est encore une fois l?étonnant Wayne Rooney qui s?est distingué à la faveur d?un très beau doublé. Les supporters de Liverpool n?ont, certes, pas manqué de faire remarquer que c?est sur une lumineuse ouverture d?Owen que l?attaquant d?Everton a ouvert son compteur personnel, mais, les spécialistes ne sont pas dupes et s?accordent tous à dire qu?il y a un problème Owen.
Lequel ? That?s the question. Croyez-nous sur parole, si on avait la possibilité, on aurait demandé à Gérard Houllier de répondre à celle-ci...
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