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Voitures : ça démarre lentement

26 juillet 2003, 20:00

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Même si ce n?est pas au quart de tour, la première est enclenchée. La reprise est accueillie avec satisfaction par les acteurs de l?industrie automobile.Et ceux qui carburent à l?essence sont encore plus enthousiastes?

Il n?y a pas eu de rush dans les showrooms depuis mercredi. Les nouveaux prix en vigueur ont néanmoins débloqué une industrie automobile paralysée depuis plus de deux mois. « ça commence à démarrer, mais très lentement. Même si les concessionnaires ont été déçus par le quantum de la baisse, ils font tout pour faire repartir leur commerce », déclare Mrinal Teelock, porte-parole de l?association des concessionnaires. Chez les vendeurs d?occasion, c?est le même rythme, à en croire Zaid Ameer, président de la Diva (Dealers in Imported Vehicles Association) : « Le public n?a pas encore assimilé les nombreux changements apportés par les nouvelles mesures. Par contre, ceux qui avaient réservé avant, ont pris possession de leur voiture, ce qui est un bon point. »

Pour vulgariser les nouveaux prix, les concessionnaires ont commencé à investir les pages des journaux. Le concessionnaire IMC a compris : après des semaines d?immobilisme, durant lesquelles les plus folles rumeurs ont couru, il convient aujourd?hui de rassurer et de convaincre : il n?y aura pas d?autres baisses pour l?instant.

Situation débloquée

« Avec les nouveaux prix, on a écoulé une quinzaine de véhicules. Ces clients-là avaient réservé mais attendaient les nouvelles mesures tant annoncées. Ils ne sont pas forcément satisfaits de la baisse, mais ils ne peuvent plus attendre », explique Steeve Ng, Sales Manager chez IMC.

Cette entreprise commercialise l?une des voitures les moins chères à Maurice, la Hyundai Atos, dont le prix est passé de Rs 415 000 à Rs 357 000. « Un couple était venu chez nous pour acheter pour la première fois de leur vie une voiture neuve. Il pensait que la Atos allait coûter moins de Rs 300 000, ce qui convenait à leur budget. Il est reparti déçu? C?est pourquoi la MVDA(Motor Venicles Dealers? Association) avait mené une campagne pour une baisse conséquente pour démocratiser les véhicules neufs. La baisse a débloqué une situation intenable. » Comme dit ce concessionnaire, « a little something is better than nothing ».

En revanche, tous ceux qui ont attendu n?ont pas eu forcément raison. Au lieu d?un « little something », ils couraient le risque de casquer. Les nouvelles mesures qui frappent les Jeep type vehicles les rendent plus chers. Par exemple, la Santa Fe, fraîchement lancée, passe de Rs 1 385 000 à Rs 1 635 000. Ce qui a provoqué une véritable onde de choc chez ceux qui avaient déjà réservé leur luxueux 4x4. Heureusement pour eux, le ministère des Finances, à la demande des revendeurs, a accepté d?être « flexible », le temps d?un moratoire, dont la durée sera décidée en concertation avec la MVDA et la Diva. Ainsi les véhicules déjà en stock seront vendus à leurs anciens prix, au grand soulagement des clients?

Au milieu de la morosité, jaillit un sourire de satisfaction. C?est celui de Corinne Sauzier, directrice des ventes chez International Dealership Company. Cette entreprise qui commercialise les luxueuses SAAB (de la même catégorie que les BMW, Mercedes, Audi) se frotte déjà les mains. « Nous vendons des voitures des voitures 2-litres essence. Et la mesure, qui vient corriger l?anomalie par rapport aux mêmes cylindrés version Diesel, nous place désormais sur le même pied que nos concurrents. Il était inconcevable qu?une voiture diesel se vende moins cher qu?une voiture à essence. Sur le plan écologique également, cette mesure est une bonne chose. » Corinne Sauzier confie qu?elle a eu trois confirmations de vente depuis mercredi. Chez elle, ça démarre relativement plus vite, un peu comme les voitures à essence sur celles qui carburent au Diesel. En revanche, le « Diesel Equivalent » est contesté par la Diva, qui commercialise beaucoup de voitures Diesel, surtout pour les chauffeurs de taxi.

D?ici quelques semaines, les clameurs automobiles vont se taire. Et chacun reprendra sa place dans le bruyant trafic, en attendant peut-être le prochain budget, encore un autre rêve pour beaucoup.

Pas de mariage MVDA-Diva

Les s?urs ennemies ne vont pas s?allier. L?appel lancé la semaine dernière par Zaid Ameer, président de l?association des revendeurs de voitures d?occasion a été repoussé, avec vigueur, par celle des concessionnaires. Pour Zaid Ameer, c?est dommage puisque sur plusieurs points, les deux associations auraient gagné en unissant leur voix.

Par exemple, toutes deux militent pour la révision à la baisse du tarif d?enregistrement qui frappe des chauffeurs de taxi (d?environ Rs 25 000 à Rs 80 000). D?année en année, MVDA et Diva se disputent le marché automobile. Les concessionnaires y ont laissé des plumes, passant de 71 % du marché à 43 %.

Les nouveaux prix ne sont pourtant pas susceptibles de renverser la vapeur, estiment les observateurs.

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