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Vivre pour les autres

28 juillet 2003, 20:00

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Soomowtee Bundhun, à 62 ans, fait partie de plus d?une dizaine d?associations. ?Mo finne commence faire travail social depuis quarante ans. Mo ène membre fondateur de l?Arya Mahila Samaj (l?aile féminine du mouvement) de Bon-Accueil?.

Soomowtee a déjà occupé le poste de présidente et de secrétaire du mouvement. Depuis 1964 à ce jour, elle a intégré plusieurs autres associations, dont la Community Development Association du village, le comité du centre social de Brisée-Verdière, le club des jeunes fermiers de Bon-Accueil et le National Women?s Council.

Soomowtee vient d?être reconduite à la présidence du comité régional des associations féminines de Moka-Flacq pour un cinquième mandat de deux ans. Au fil des années, elle a su gagner la confiance des membres par son dévouement non seulement pour son village, mais pour toute la région de Moka-Flacq. ?Cela fait onze ans que je suis à la tête du comité régional, qui regroupe 248 associations féminines. Mon village n?est pas suffisamment développé. A travers ce que nous faisons, nous essayons d?améliorer la situation?.

Les associations féminines dont fait partie Soomowtee collectent des vives et des vêtements pour les pauvres avec la collaboration du conseil de village et du centre social. A travers l?aile féminine de l?Arya Samaj, elle chapeaute un programme d?alphabétisation pour les personnes du troisième âge. ?Nous nous rendons régulièrement dans des hospices. Nous organisons des excursions, des déjeuners ou des pique-niques pour ces personnes?.

Mais Soomowtee ne se cantonne pas au travail social et à l?éducation. Elle ?uvre pour la promotion de la culture et des activités saines. ?Le mouvement donne des cours de musique aux habitants et, quel que soit leur âge, ils peuvent venir. Nous organisons aussi des cours de méditation et de yoga?.

Des causeries, animées par des psychologues, des médecins et des nutritionnistes sont régulièrement organisées pour sensibiliser les habitants sur un mode de vie plus sain. ?Mais il nous faut un plus grand soutien des Family Supporting Officiers pour organiser des séminaires sur plusieurs autres sujets?.

Enfance malheureuse

Première femme membre du centre communautaire de Bon-Accueil, elle attribue sa vocation sociale à son enfance malheureuse. ?Ma s?ur et moi nous habitions dans une maison en tôle, à Quatre- Bornes. Mes parents sont morts alors que j?avais cinq ans. Nous avons dû apprendre très tôt à nous débrouiller seules?.

Pour subsister, Somowtee élève des vaches et fait de la couture. Après son mariage, elle vient habiter dans une maison en chaume. ?C?était il y a 44 ans. Nous n?avions pas d?électricité ou de point d?eau. On s?éclairait à la lampe à pétrole?.

Ce n?est que 28 ans plus tard que le couple Bundhun fait construire une maison en dur. ?Cela a été une période difficile. C?est mon époux, aujourd?hui maître d?école en retraite, qui m?a poussée vers le travail social?.

A l?époque, il n?est pas facile pour Soomowtee de s?adonner au travail social. Elle est déjà mère de six enfants. ?Je me levais à trois heures du matin pour préparer à manger pour mon mari et mes enfants avant de m?occuper de mes associations. Mon mari m?a beaucoup aidée: sans lui je n?aurais pas réussi?.

Aujourd?hui, certains de ses enfants lui ont emboîté le pas dans le travail social. Avec l?aide des associations, Soomowtee initie aussi les femmes à des travaux d?artisanat et de couture, ce qui leur permet d?arrondir le budget familial.

On peut admirer dans son salon les magnifiques ouvrages qu?elle a réalisés. Elle fait de la peinture sur toile, des paniers en osier, des bouquets qu?elle vend. ?J?ai suivi des cours au centre social pendant trois ans pour apprendre à coudre et à broder?.

Soomowtee organise des expo-ventes pour permettre aux femmes au foyer de développer d?autres activités. Elle les encourage aussi à persévérer dans le social.

Soomowtee a été décorée plusieurs fois pour services sociaux rendus au pays. ?De nos jours il y a moins d?intérêt pour le travail social. Les jeunes ne s?y intéressent pas. C?est dommage?.

On sent chez elle le désir de préserver les valeurs de la société. ?La famille s?effrite. De nos jours, les femmes n?ont pas le temps de s?occuper d?elles-mêmes et leurs enfants sont livrés à eux-mêmes. Elles ne sont pas toujours à blâmer parce qu?elles doivent travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. C?est aux entreprises d?adapter les heures de travail à la vie de ces mères de famille. C?est fondamental pour la sauvegarde de certaines valeurs familiales?.

Depuis 1964, ce bout de femme a pour devise : ?Pour réussir à accomplir quelque chose dans la vie et parvenir à un résultat concret, il faut faire des sacrifices?. Avec elle, on apprend à vivre pour les autres.

Joanne PAUL

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