Publicité

Vishuene Vydelingum,gérer l’incertitude

6 septembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Son métier consiste à optimiser les ressources, prendre des risques, flairer le bon filon. Bref, gérer l’incertitude du futur, toucher l’impalpable. Lui, c’est Vishuene Vydelingum, trésorier à la Barclays. À 34 ans, il maîtrise les rouages de tous les marchés. Vendre des millions de dollars sur le marché mondial de devises et dessiner des stratégies, font partie de sa vie au quotidien.

La trésorerie de cette banque brille sur le plan régional. Elle a décroché la distinction de meilleure trésorerie de la Barclays de par sa rentabilité relative aux autres branches implantées en Afrique.

“La notion de trésorerie n’est pas très répandue. Auparavant, les gens étaient habitués au système d’achats et de ventes. Il n’y avait pas encore la notion de rentabiliser à travers les techniques de gestion de trésorerie”, explique le trésorier de la Barclays, qui est également président de la Financial Market Association of Mauritius. Et aujourd’hui, hormis les banques, même les grandes compagnies ont mis en place une trésorerie.

Sa formation le prédestine à ce poste. D’ailleurs, il le reconnaît. Avec le diplôme de spécialisation en banque et finances, Vishuene Vydelingum, à son retour, prend emploi à Asmo Securities en tant que courtier. Déjà l’élément de prise de risques s’immisce dans sa vie. Les opportunités d’emploi ne manquent pas. Et il se retrouve, sept mois plus tard, à mettre en place la trésorerie locale de la défunte BNPI. Avec la fusion des entités onshore et offshore, il est propulsé au poste de chef cambiste. Quand la Barclays rachète la BNPI locale en octobre 2002, Vishuene est responsable du département des liquidités avant d’être promu trésorier début 2005.

Ses fonctions, Vishuene Vydelingum en parle avec passion, une verve empreinte de dur labeur, de flair et de patience. Dans ce monde volatile, sa tâche consiste à optimiser les ressources financières de la banque. Mais l’accomplir comporte trois risques : le taux de change, le taux d’intérêt, et la disponibilité de liquidités pour les clients de la banque. Grâce aux décisions d’investissements au plan local et international, une bonne maîtrise d’assets & liabilities management, peut permettre d’augmenter la rentabilité de la banque par 30 % à 40 %. Le risque se doit d’être calculé, selon les stricts paramètres, même si la trésorerie est le seul département habilité à encaisser des pertes sur une vente.

Alors que les devises fluctuent conformément au marché mondial, le dollar reste sur une courbe ascendante sur le plan local. Réponse du trésorier : “Le billet vert ne se déprécie pas avec le prix du pétrole sur les dépenses étatiques dans l’approvisionnement de ces produits. Le prix du baril a quasiment doublé en une année. Cela entraîne une pression sur la roupie”, explique-t-il.

Un bon cambiste ne court pas les rues. La reconnaissance sur la place ne se mesure pas par les gains records sur une transaction mais sur la capacité à rebondir après avoir essuyé des pertes. Et Vishuene Vydelingum est certainement passé à travers de tels ouragans. À chacun sa technique. Lui, il analyse la performance passée. D’autres pas. L’essentiel est de mesurer le péril à prendre…

Parier est un risque. Dans ce métier où l’on ne peut faire long feu, le trésorier de la Barclays se dit gouverné par une devise.

Un dollar d’aujourd’hui vaut plus qu’un dollar de demain, résume l’incertitude liée au facteur temps.

Publicité