Publicité
Vingt-neuf écoles inutilisables
Le ministère de l?Education s?est retrouvé devant un dilemme hier. Le bulletin météo de 16 heures tendait à un temps plus clément tout en maintenant l?avis de pluies torrentielles. Dur, dur, dans ce cas de figure de prendre une décision...
Devant ces données incertaines, le ministère a jugé plus sage de ne pas trancher hier, mais de reporter sa décision à ce matin. Il a donc appelé les parents à être à l?écoute des radios à 6 heures ce matin pour écouter le communiqué émis par les autorités éducatives.
Mais quoi qu?il en soit, les portes de 29 écoles préprimaires, primaires et secondaires resteront fermées aujourd?hui, et cela même si les autres établissements ouvrent. Les pluies torrentielles de ces derniers jours les ont rendues inutilisables. De ces 29 établissements, onze sont des écoles préprimaires, douze des écoles primaires et six des collèges.
Profitant de l?accalmie relative d?hier après-midi, Vasant Bunwaree, revêtu de son nouveau costume de ministre de l?Education, a fait une petite tournée des écoles. A la Labourdonnais Government School, située sur le flanc de la Montagne-des-Signaux à Port-Louis, le ministre a constaté l?étendue des dégâts. L?eau dévalant de la montagne a pénétré l?enceinte de l?école, transformée en piscine à ciel ouvert pour l?occasion.
Vasant Bunwaree s?est ensuite arrêté à l?école Père Laval, à Ste-Croix? Ce qui était un petit imprévu, puisqu?il devait en fait se rendre au collège Père Laval, situé quelques mètres plus loin. Après une toute petite ronde, et une fois la méprise constatée, le petit cortège s?est rendu à la bonne adresse. Au collège Père Laval, c?est le même constat qu?à l?école du gouvernement Labourdonnais : la cour de récré est sous les eaux.
Autre point commun entre les écoles : les problèmes résultent de facteurs extérieurs à l?établissement. Dans plusieurs de ces établissements, «ce sont des problèmes infrastructurels situés en dehors des écoles qui les rendent inutilisables». Le ministre Bunwaree penche pour la mise sur pied d?un comité interministériel pour éviter ce genre de problèmes, dans la mesure du possible, à l?avenir.
Autre constat : sur les six collèges fermés, quatre appartiennent à l?Etat. Alors que les établissements secondaires privés sont au nombre de 105, seuls deux d?entre eux sont inopérationnels. Des collèges d?Etat, qui sont 69 au total, quatre sont provisoirement hors service.
Le troisième trimestre étant un moment crucial pour les étudiants, Vasant Bunwaree tient à rassurer. «Tout sera fait pour rattraper les journées perdues. Et même s?il faut ajouter une journée de classe ou des heures supplémentaires, on le fera, avec l?accord de tous les partenaires de l?éducation bien sûr.»
A priori, le consentement semble déjà acquis. Narendranath Gopee, président de la Government Secondary School Teachers? Union (GSSTU), affirme que ses membres sont partants pour «rembourser ces deux jours-là». Il souhaite la tenue de consultations avec le ministère «afin de voir quelle formule est la plus appropriée».
<B>Patrick HILBERT</B>
DEGATS
<B>Quand l?eau fait des siennes </B>
■ Deux jours sans discontinuer. Quarante-huit heures d?affilée à pomper l?eau des pluies qui a envahi la cour de la «Bel-Air State Secondary School» (SSS). Mais rien à faire : le niveau ne diminue pas. Il en sera ainsi tant qu?il pleuvra et aussi longtemps que la construction d?un mur de soutènement ne sera pas finie.
A Bel Air, hier, avec quatre à huit pouces d?eau stagnante, la cour intérieure de l?école ressemblait à une piscine. Selon la direction, il est impossible d?y accueillir les collégiens avant lundi. Fort heureusement, l?eau n?a pas pénétré dans les salles de classe.
Même constat à la «Rajcoomar-Gujadhur State Secondary School», à Flacq, où mercredi, «ça allait encore». Mais l?école étant située dans un bas-fond, l?eau s?est suffisamment accumulée. pour compromettre le retour des élèves avant quelques jours.
«C?est difficile, voire impossible d?ouvrir l?établissement aux élèves, explique Bhanudeo Naga, car tant que la pluie ne s?arrête pas, les pompiers ne pourront pomper l?eau.» Il n?en revient pas que son collège soit sous les eaux en plein mois de septembre. «Nous avions pris des mesures préventives mais on ne s?attendait pas à des inondations à cette période de l?année.»
Après les inondations de mars, Bhanudeo Naga avait fait déplacer la bibliothèque qui se trouvait jusqu?alors au rez-de-chaussée. 75% de pertes, cela fait réfléchir et, surtout, agir.
A la «Labourdonnais Governement School», à Port-Louis, agir devient plus complexe lorsque l?eau qui descend de la montagne stagne dans les drains de la cour de l?école?
Valérie OLLA</B>
SANTE
<B>Risques accrus de maladies</B>
Attention aux recrudescences de gastroentérite. Un pédiatre met aussi en garde contre la conjonctivite virale et le chikungunya dont les vecteurs sont les moustiques. Il y aura une évaluation, après trois semaines, pour en dénombrer la population et décider s?il y a nécessité d?utiliser le «spraying» pour leur éradication. Il faut évacuer l?eau accumulée sur le toit des maisons. Il est conseillé de faire bouillir l?eau pendant au moins quinze minutes et de laver abondamment les fruits et légumes avant d?en consommer. De même, rincez-vous les mains au savon avant de faire la cuisine, de manger et de s?occuper des bébés.
SECURITE
<B>Intervention musclée de la police</B>
Que donne une équipe de génie au travail ? Des hommes impressionnants par leur taille, camouflés en uniformes kaki et coiffés d?une casquette aux emblèmes de la Special Mobile Force (SMF) mais surtout munis d?énormes tronçonneuses, de cordes. Les hommes du génie étaient à l??uvre, hier, à Anse-Jonchée dans le sud de l?île.
Le major (assistant surintendant de police) de la SMF, Rémy Nicole, responsable de la région du sud, surveille d?un regard critique. «Retirez ce gros tronc en premier, hissez-le avec les cordes.». Ho hisse, ho hisse, et hop, le tronc est hors de l?eau.
Place maintenant à la tronçonneuse. Deux officiers, munis de gants, saisissent les deux extrémités du tronc. En deux temps, trois mouvements, il est tranché en deux dans un bruit assourdissant.
Que faire de ces morceaux qui jonchent la route ? Entre la JCB, une machine, l?air effrayant, qui va tout déblayer, explique le major Nicole. Elle a, plusieurs fois aidé lorsque les rivières étaient en crue et lors des grosses marées.
Du radier de Macondé jusqu?à Grande-Rivière-Sud-Est et dès 6 heures, le major Nicole a déployé plusieurs équipes sur les routes qui pourraient être inondées.
Une équipe de la SMF est sur la brèche au radier. «Depuis 12 h 45, nous avons des pluies intermittentes, précise le major, mais il faut veiller à ce que rien ne bloque le passage sous le pont.»
Justement il y a quelque chose qui vient entraver le passage. Les officiers du Groupe d?intervention de la police mauricienne, en gilet de sauvetage et munis de cordes, s?affairent à enlever l?obstacle. Ce dernier leur donne du fil à retordre mais ils s?obstinent.
Un dernier effort et hop ! Surprise : le morceau de caoutchouc s?avère être une énorme roue de? camion.
<B>Anushka MOOTIA</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents