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Victime des planteurs de « gandia » ?
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Victime des planteurs de « gandia » ?
Des chaises entassées les unes sur les autres sous un prélart vert dans la cour. Au domicile des Seetul, route Bassin, à Quatre- Bornes, la radio ne joue plus. Un silence pesant plane. Le deuil s?est installé dans cette famille qui a perdu tragiquement l?un des siens.
Vêtue d?un churidar bleu, une jeune femme nous reçoit sur le palier de sa porte. Celle-ci n?est autre que Kavita, la fille de Sooroojlall Seetul, un laboureur de 63 ans qui a été tué sur son lieu de travail le 16 janvier. Cet ex-employé de Médine Sugar Estate avait été embauché il y a trois ans par un habitant de Palma, propriétaire d?un champ de cannes.
Les yeux rougis et cernés, la jeune femme nous confie qu?elle est toujours sous le choc. « Je n?arrive pas à comprendre pourquoi on a tué mon père. Ki fer dimounn pe vinn move koum sa ? », se demande-t-elle. Elle nous raconte que son père avait quitté le domicile familiale à 5 h 45 pour se rendre sur son lieu de travail. Le sexagénaire, en enfourchant sa vieille bicyclette Ph?nix noire à l?aube de ce lundi fatidique, ne se doutait pas qu?il avait rendez-vous avec la mort.
Une pierre avec des traces de sang
En constatant que Soroojlall n?est toujours pas rentré, son fils, Anil Seetul se rend chez l?employeur de son père, un prénommé Sanden. Ce dernier et son fils accompagnent alors Anil sur les lieux du drame. Il est environ 16 h 30 lorsqu?ils découvrent le corps de Sooroojlall, gisant inerte dans un bois au pied de la colline à Montagne St-Pierre.
La victime, vêtue d?une chemise blanche à rayures noires et d?un pantalon marron, porte une blessure au niveau de la tête. Une pierre avec des traces de sang est retrouvée à côté de lui. Détail poignant : dans un ultime geste, Sooroojlall s?est agrippé à une branche.
Contacté au téléphone, Anil raconte le cours des événements : « Nou finn pran enn taxi nous finn al dans karo. Letan ariv laba, mo finn trouve bisiklet mo papa. So manze ti ankor parey. C?est le fils du propriétaire qui a été le premier à découvrir le corps », nous dit-il, la gorge nouée. « Li finn krie moi. Quand mo finn koste kot mo papa mo finn touss li. So lekor ti deza vinn red. Mo finn kompran qui li finn mor depi enn bon bout letan. »
La Criminal Investigation Division (CID) de Bambous est alertée. Une équipe du Soco arrive quelques minutes plus tard sur les lieux pour recueillir des indices. Selon les enquêteurs, la victime aurait été traînée de force par son ou ses agresseurs dans un bois situé vis-à-vis des champs de canne.
« Nous avons retrouvé sa montre et sa pioche dans les champs où il travaillait. Nous avons aussi découvert qu?il y avait des traces de lutte. La victime a été agressée à la mi-journée car son déjeuner et sa bouteille d?eau étaient restés intacts. Nous pensons que son ou ses agresseurs étaient très robustes », affirme un enquêteur.
En cherchant des indices, la police découvre 25 plants de gandia à 200 mètres du lieu où gisait le corps du sexagénaire. Les enquêteurs se demandent si la victime n?aurait pas été victime des cultivateurs de gandia.
Selon eux, Sooroojlall aurait découvert le pot-aux-roses. Les choses auraient pris une tournure dramatique. Deux personnes ont été interrogées mercredi. Il s?agit de l?employeur et de son fils. À l?heure ou nous mettions sous presse, un suspect était interrogé par la CID de Bambous vendredi dans le cadre de cette affaire.
N.A.
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