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Vice-présidence : l?opposition conteste la nomination d?Angidi Chettiar

24 août 2007, 00:00

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Le Mouvement militant mauricien (MMM) et le Mouvement socialiste militant (MSM) ne voient pas d?un bon ?il la nomination, cet après-midi, d?Angidi Chettiar au poste de vice-président de la République. Et si les deux partis comptent bien exprimer leurs réserves, ce n?est pas tout à fait de la même manière.

En effet, les Mauves ont décidé que leurs dix députés ne se rendraient pas à l?Assemblée nationale où le Premier ministre présentera la motion pour la nomination d?Angidi Chettiar à la vice-présidence. Dans une déclaration à l?express, hier, le leader du parti, Paul Bérenger a expliqué que le MMM était déjà ?mal à l?aise? par rapport à cette nomination mais que des déclarations plus récentes du vice-président désigné le ?révoltent?.

Et le leader du MMM d?expliquer qu?Angidi Chettiar, a tenu des propos ?de nature partisane? récemment, ce qui ?dévalorise l?institution qu?est la vice-présidence et qui aurait dû rester au-dessus de la politique?. Angidi Chettiar, dit Paul Bérenger, aurait parlé de ?mon parti, mon gouvernement?. Le MMM estime également qu?une nomination à ce poste doit se faire ?dans le consensus et la solennité? et que c?est une personnalité en dehors de toute polémique qui aurait dû être proposée.

?L?absence du PTr au Parlement lors de la présentation de la motion pour nommer sir Anerood Jugnauth comme président en 2003 n?est également pas étrangère aux réserves qu?exprime aujourd?hui le MSM.?

Le MMM reproche aussi à Angidi Chettiar une série de ?bêtises? qu?il aurait commises antérieurement. En particulier, ce parti n?a pas digéré l?épisode de 2002 quand il avait allégué que le Prevention of Terrorism Act (PoTA) visait une communauté particulière. De plus, le vice-président désigné aurait commis, dans le passé, d?autres ?bourdes? qui avaient incité Rama Valayden à utiliser ?des épithètes insultantes à son égard?.

<B>Le MSM présent ?under protest?</B>

Le leader du MMM a parlé au Premier ministre de ses inquiétudes concernant cette nomination. ?To pou collecte banne conneries ene derrière l?autre?, a-t-il prévenu. Durant la conversation, il a suggéré le nom d?Ariranga Pillay, un ancien chef juge qui a assuré l?intérim au poste de président à plusieurs reprises.

L?état-major du MSM a pour sa part pris la décision d?être présent, mais under protest et de poser une Private Notice Question (PNQ), dont le thème, toutefois, n?avait pas encore été défini hier soir. ?Nous y allons pour deux choses. Premièrement, la motion est présentée par le Premier ministre et deuxièmement, cette nomination concerne un poste constitutionnel?, déclare Nando Bodha, leader de l?opposition. ?C?est le devoir du MSM d?être présent?, continue-t-il.

En revanche, le MSM est loin de cautionner cette nomination, principalement pour trois raisons. Celles-ci rejoignent d?ailleurs les arguments avancés par le MMM. ?Dans une déclaration récente, Angidi Chettiar a dit que le gouvernement MSM-MMM avait voté le PoTA contre une communauté. Ces propos-là sont inacceptables d?autant plus que le Parti travailliste n?a pas amendé cette loi et l?a même utilisée contre des manifestants récemment?, explique Nando Bodha. En février 2002, Angidi Chettiar avait démissionné du poste de vice-président après son refus de donner son assentiment à ce texte de loi. Raouf Bundhun lui succéda le 8 mars.

Une autre déclaration d?Angidi Chettiar cette semaine a mis le MSM en rogne. ?Il a dit qu?il souhaitait devenir président alors qu?il y en a déjà un en poste. C?est inélégant de sa part?, estime le leader de l?opposition.

L?absence du Parti travailliste du Parlement lors de la présentation de la motion pour nommer sir Anerood Jugnauth comme président en 2003 n?est également pas étrangère aux réserves qu?exprime aujourd?hui le MSM.

Angidi Chettiar, 79 ans, devrait demeurer dans le fauteuil de vice-président de la République jusqu?en 2012, sauf cas de force majeur. Quant à Raouf Bundhun, il quitte ses fonctions avec ?le sentiment du devoir accompli?.

PARCOURS

<B>Un deuxième mandat de vice-président</B>

■ Membre du Parti travailliste depuis 57 ans, Angidi Veeriah Chettiar a été nommé président d?honneur de son parti en mars 2006. Il y a également occupé le poste de trésorier pendant 24 ans et a été ministre de Rodrigues et de l?aviation civile de 1980 à 1982. Du 1er juillet 1997 à février 2002, il a occupé le poste de vice-président de la République. Il a démissionné suite à son refus de donner son assentiment au Prevention of Corruption Act et Raouf Bundhun lui avait alors succédé le 8 mars. Le mandat de ce dernier est arrivé à terme le 7 mars dernier.

RÉACTION

<B>Le PM ne voit pas ?le sens de l?argument?</B>

Le Premier ministre ne veut clairement pas polémiquer avec l?opposition sur la nomination d?Angidi Chettiar. En ce qui concerne les critiques du MMM, Navin Ramgoolam dit qu?il ne voit ?pas le sens de l?argument. Mais que voulez-vous, les gens sont libres de faire leur choix et d?avoir leurs propres arguments.? Concernant les critiques du MSM sur l?absence du Parti travailliste au Parlement le jour de la nomination de Sir Anerood Jugnauth, Ramgoolam affirme qu?il faut ?se rappeler du contexte dans lequel notre décision a été prise?. Le ton toujours très raisonnable, Navin Ramgoolam fait un appel pour que ?nou get devan, pa derier?.

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