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Vers une nouvelle épreuve de force en Ukraine ?

5 avril 2007, 00:00

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Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, pris depuis des mois dans une confrontation avec le Parlement et le Premier ministre, a annoncé récemment avoir signé le décret de dissolution du Parlement et ordonné la tenue d’élections législatives anticipées le mois prochain.

Mais le Parlement, contrôlé par la coalition du Premier ministre Viktor Ianoukovitch, a adopté en session d’urgence une résolution proclamant que ce décret présidentiel “port(ait) tous les signes d’un pas franchi en direction d’un coup d’Etat” et interdisant au Premier ministre de débloquer les fonds nécessaires au financement de la campagne électorale.

Deux ans et demi après les manifestations monstres de la “révolution orange”, cet affrontement porte peut-être en germes la possibilité d’un nouveau bras de fer dans l’ex-République soviétique. Une réunion d’urgence du conseil des ministres a été convoquée en fin de soirée. Iouchtchenko, qui s’exprimait en direct à la télévision, a expliqué qu’il était de “son devoir” de dissoudre l’assemblée.

Il a accusé la coalition majoritaire au Parlement d’agir de manière anticonstitutionnelle en persuadant des élus de l’opposition de rejoindre ses rangs. “J’ai signé aujourd’hui un décret de dissolution du Parlement. J’ai pris cette décision conformément à la Constitution”, a dit Iouchtchenko. “La nécessité cruciale de préserver l’Etat, sa souveraineté et son intégrité territoriale a précipité ma décision”, a-t-il ajouté. Le décret diffusé sur le site de la présidence précise que les élections législatives auront lieu le 27 mai.

“Tout acte du président ukrainien entraînant la suspension des activités parlementaires est illégal et contraire à la constitution”, a réagi le vice-Premier ministre, Dmitro Tabachnik. Elu à la présidence après la “révolution orange” de 2004, mais minoritaire au Parlement, Iouchtchenko a dû se résoudre en août 2006 à nommer au poste de Premier ministre Viktor Ianoukovitch, celui-là même qu’il avait affronté dans les urnes.

Aux élections législatives de l’année dernière, la coalition de Ianoukovitch a remporté 239 des 450 sièges. Des défections enregistrées depuis lors dans les rangs des partisans de la “révolution orange” ont porté depuis lors sa majorité à près de 260 députés.

Avec 300 députés, soit les deux tiers de l’assemblée, Ianoukovitch serait en mesure de passer outre un veto présidentiel sur un projet de loi et d’imposer des modifications constitutionnelles sans l’accord du chef de l’Etat. Certains observateurs redoutaient lundi soir que chaque camp mobilise ses partisans dans la rue, avec un risque d’affrontements.

Plusieurs dizaines de milliers de partisans de l’opposante Ioulia Timochenko, qui fut Premier ministre après la “révolution orange”, ont manifesté ce week-end pour réclamer la dissolution.

Dans les sondages, le Parti des régions de Ianoukovitch est donné en tête des intentions de vote devant le bloc parlementaire de Timochenko. Notre Ukraine, le parti du président, arrive en troisième position.

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