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Vers une loi sur la location de parasols

15 mars 2007, 00:00

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La location de parasols et de transats sur les plages publiques se termine par une agression... Et le ministère des Administrations régionales planche sur une nouvelle loi pour contrôler ce commerce.

Le problème a surgi depuis le 6 mars, avec des bagarres entre opérateurs de transats et de parasols sur la plage de Péreybère. Et lundi soir, une dispute s?est aggravée avec l?agression de Ahmed Hussein Deebeely. Ce dernier serait le seul à avoir le droit d?y louer transats et parasols.

Paul Pouzet Meunier et Patricia Sophie, ont, eux, eu des démêlés avec la justice car ils opèrent sans autorisation à Péreybère. A la suite de plaintes reçues, la Beach Authority (BA) n?a pas renouvelé son permis. Paul Pouzet Meunier a déposé une Judicial Review de la décision de la BA car il estime avoir payé plusieurs mois à l?avance.

A la demande de la BA, le juge Keshoe Parsad Matadeen a émis en référé un ordre d?injonction contre eux, hier. Cet ordre restera en vigueur jusqu?au 27 mars 2007, date à laquelle ils devront s?expliquer.

Si tant de questions se posent autour de ces opérateurs, c?est probablement parce qu?il n?existe pas de permis pour la location de transats et de parasols. Selon des sources du ministère des Administrations régionales, dont dépend la BA, le permis obtenu jusqu?ici par les opérateurs n?est autre qu?un ?beach hawker?s permit ?, le même délivré aux vendeurs de fast-foods ou de fruits. La nouvelle régulation devrait ainsi apporter des précisions quant à l?heure à laquelle le détenteur du permis peut exercer ou encore la superficie sur laquelle il peut installer ses transats.

C?est le ?Hawker?s Permit?, permis qui n?a pas été renouvelé dans le cas de Patricia Sophie et Paul Pouzet Meunier. Dinanath Sungkoora de la BA explique que ces derniers étaient détenteurs d?un permis délivré par la Tourism Authority. ?Ils avaient un permis pour des activités nautiques comme le pédalo délivré par la Tourism Authority. Au moment de faire leur demande de permis auprès de la BA, ils n?ont pas prévenu qu?ils avaient ce permis. Quand nous l?avons su, nous leur avons donné un permis temporaire mais nous avons décidé de ne pas le renouveler. C?est à partir de là que les choses se sont compliquées.?

?Rs 24 500 pour un permis?

Patricia Sophie affirme de son côté qu?il y a un flou autour de la délivrance des permis. Elle travaille depuis 1999 sur cette plage. ?Au début, j?obtenais mon permis auprès du District Council contre la somme de Rs 15 000 par an. Ensuite, c?était auprès du ministère du Tourisme contre la somme de Rs 24 500. Il n?y avait pas de permis spécifique pour le transat mais je pensais que vu la somme que je payais, cela englobait le tout.?

Quand la BA l?informe que son permis ne l?autorise pas à louer des transats, elle fait une demande et obtient un permis au mois de juillet. ?Je payais Rs 2 500 par mois pour 15 chaises et 15 parasols.?

Mais son permis ne sera pas renouvelé tout comme celui de son collègue, Paul Pouzet Meunier. C?est Ahmed Hussein Deebeely, le troisième opérateur, qui est reconnu comme détenteur de permis par la BA.

Patricia Sophie s?insurge contre ce fait arguant que son collègue et elle ?travaillent sur cette plage depuis plusieurs années?. Le permis n?est même pas à son nom, affirme-t-elle. Un fait qu?Ahmed Hussein Deebeely confirme.

Du côté de la Tourism Authority, son président, Muslim Bhatoo, explique que tout ce qui se passe sur les plages publiques n?est pas de leur ressort. ?Ce qui nous importe, c?est la qualité du service offert aux touristes. Nous prenons le temps d?étudier des dossiers afin de délivrer des permis. Je pense qu?à la Beach Authority, cela se fait selon des règles.?

Mais alors que les autorités planchent sur une solution autour du flou sur l?obtention des permis, les touristes de Péreybère ont eu droit, eux, à un aspect peu reluisant de notre île?

Pouspam RAMSAMY

Quand les parasols se font de l?ombre

■ Du confort pour les touristes jusqu?à 17-18 heures. Au paradis du ?Sea, sun and sand?, tout se paye. Le transat est à louer entre Rs 300 à Rs 500 la journée. Avec un supplément (pouvant aller jusqu?à Rs 100) pour une ?grande? bouteille d?eau.

L?équipe de loueurs de transat est composée de quatre personnes ? de l?homme mûr à l?ado à peine pubère ? qui se tiennent devant le panneau qui propose chaises longues et parasols. Une femme fait aussi partie de l?ensemble : elle tient la caisse.

Blancs, verts et bleus, à Mon Choisy, les couleurs des parasols indiquent le changement de ?propriétaire?. Il y a ceux qui répondent sèchement, réticents. Préférant détourner la conversation vers les parties de pêche qu?ils peuvent organiser pour nous. Du côté de Péreybère, jeudi, plusieurs officiers de la force régulière étaient eux sur place. Sans doute pour que le turquoise ne vire pas au bleu tempête. Les espaces semblent bien délimités. Les loueurs, placés à plusieurs mètres les uns des autres, ne se côtoient pas.

Frédéric, qui a fait le voyage de Dunkerque, résume la situation. ?Je crois que vous n?êtes pas à plaindre. Partout dans le monde il y a des loueurs de transat et ils en mettent deux fois plus dans le même espace. Ici, c?est encore vivable.? Pourtant lui, ne louerait une chaise pour rien au monde. ?Si vous voulez, c?est comme aller à la mer et emporter son téléviseur. La plage, faut en profiter, faut avoir les pieds dedans, le nez dedans. Si c?est pour être comme à la maison, non merci.?

Jayen, enseignant dans une école primaire de la capitale, regarde les parasols d?un mauvais ?il. ?A la longue, qu?est-ce que cela veut dire. Que la plage est morcelée ? Partagée en deux. Les touristes devant, les Mauriciens derrière. Comment voulez-vous ne pas vous sentir un peu étranger dans votre pays ?? Une question que nombre de Mauriciens n?ont pas manqué de se poser?

Aline GRÖEME

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