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Vers une clarification
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
La clarification est en marche. Les événements attendus cette semaine doivent mener à des arbitrages sur le modèle économique à appliquer. Le Premier ministre sera forcé à trancher dans le vif sous peine de perdre le plus précieux de ses collaborateurs, Rama Sithanen.
Si le ministre des Finances a été contraint à offrir sa démission, c?est parce qu?il en avait assez d?un chef de gouvernement qui se met en retrait alors qu?un différend oppose deux tendances au sein de sa majorité. Comme le choix de Rundheersing Bheenick est une indication que le Premier ministre favorise une orientation économique aux dépens d?une autre, Rama Sithanen en a tiré la conséquence.
En présentant, dans un premier temps, sa lettre au vice-Premier ministre Rashid Beebeejaun, le ministre des Finances n?a fait qu?utiliser un procédé habituel dans les démocraties qui nous servent de référence. C?est un moyen de forcer un choix clair. Il oblige le Premier ministre à énoncer une politique lisible.
Si Navin Ramgoolam veut que son ministre des Finances reste à son poste, il devra donner un soutien sans équivoque à la politique libérale de Rama Sithanen et vouer aux gémonies ceux qui, au sein de son parti, défendent l?interventionnisme. Si, au contraire, le Premier ministre reste ambigu, Rama Sithanen n?aura pas de choix. Désavoué, il devra remettre sa lettre de démission au président. Dans cette éventualité, son acte aura au moins servi à révéler l?idéologie dont se nourrit le PTr.
La démarche de Rama Sithanen pousse le Premier ministre à expliciter sa position. Cela permettra à la population de savoir quelle sera la politique économique pour les trois années à venir. Si cette politique est compatible avec ses convictions, Rama Sithanen restera. Au cas contraire, l?aile radicale du PTr, représentée par James Burty David, Etienne Sinatambou, Rajesh Jeetah, Asraf Dulull et Nita Deerpalsing, entre autres, sera renforcée et Rama Sithanen devra partir. Son départ aura l?avantage d?assurer une plus grande homogénéité parmi les travaillistes.
Rama Sithanen nous entraîne dans un processus utile. Cependant, depuis jeudi dernier, il est soumis aux feux croisés de milieux divers, dont certains bien intentionnés. Il apparaît aux uns comme un esprit flottant qui ne sait pas ce qu?il veut, aux autres comme un comédien qui a cherché à médiatiser ses péripéties. Ces deux perceptions ne correspondent pas à la réalité. Il y a eu, tout simplement, une mauvaise communication de la part de Rama Sithanen.
Ce spécialiste reconnu des questions économiques n?est assurément pas un professionnel de la rhétorique politique. Il manie mal l?outil du marketing politique. Voilà un homme qui depuis deux ans a le sentiment d?être trahi par les siens, a fait part de son mécontentement, ne veut pas jouer les boucs émissaires, mais se fait traiter de comédien quand il envisage de démissionner.
Autant il sait jongler avec les chiffres, autant il a un choix de vocabulaire maladroit en politique. La semaine dernière, il a voulu tout simplement dire qu?on ne lui laisse pas les coudées franches pour la poursuite de ses orientations économiques.
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