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Vers un bras de fer vidéoclubs-gouvernement
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Vers un bras de fer vidéoclubs-gouvernement
Les quelque 400 vidéoclubs qui avaient fermé leurs portes depuis lundi ont rouvert hier. L?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu), qui mène depuis le début de ce mois une campagne agressive de saisie de copies des films pirates que louent ces vidéoclubs, n?a procédé à aucune saisie hier, déclare Preet Ramsurn, porte-parole de l?Audio Video Licensee Association (Avla).
Cette réouverture n?est cependant pas signe de dénouement. Car les vidéoclubs attendent aujourd?hui une réponse du gouvernement concernant une demande de moratoire et d?aide logistique et financière. ?En cas de réponse négative, on envisage la fermeture définitive des vidéoclubs et le licenciement d?environ 1 200 personnes?, a déclaré hier Preet Ramsurn.
Les vidéoclubs, présents dans tous les coins du pays, sont entrés dans les m?urs mauriciennes depuis vingt ans avec la location ou la vente de films indiens, européens et américains sur VCD ainsi que des CD audio. Rarement sur DVD, car la grosse majorité de la clientèle de ces vidéoclubs ne possède qu?un lecteur VCD bon marché.
La location coûte entre Rs 25 et Rs 50, dépendant des films et des régions dans lesquelles opèrent les vidéoclubs. Aujourd?hui, seuls les films indiens loués sur support VCD sont des originaux, achetés des représentants et distributeurs exclusifs de studios et maisons de production de la Grande Péninsule.
Les films américains et européens sont tous des copies pirates que l?Adsu a saisies par milliers depuis le début de l?année. Et c?est sans compter les films à caractère pornographique et des CD audio pirates que certains vidéoclubs vendaient pour se faire un peu plus d?argent.
Après les campagnes agressives de la Mauritius Society of Authors (Masa) et de l?Adsu contre la location de copies pirates de films européens et américains, l?Avla a demandé un moratoire de deux ans au ministère des Arts et de la Culture pour remplacer les copies pirates par des originaux. Mais d?ores et déjà des voix se font entendre contre cette idée de moratoire, la raison principale étant que le gouvernement mauricien ne détient aucun droit sur ces films américains et européens. ?Même si un moratoire est accordé, les vidéoclubs peuvent être traînés en cour par d?éventuels représentants mauriciens auxquels les studios américains ou européens auraient accordés des powers of attorney?, explique-t-on à la Masa.
L?autre solution pour empêcher la fermeture de ces vidéoclubs serait de les amener à louer des originaux de films américains et européens. ?Un original de ces types de films sur DVD coûte entre Rs 800 et Rs 1 200. Il nous faut une dizaine d?exemplaires par film pour travailler. Soit Rs 12 000. A quel prix on louera alors ? D?autant plus que la clientèle sera alors limitée, car la plupart de nos clients n?ont qu?un lecteur VCD?, réplique Preet Ramsurn.
<I>?Les films américains et européens sont tous des copies pirates que l?Adsu a saisies par milliers depuis le début del?année. Et c?est sans compter les films à caractère pornographique et des CD audio pirates que certains vidéo clubs vendaient pour se faire un peu plus d?argent.?</I >
Deeda, propriétaire de trois vidéoclubs à Maurice et d?un autre en Hollande, tient cependant un autre langage. ?Je prends l?engagement d?approvisionner les vidéoclubs en originaux américains et européens à 10 euros (Rs 350 environ)?, affirme-t-il. Il a été contacté par la Masa qui, avec le ministère de la Culture, cherche une solution au problème des vidéoclubs.
Mais même si la solution de Deeda est acceptée, sa mise en ?uvre poserait toujours problème. Les originaux sont vendus pour des projections privées et les vidéoclubs seront toujours dans l?illégalité en les louant. ?On ne peut louer un film, même un original, si on n?achète pas les droits de location sur ce film?, déclarait hier Sanjeev Ghurburrun, conseiller légal de la Masa.
Sunil Gopee, représentant et distributeur exclusif d?une demi-douzaine de studios et maisons de production, affirme qu?il importe et vend, de Rs 130 à Rs 150 l?exemplaire, des originaux de films produits par les maisons qu?il représente. Et il dit ne pas réclamer des droits de location aux vidéoclubs. ?Cela viendra après, quand la Masa et le gouvernement auront mis de l?ordre dans le secteur?, dit-il.
Pour les films indiens, le droit de location pourrait tourner autour d?une centaine de roupies ou d?un pourcentage sur chaque location. Qu?en sera-t-il pour les films européens ou américains ? Personne ne peut le dire. Et l?avenir des vidéoclubs paraît sombre.
Les studios américains qui commencent à remettre des powers of attorney à des représentants mauriciens pourraient provoquer une autre affaire du type Ralph Lauren sous peu. Déjà, certains hôtels ont été pris dans les filets.
SAISIES DE FILMS
<B>Derrière les récents raids?</B>
■ Les vidéoclubs du pays louent des films pirates depuis bientôt 20 ans. Subitement, depuis ce mois, c?est la répression. Et on s?interroge. D?autant plus que les propriétaires, détenteurs des films européens et américains pirates qui ont été saisis, seront très probablement acquittés. ?Sans un représentant du détenteur des droits d?auteurs de ces films à Maurice, le procès va tomber ?, affirme Zakir Mohamed, avocat des propriétaires de vidéoclubs. Mais Gérard Louise, directeur de la Mauritius Society of Authors, affirme, lui, que son organisme agit par anticipation. Car les studios américains ont commencé à désigner des représentants qui ont des ?powers of attorney? pour agir contre la diffusion de films dans les hôtels. Quatre rapports ont d?ailleurs été déposés, accusant Maurice de piratage. D?abord en 2003, Richard Landerman, coordinateur régional pour l?Afrique de l?International Federation of Phonic Industries, en faisait état. En 2004, Eric Baptiste de la Fédération Internationale des sociétés d?auteurs compositeurs de Paris dresse un autre constat accablant. Dans la même année, T-Series, une multinationale indienne, fait entendre sa voix. Et l?année dernière, c?est Neema Nyrere, de l?Organisation mondiale de la propriété intellectuelle qui vient rappeler la situation grave du piratage à Maurice. Trop c?est trop. Et les autorités cherchent aujourd?hui à effacer la mauvaise réputation de Maurice en tant que paradis du piratage.
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