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Vente à la barre : Les dernières heures d?un cruel système ?
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Vente à la barre : Les dernières heures d?un cruel système ?
La réponse à cette question, sir Victor Glover ne l?a pas. Mais il sait déjà ce qu?il recommandera fin novembre. Il appartiendra alors au gouvernement de prendre la mesure de la gravité des dysfonctionnements mis au jour ces derniers mois par la commission d?enquête.
« Nous avons une idée précise des suggestions que nous allons faire. » Sir Victor Glover, président de la commission d?enquête sur la vente à la barre, a les idées claires. Ceux qui se disent victimes de prêteurs, d?avoués et de banques n?ont maintenant plus qu?à attendre.
La commission d?enquête chargée de faire la lumière sur les failles du système de vente à la barre, qui permettrait des malversations, a achevé ses travaux. Les 22 au 23 octobre, le président et ses deux assesseurs, Yuvraj Thacoor et Denis Vellien, seront à Rodrigues pour en recueillir d?autres. Ils publieront leurs conclusions au plus tard fin novembre.
Selon Sir Victor, les témoignages recueillis jusqu?ici « justifient définitivement » l?institution d?une telle commission. Il estime qu?une révision du système actuel de la vente à la barre se révèle incontournable.
Les banquiers ont sollicité le droit de déposer devant la commission. C?est l?inexactitude de faits évoqués au cours des dépositions sur le rôle des banques lorsqu?une procédure de vente à la barre est enclenchée, qui a incité la Bankers Association à cette demande, explique son président, Jacques de Navacelle.
« Une banque fera tout pour éviter le recours à une vente à la barre. Elle essaiera de trouver toutes les solutions possibles pour aider le client à s?acquitter de ses dettes », dit-il.
Plus de 200 personnes ont porté leur détresse devant la commission. « Je me nourris de pain rassis, des fois. J?ai vécu sept années de souffrance. Ils m?ont tout pris même mon four », pleurait Christiane Rousseau de Mont Roches, alors que Rajcoomaree Sham de Goodlands affirmait avoir été contrainte d?hypothéquer son terrain pour un emprunt de Rs 100 000, une somme qu?elle n?aurait jamais touchée.
Cris de désespoir et cris de colère. De la Law Society et des avoués dont le nom et le sens du devoir ont été mis en cause. L?avoué Oosman Abbassakoor, notamment, rétorquera avec vigueur. « Had I been given the opportunity to cross examine the person deponing against me before the Commission, I would have finished his evidence in two minutes. » Alors même que la profession était égratignée, deux avoués se faisaient arrêter pour traffic d?influence par l?Independent Commission against Corruption (Icac).
Cette réaction des avoués en a suscité d?autres. Harish Boodhoo, celui-là même qui avait réclamé l?institution d?une telle commission, n?a pas apprécié que la commission permette à la Law Society et à certains avoués « d?humilier » des témoins. « Il n?est pas impossible que certains témoignages aient été exagérés. Cependant, il est inconcevable que les quelque 200 personnes qui ont témoigné devant la Commission aient inventé des histoires. »
Lors d?une conférence de presse vendredi, il a soutenu que la confiance qu?il avait dans la commission dès le début de ses travaux s?est érodée, il y a une quinzaine de jours. Ses récriminations sont entre autres, le refus de la commission de le convoquer, l?absence de représentant du parquet pour assister les témoins, le refus du chef du gouvernement d?inclure dans les attributions de la commission l?examen de témoignages de victimes de la vente by licitation, la réticence de la commission à faire usage de certaines de ses prérogatives dont l?obligation aux avoués de soumettre leurs carnets de versement bancaire.
Si les conclusions du rapport ne donnent pas satisfaction aux victimes de la vente à la barre, Harish Boodhoo promet de descendre dans la rue. L?initiative de cette commission aura fait plus de mal aux victimes si ses recommandations pourrissent dans un tiroir.
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