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Vagues de boue
Midi, hier, deux plongeurs de la Special Mobile Force (SMF) sont dans l?eau, à La Flora. Immergés dans la Rivière-du-Poste, ils tentent de déboucher une pompe. Normalement, cette pompe envoie l?eau de la rivière à la station d?épuration de la région. A cause du mauvais temps, un des appareils était obstrué par des débris. «On n?a pas les compétences pour faire ce travail», explique un employé de la station d?épuration de Rivière-du-Poste. L?ultime recours est de faire appel à la SMF. Dans l?eau boueuse de la rivière, retenus par des cordes, les militaires travaillaient d?arrache-pied. Hier, à travers toute l?île, les forces de l?ordre étaient sollicitées pour venir en aide à la population.
Dans le sud de l?île, rivières en crues et routes inondées ont posé problème aux habitants et aux autorités. Cependant, malgré une élévation conséquente de leur niveau, aucun débordement majeur n?était à déplorer pour les cours d?eau. Et ce, même si les régions du Morne et de Rivière-Noire ont été particulièrement touchées. Plusieurs familles ont dû évacuer leurs maisons, devenues inhabitables en raison des inondations. La police a même dû faire appel à des renforts.
<B>Une tranchée pour évacuer l?eau</B>
Autre conséquence des fortes pluies : d?importantes coulées de boue. Entraînée dans les rivières par les pluies torrentielles, la boue a vite fait de rendre l?eau opaque et marron. Conséquemment, l?embouchure des rivières dans le Sud donnait hier lieu à un spectacle unique. A Rivière-des-Galets, la mer était boueuse. Descendant des hauteurs de Chamarel, la boue a littéralement pris le dessus sur l?eau de mer. Ce spectacle était visible sur toute la côte sud de l?île. A Gris-Gris, les vagues étaient plus fortes que jamais. Heureusement, personne ne s?est aventuré sur la plage, ou dans l?eau.
«Pa kapav pase !» lance un jeune homme, debout sur le toit de sa maison. Il vit à Bel-Ombre. Dans ce village, une tranchée est censée évacuer l?eau de pluie, afin d?épargner les habitations. Hier à 13 heures, la tranchée était submergée, de même que les jardins qui la bordent. Debout sur sa maison, le jeune homme explique que deux maisons sont totalement inaccessibles à cause de l?eau. Devant la sienne, en guise de pont, une échelle de fortune est posée à travers la tranchée. Cette voie d?accès aménagée ne permet toutefois d?atteindre qu?une maison. Les autres habitants voulant rentrer chez eux doivent de ce fait passer directement dans le canal, à moins de trouver, eux aussi, un pont improvisé.
Florina, la trentaine, tente de rejoindre la maison de sa mère, à St-Martin, Bel-Ombre. La jeune femme, accompagnée de son fils, vient de Trèfles, à Rose-Hill. Avec son pantalon blanc et ses souliers à talons, il va sans dire qu?elle n?était pas préparée à affronter les pluies torrentielles d?hier. Pour arriver à destination, Florina et son fils doivent marcher dans une rue totalement inondée. Une voie d?évacuation d?eau, bouchée, a refoulé sur l?asphalte tout l?excès d?eau boueuse, qui descend ensuite vers la mer. Dans cette région, ce n?est pas la seule route inondée.
<B>«Enn gro ros dan kanal pe anpes delo ale»</B>
«Ena enn gro ros dan kanal ki pe anpes delo ale», explique, de son côté, Hiswarlall Munsoo. Il vit depuis de longues années au village de Baie-du-Cap, juste après Bel-Ombre, et déplore que les canaux ne soient pas en meilleur état. Selon lui, c?est un énorme rocher dans le canal d?évacuation qui refoule l?eau sur la route. Cette eau boueuse descend en fait de Rivière-des-Créoles, en direction du village de Baie-du-Cap. C?est ce que nous explique Lauren, qui tient une tabagie dans cette localité. Elle craint pour la sécurité des plus jeunes, qui peuvent être facilement emportés par les flots. En face de son commerce, un homme travaille frénétiquement sous une pluie battante pour écoper son bateau.
«Bizin retourne !» lance un policier, revenant du radier de Macondé. Avec la montée de la marée, vers 13 h 30, les policiers ont décidé de quitter les lieux. Depuis hier matin déjà, ils avaient fermé l?accès à la route, même si certains automobilistes ont tout de même forcé le passage. A 14 heures, les policiers battent en retraite. Le radier de Macondé sous les eaux, la route qui y mène est presque impraticable et les policiers risquent d?être bloqués sur place. Ils mettent alors en place un nouveau barrage, plus haut sur la route, juste après le viewpoint de Baie-du-Cap. Dans le sud de l?île, les pluies torrentielles ont fait des dégâts hier, mais ce sont surtout les routes qui ont été affectées par les eaux.
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