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Véronique Marisson crie à l?injustice

6 février 2006, 20:00

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Ce jeudi à 15 heures, une compétition de sélection se tiendra au stade Maryse-Justin à Réduit pour choisir les handisportifs mauriciens qui participeront aux Jeux du Commonwealth. Quatre tickets sont disponibles pour la compétition d?athlétisme qui se tiendra du 15 au 26 mars à Melbourne en Australie.

?Mais il leur faudra réaliser les minima imposés par le Mauritius National Paralympic Committee?, soutient le nouveau président de cette instance, Navind Gooly.

Véronique Marisson, présélectionnée pour les Jeux du Commonwealth dans la course du 100m dame pour les infirmes moteur cérébral (T38) se dit lésée. ?Les minima que doivent réaliser les trois handicapés physiques dans chaque épreuve ne se valent pas?, lance la médaillée de bronze aux derniers Jeux des îles en 800m fauteuil.

Trois épreuves sont proposées aux handicapés physiques. Nicolas Arthur a été présélectionné pour le 200m hommes pour les athlètes classé T46 (NdlR : amputé). Le minima est de 31 secondes. En 800m fauteuil, on retrouve Salatchee Murday (T54). Le minima qu?elle devra réaliser est de 3:45. Quant à Véronique Marisson, elle devra réaliser un chrono de 20 secondes pour partir à Melbourne.

Tentative d?éviction

Le quatrième sélectionné, Richard Souci, participera au 200m mal-voyants.

?Dans mon cas, la marge entre le record du monde et le minima est bien faible. Le record est de 13.94 alors que le minima est de 20.00. C?est également le cas pour le 200m masculin (T46) où le minima est à 31.00 alors que le record du monde est à 21.83. Cependant, pour le 800m fauteuil, la présélectionnée a une plus grosse marge. Le record est à 1:48 et le minima est fixé à 3:45. C?est le double du record?, s?indigne Véronique Marisson.

La jeune fille soutient qu?il y a une politique de deux poids deux mesures. ?Je ne me bats pour le voyage, comme le soutiennent certains, mais pour plus de justice. Je pense qu?il serait plus juste d?être aussi exigeant pour le 800m fauteuil que pour les deux autres épreuves?, lance Véronique Marisson.

Pour le Comité national olympique mauricien (CNOM), de tels minima ont été établis pour rendre l?équipe plus compétitive. Cette reponsabilité a été confiée au Mauritius National Paralympic Committee (MNPC). Les techniciens du MNPC, Jean-Marie Bhugeerathee et Thiar Ponamballum, ont monté un dossier. ?Nous avions communiqué les meilleures performance des athlètes internationaux durant l?année 2005 ainsi que les meilleurs temps de nos présélectionnés. Les membres du MNPC ont, alors, pris la décision finale des minima dans chaque catégorie.?

Quels sont les critères que le MNPC a établis pour instituer ces minima ? Le président de la MNPC ne veut pas se prononcer. ?Je ne peux pas répondre. Les membres du MNPC et les techniciens se réunissent demain (NdlR : aujourd?hui). Ce n?est qu?après cette réunion que je pourrai communiquer à ce sujet?, lance-t-il.

Lors de la réunion, Navind Gooly transmettra à ses membres, Reynolds Permal, Prakash Gumani et Marlène Minerve, la lettre de protestation de Véronique Marisson. Cependant, Navind Gooly affirme que cette réunion ne devra en rien changer les minima déjà établis. ?Je vais simplement les informer de la situation?, lance-t-il.

Pour Véronique Marisson, on essaie de l?évincer. ?Au début, on a essayé de mettre en doute mon éligibilité pour participer à cette épreuve. À un certain moment, on m?a dit qu?étant classée en T35, je ne pouvais faire la course en T38. J?ai dû me battre et obtenir une lettre signée par le président de l?International Paralympic Committee (IPC), Chris Cohen, pour garder ma place dans la présélection?, soutient l?athlète.

Déterminée à ne pas se laisser faire, Véronique Marisson a, également, informé le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sylvio Tang, de la situation.

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