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Union libre,l?autre option

22 mars 2008, 20:00

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Et ils se marièrent et eurent beaucoup d?enfants?. L?épilogue classique des histoires d?amour qui ont inspiré bon nombre d?auteurs de contes de fée, a pris un coup de vieux ! Aujourd?hui, nous sommes catapultés vers la formule :

Et ils vécurent ensemble? et la suite, vous la connaissez sans doute. L?union libre est de plus en plus popularisée dans le monde.

En France, par exemple, on délivre même aux partenaires un certificat de concubinage. Dans d?autres pays, des milliers de couples cohabitent sans pour autant être mariés. Qu?est-ce qui a vulgarisé l?union libre ?

« En Occident, cette pratique a pris un essor considérable. Certains événements ont propulsé le concubinage en Europe dans les années 60. Par exemple, les relations sexuelles avant le mariage ne sont plus taboues. Et puis, pour certains, ils veulent éviter la corvée administrative et religieuse qui vont de pair avec le mariage », constate Chandra Rungasawmi, sociologue. Selon lui, l?évolution a également contribué à booster l?union libre. Il évoque donc l?indépendance économique de la femme qui travaille, qui est moins encline à faire des enfants et peut jouir d?une vie sexuelle plus active, à égalité avec l?homme, grâce aux contraceptifs.

Qu?en est-il chez nous ? Selon le recensement réalisé par le Bureau central des statistiques, en l?an 2000, on dénombre 16 213 Mauriciens vivant en concubinage, alors que le nombre de mariages civils était de 17 664 et ceux célébrés religieusement de 35 888. Bien qu?il n?y ait pas eu d?autres études détaillées à ce sujet, l?union libre devient une possibilité pour les couples souhaitant se mettre en ménage, sans avoir à se passer la corde au cou.

<B>Pas sans Anicroches</B>

Un argument percutant, plébiscité par les défenseurs de l?union libre, se révèle déterminant : celui du test-drive avant le mariage. « Avec Randhir, nous voulions nous marier, mais nous avions peur de franchir le pas, car au fond, nous ne savons pas comment l?autre a été élevé dans sa famille, ni comment il vit et agit au quotidien. Donc, le concubinage était tout indiqué », explique Nazlee, 32 ans, qui vit en concubinage depuis cinq ans. Un argument que Simon Wong, qui encadre des fiancés en préparation au mariage, tente d?expliquer : « Les concubins pensent que cela permet de savoir s?ils sont compatibles et s?adaptent en vie commune sans être mariés. »

Mais ce n?est pas sans anicroches ! Nazlee s?est vue rejeter par sa famille en choisissant le concubinage. « Les tabous persistent autour du concubinage. Les parents sont ancrés dans les traditions et pensent qu?il faut se marier pour vivre ensemble, mais tout cela est révolu », déclare-t-elle.

Cependant, certains parents, grands détracteurs du concubinage, ne voient pas cette méthode d?un bon ?il. « Il faut considérer les conséquences, car que se passe-t-il si cela ne marche pas ? Et s?ils ont des enfants et que le concubinage se solde par une rupture. J?ai été marié et je souhaite que mes enfants le soient aussi. C?est perpétuer la tradition et les valeurs familiales », indique Robert, père de famille.

Pour le sociologue, si l?union libre débouche sur le mariage, il n?y a pas d?inconvénients, mais cela peut devenir un mal de société quand le concubin est libre d?en sortir, alors que le mariage requiert le devoir d?y rester.

« Les jeunes ont l?impression que le mariage tue l?amour et que cela perd de son attrait, mais c?est une fausse perception », souligne Simon Wong.

Dans certains couples, les concubins sont libres de leurs actes et ne font guère de promesse d?engagement : « Le concubinage comporte des risques. Cela peut être un engagement temporaire et être dénué de sérieux dans certains cas. Plusieurs aiment les choses faciles sans se soucier de l?avenir», dit Vidya Charan, de la Mauritius Family Planning Association. Est-ce que l?union libre viendra remplacer le mariage ? À en croire les statistiques, les mariages augmentent avec 12 286 en 2007 contre 11 262 en 2006. Toutefois, l?union libre demeure une option à étudier pour certains couples.

<B>Témoignages</B>

<B>Grégory et Émilie</B>

« Vivre ensemble nous a permis de nous rapprocher et de moins nous disputer », confie Émilie, 24 ans, en souriant. Cela fait un mois qu?elle vit avec Grégory, son copain. « Nous sortions ensemble depuis quatre ans et lorsque mon petit-ami a décidé de louer un appartement pour y vivre, on a discuté et décidé de le faire à deux. Nous voulions prendre notre temps », explique-t-elle. Toutefois, bien que le projet de vivre ensemble fût bien entamé, la recherche d?un appartement fut très ardue ! Car les propriétaires hésitent à entériner la location à un couple qui n?est pas marié. « Hélas, c?est tabou ! Mais bon, nous n?avons pas baissé les bras et nous avons fini par en trouver un. Le concubinage est une bonne étape pour mieux connaître l?autre, apprendre à vivre avec, surtout en prévision d?un mariage », ajoute Émilie.

Et pour apprendre, elle a appris? à s?habituer aux petites manies de l?autre et aussi à faire des petites concessions pour une bonne relation de couple.

<B>Steeve et Corinne</B>

Ils ont voulu prendre leur temps pour mieux se découvrir. Steeve et Corinne vivent en union libre depuis quatre ans. « Quand nous sommes sortis ensemble, nous ne voulions pas nous presser, car nous devions chacun régler nos divorces respectifs. Cela n?a pas été trop difficile de vivre ensemble, car on se connaissait déjà depuis une dizaine d?années. On n?a donc pas eu de difficultés à nous adapter », déclarent les deux concubins. Toutefois, certaines petites habitudes se sont dissipées pour le bien-être de l?union libre. « Auparavant, je sortais souvent avec mes amis. On avait des soirées bien arrosées quelquefois, mais après j?ai changé pour notre couple », confie Steeve. Par contre, l?union libre a permis de multiplier les activités communes, comme la cuisine, la vaisselle et même le paiement du ticket d?autobus pour se rendre au travail. « C?est mieux de vivre ensemble avant, au lieu de se marier tout de suite, car on a ainsi le temps de s?adapter à l?autre et à sa façon de vivre », ajoutent-ils.

<B>Et les enfants dans tout ça ?</B>

Quels sont les droits des conjoints qui vivent en concubinage ? Priscilla Balgobin-Bhoyrul, avocate, nous donne quelques éléments de réponse.

● <B>Quel nom portera l?enfant issu d?un concubinage ? </B>

L?enfant naturel acquiert le nom patronymique de celui de ses deux parents à l?égard de qui sa filiation est établie. Par exemple, s?il est déclaré par la mère, il portera le patronyme de cette dernière et si c?est le père qui le déclare, il portera son patronyme. Si les deux parents vivant en concubinage le déclarent, il portera le nom du père.

Si le couple se sépare, est-ce que la femme peut réclamer une pension alimentaire pour elle et pour l?enfant ? La femme peut réclamer une pension alimentaire pour l?enfant. Par contre, si par exemple, elle ne travaille pas, elle ne pourra pas en réclamer pour sa personne.

Qui peut réclamer la garde de l?enfant en cas de rupture? </B>

Sur l?enfant naturel (né hors mariage), l?autorité parentale est exercée par celui des père et mère qui l?ont volontairement reconnu. Si les père et mère qui ont, l?un et l?autre, volontairement reconnu l?enfant naturel, mènent une vie commune et logent dans une même résidence, l?autorité parentale est exercée conjointement par les deux. Si les pères et mère qui ont, l?un et l?autre volontairement reconnu l?enfant naturel, ne logent pas dans la même résidence, l?autorité parentale est exercée par celui d?entre eux avec qui l?enfant vit habituellement, sauf le droit de visite de l?autre.

En cas de contestation, notamment à la suite de la séparation des père et mère, la Cour suprême, à la demande du père ou de la mère statue sur la garde de l?enfant naturel, en tenant compte exclusivement de l?avantage et de l?intérêt de celui-ci, et peut donc confier la garde de celui-ci à un autre parent ou à une tierce personne ayant accepté cette charge.

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