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Union européenne : Les aides se font attendre
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Union européenne : Les aides se font attendre
La réponse de Rama Sithanen, le ministre des Finances, est enrobée d?une bonne dose de diplomatie et de tact. Quand on lui demande si Maurice s?impatiente face à la lenteur de l?Union européenne à débourser des aides, il admet volontiers « qu?il y a beaucoup de bureaucratie » et « qu?on aurait aimé que les aides soient décaissées plus vite ».
Il y a effectivement là de quoi être un peu impatient. Le programme de réforme économique que Maurice a mis en place est largement soutenu par des organisations et bailleurs de fonds internationaux. L?Union européenne (UE), la Banque mondiale (BM), la Banque européenne d?investissement (BEI) ou encore l?Agence française de développement (AFD) sont dans le peloton de tête.
C?est d?ailleurs ce que confirme Rama Sithanen. « Notre plan de réforme a déjà été approuvé par ces institutions. » Il faut dire que la feuille de route tracée par Maurice a le mérite d?être claire. En effet, les engagements contenus dans la Multi-annual adaptation strategy (pour le secteur sucre) et le Country Strategic Plan (sur la transition économique du pays en général) sont limpides. Les délais pour la mise en pratique des réformes sont précisés et leurs coûts chiffrés. « Les engagements que Maurice a pris dans ces deux documents sont clairs et ambitieux. L?UE ne peut qu?être attentive à ce type de démarche », affirme Claudia Wiedey, le chef de la délégation de l?UE à Maurice.
Oui, mais l?Europe peut bien être attentive, sans toutefois mettre la main à la poche rapidement. Ainsi, la mission de constat qu?a dépêchée la BEI à Maurice, fin janvier, est repartie en suggérant au gouvernement de donner quelques preuves tangibles de sa volonté d?accélérer les réformes dans le secteur de la canne, en votant rapidement un Sugar Efficiency Act.
Ces fameuses mesures d?accompagnement
Ce dernier régira le secteur de la canne à Maurice pendant les difficiles années de la réforme, alors le secteur encaissera une baisse de l?ordre de 36 % du prix garanti du sucre mauricien en Europe. Sans oublier la question de la production d?énergie à partir des sous-produits de la canne. Selon Rama Sithanen, toutefois, la loi devrait être votée à la reprise parlementaire le 23 mars.
Ce vote devrait amener la BEI à rouvrir les vannes des aides, une fois qu?elle aura obtenu les garanties qu?elle recherche. Les derniers projets d?envergure sur lesquels la BEI avait apporté un coup de pouce concernent la deuxième phase du Container Terminal du Port, à hauteur de ? 14 millions (Rs 600 millions) et un projet de la CWA pour lutter contre la non-revenue water, pour ? 20 millions (Rs 880 millions).
Mais il n?y a pas que la BEI, il existe aussi ces fameuses mesures d?accompagnement que l?UE doit verser à Maurice pour l?aider à réformer son industrie sucrière. Des 6,5 millions d?euros en 2006, on passera à 11 millions (Rs 480 millions) en 2007. Un montant qui est loin de satisfaire Maurice qui milite activement pour que l?UE revoie la part octroyée à Maurice à la hausse. Ce qui est acquis, toutefois, c?est que l?Europe épaulera l?État mauricien pour surmonter les coûts sociaux liés à la restructuration de l?industrie sucrière. « L?UE s?engagera résolument aux côtés de l?État mauricien pour financer une partie des coûts sociaux », réaffirme Claudia Wiedey.
Elle poursuit en expliquant que dans le cadre du 10e Fonds européen de développement, qui s?étend de 2008 à 2013, Maurice devrait bénéficier d?aides substantielles et de tranches incitatives additionnelles, du fait de sa bonne performance au niveau de la gouvernance, tant économique que politique.
Mais en attendant l?aide européenne, le pays compte également sur d?autres partenaires. Dans ce contexte, le soutien de la France, partenaire économique majeur du pays, est toujours recherché.
Et on a d?ailleurs fini par le voir fin 2006, quand l?Agence française de développement, faisant son retour au pays, a promis l?équivalent de Rs 1 milliard sous forme de soutien budgétaire pouvant être déboursé avant fin 2007
Convaincre le Conseil des gouverneurs
Ailleurs, Maurice s?active sur le dossier de l?aide au commerce. Aussi bien à l?Or-ganisation mondiale du commerce (OMC) qu?à l?UE, le principe de l?octroi d?aides aux pays en développement passe pour être acquis. Restent les modalités d?octroi. À ce chapitre, Maurice a pu, lors des négociations internationales, amener les bailleurs de fonds à privilégier un mode d?attribution qui prend en compte les indicateurs de performance économiques et politiques des pays bénéficiaires. Autant dire une assurance qui permettra, le moment venu, à des pays comme Maurice, assidûment engagés dans des plans de réforme économique et d?assainissement des finances publiques, à bénéficier de volumes d?aides au commerce supplémentaires.
Et les fonds qui vont être levés au titre de l?aide au commerce sont colossaux. Ainsi l?UE s?est engagée à contribuer l?équivalent de 2 milliards d?euros à l?aide au commerce pour les pays en développement. Pour qu?il n?y ait pas de flottement au moment des débours, Maurice va jusqu?à suggérer les modalités pour le faire. Car une petite indécision règne en effet à ce sujet. Alors que l?OMC et l?UE se sont mises d?accord sur les principes généraux, aucune d?entre elles n?a encore arrêté son choix sur le mode d?administration de ces fonds.
Maurice compte participer à ce débat. Ainsi, à la réunion de la Banque africaine de développement en mai à Shanghai, les représentants du pays vont suggérer que les fonds d?aide au commerce soient administrés et déboursés à travers les institutions comme la BAD. « Ces institutions ont le mérite de travailler déjà avec les pays en développement. Ils connaissent le terrain. Ils ont une expérience avec ces pays qu?on doit aider. Ce serait une initiative qui permettrait que les aides soient déboursées plus rapidement », pense Rama Sithanen.
Restent à convaincre le Con-seil des gouverneurs de la BAD et les autres bailleurs de fonds que l?idée de Maurice est bonne?
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