Publicité

Une école de la vie

31 juillet 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Je me dois de réagir à l?article intitulé Fusion promise, Fusion due, publié dans l?édition culture du lundi 24 juillet.

D?abord, l?article débute en faisant référence à moi en tant qu??Elle?, chose que je trouve déplacée. Ensuite, l?article enchaîne : ?Elle nous avait dit ?pas de tutu?. Pourtant (?)?. Je vous rassure, j?ai tenu ma promesse. Il n?y avait aucun tutu dans mes tableaux ! Ce que mes danseuses ont porté dans le tableau classique d?ouverture de la première partie du spectacle, ce ne sont pas des tutus, mais ce que nous appelons des ?jupes de Sylphides?, qui sont traditionnellement portées dans de grands ballets tels Les Sylphides.

Ensuite, je souhaite réagir à la remarque : ?C?est que les garçons manquent cruellement dès qu?il s?agit de chausser des pointes?. Premièrement je voudrais apporter éclairage un en ce qui concerne le ballet classique. Les danseurs classiques ne portent pas de chaussons de pointe, (cet item étant réserve en général pour les danseuses classiques). Mes danseurs n?ont donc pas évolué dans les chaussons de pointe.

Deuxièmement par rapport à la remarque : ?les garçons manquent cruellement?, je tiens à préciser que Claud-Paul Henry, dont on ignore pas le prestige, a été impressionné par la prestation de mes trois danseurs.

Que mes chorégraphies, ma mise en scène, mes costumes, ou mon choix de musique, ne soient pas appréciés, c?est le droit et le devoir d?un journaliste. Ce dernier a le droit de se faire une opinion et je la respecte et je suis assez réaliste pour accepter des critiques. Mais ce que je déplore, c?est la manière dont on fait référence au physique de mes jeunes danseuses. Ces belles jeunes filles mineures en pleine croissance ont dansé avec sincérité et dévouement en tant qu?élèves danseuses. Elles ne méritent pas nullement de telles remarques.

L?école de danse n?est pas une simple école de danse, mais une école de la vie où ces jeunes danseurs se côtoient et apprennent à se respecter, à travailler ensemble, à acquérir de la discipline, des manières, l?estime de soi et encore. Souvent des jeunes filles viennent à l?école de danse avec un manque de confiance, introverties et mal dans leur peau. À travers la danse, qui est la beauté de l?expression du corps et de l?âme, ces jeunes filles s?épanouissent.

Vivant dans une société où ces jeunes filles à l?âge fragile de l?adolescence sont si conscientes de leur physique, elles pourraient devenir la proie de l?anorexie et de la boulimie, ce qui serait pénible. Voudront-elles se remettre sur scène sachant qu?une journaliste les critiquera non pas pour leur prestation, mais pour leur physique ? Comment promouvoir alors sereinement la danse parmi les jeunes à Maurice si on détruit leur estime de soi ?

Je voudrais terminer en disant que je suis très fière de tous mes danseurs et les remercie de s?être consacrés à ces trois soirs de spectacle.

Teresa DAVID RAD RTS

NOTRE RÉPONSE

Se réfugier derrière un jargon technique ne saurait masquer le manque de cohérence du spectacle ?Fusion?.

Publicité