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Une visite pour redémarrer la coopération économique
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Une visite pour redémarrer la coopération économique
Le potentiel de coopération économique entre l?Inde et Maurice n?a jamais été véritablement exploité malgré les relations politiques et émotionnelles privilégiées entre les deux pays. La visite qu?effectue le Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans la Grande péninsule à partir de ce week-end intervient à un moment où une nouvelle alliance stratégique est en train de se mettre en place.
La mission premier ministérielle devrait assurer un apport politique non négligeable aux négociations en cours portant sur la conclusion d?un Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA). L?accord porte sur trois volets, à savoir le commerce des marchandises, le commerce des services et l?investissement, et la coopération économique. Le processus avait débuté avec la visite qu?avait effectuée l?ancien Premier ministre, Paul Bérenger, en Inde en 2003. L?idée jouit donc d?un consensus politique dans le pays.
Responsables politiques, diplomates et techniciens des deux pays sont en train d?élaborer une ambitieuse feuille de route qui devrait aboutir à une alliance stratégique, susceptible de contribuer de manière significative dans la transformation (quantitative et qualitative) de l?économie mauricienne.
Maurice se voit contrainte de réexaminer ses orientations de croissance dans le sillage du démantèlement de plusieurs de ses marchés protégés, notamment pour le sucre et le textile. Le pays se doit de développer de nouveaux marchés afin de maintenir son développement.
Le volet commercial du CECPA est, à cet effet, d?un intérêt particulier pour les Mauriciens. L?Inde dispose d?une classe moyenne en pleine croissance. Les fabricants de vêtement mauriciens pourront ainsi y trouver un créneau rémunérateur pour leurs produits de moyenne gamme en particulier.
La création d?une zone d?échanges préférentielle (ZEP) sera la première étape de la concrétisation du volet commercial. L?accord sur les échanges commerciaux devra être signé durant la visite de Navin Ramgoolam. L?étape suivante consistera à finaliser les modalités de l?abaissement tarifaire et la liste des produits qui seront touchés dans un premier temps par la ZEP.
Les deux partis se sont échangé une liste des produits pour lesquels ils souhaitent obtenir un accès préférentiel. Il y aura donc une liste sélecte pour démarrer la ZEP. Les négociateurs ne veulent pas répéter les erreurs commises dans le passé où des listes exhaustives (qui comprenaient plusieurs marchandises avec un potentiel commercial peu intéressant) étaient soumises. Maurice compte proposer, par exemple, des vêtements qu?elle produit de manière plus compétitive.
Par ailleurs, il est grand temps que les décideurs se penchent sérieusement sur les raisons pour lesquelles les investissements indiens n?ont pas afflué vers Maurice alors que la Grande péninsule postule comme un des principaux powerhouses de la croissance mondiale à moyen terme.
A maintes reprises, Maurice s?est présentée aux opérateurs indiens en tant que fenêtre stratégique sur l?Afrique australe et le sud. A l?exception de quelques implantations, les entreprises indiennes ne se sont pas bousculées dans le port franc ou dans la zone franche pour saisir les opportunités offertes par Maurice. Manifestement, il y a d?autres moyens pour que les Indiens accèdent aux marchés africains.
Même si la vision reste valable, il faudrait peut-être changer de cible. Maurice devra davantage s?intéresser aux petites et moyennes entreprises (PME) indiennes (qui se globalisent de plus en plus) au lieu de se concentrer uniquement sur les grosses pointures qui sont beaucoup plus difficiles à démarcher.
Seule la garantie des grands marchés peut justifier une décision d?implantation des grosses entreprises. Les PME, par contre, n?ont pas cette contrainte de taille du marché, et sont de ce fait, plus faciles à attirer. Ce sont surtout les PME à forte intensité de technologie (informatique, pharmaceutique?) qui devraient intéresser le parti mauricien.
C?est en effet dans le sens inverse que les choses ont beaucoup plus marché. La juridiction offshore mauricienne est techniquement le plus gros fournisseur d?investissement direct extérieur vers le marché indien. Mais tout dépend du maintient du traité de non double imposition fiscale entre les deux pays.
Ce traité a souvent été l?objet de dénonciations de la part des autorités fiscales indiennes. Une des tâches de la mission premier ministérielle est de s?assurer que l?administration politique de New Delhi continue à accorder son soutien à la convention fiscale.
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