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Une visite médicale à l?origine d?une séparation
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Une visite médicale à l?origine d?une séparation
On n?accorde pas sa confiance à qui veut. S. J. une habitante de Petite-Retraite âgée de 30 ans, l?a appris à ses dépens. Un médecin ?ayurvedic? l?aurait trompée, ainsi que son mari, en décembre 2000, en affirmant, après avoir introduit une bougie dans son vagin, qu?elle n?était plus vierge. Des propos qui ont donné lieu à la colère de son mari et à la rupture de son récent mariage. Après un premier jugement défavorable en cour intermédiaire, la plaignante a obtenu en appel un nouveau procès en réclamation contre l?homme qu?elle incrimine.
Après son mariage en juin 2000, la jeune femme est allée habiter chez ses beaux-parents à Saint-Pierre. Le mariage ne fut toutefois pas consommé car l?époux avait un problème d?érection. ?Le lundi 19 juin 2000, il y avait le chowtaree. Après la réception, mon époux est venu me rejoindre dans la chambre mais nous nous sommes endormis sans pouvoir passer à l?acte?, explique S. J.
Après avoir essayé plusieurs médicaments et suivi toutes sortes de traitements médicaux, les deux amoureux s?en remettent finalement, le 6 décembre 2000, au médecin ?ayurvedic?, qui tient un cabinet à Quatre-Bornes. Ayant examiné les deux patients, celui-ci les persuade de l?accompagner à la consultation de son épouse, une gynécologue, à Curepipe.
La gynécologue étant toutefois absente à leur arrivée, le médecin ?ayurvedic? aurait alors proposé de pratiquer lui-même un examen gynécologique. Cela, en présence de l?époux de S. J. Cette dernière est d?abord réticente à l?idée mais finit par se laisser convaincre par cet homme qui dit la considérer comme sa propre fille. Selon S. J. l?homme a inséré une bougie dans son vagin à deux reprises avant de déclarer qu?elle n?était pas vierge.
Rs 500 000 de dommages
De retour à Saint-Pierre, c?est la réunion de famille. Et pour cause, la nouvelle choque ! S. J. subit tour à tour les reproches de son mari et ceux de ses beaux-parents. Quelques jours plus tard, elle est sommée de quitter la demeure de ces derniers. Après quoi, ce sont les procédures du divorce qui sont enclenchées.
N?y tenant plus, S. J. décide de poursuivre le médecin ?ayurvedic?. Elle lui réclame Rs 500 000 de dommages en cour intermédiaire. Lors du procès, le médecin légiste Satish Boolell affirme qu?elle est encore vierge.
Au cours de son témoignage, le médecin ?ayurvedic? rejette les allégations de la jeune femme. Il n?aurait, dit-il, ni introduit une bougie dans le vagin de cette dernière, ni déclaré qu?elle n?était pas vierge. Il affirme n?avoir introduit qu?un structum, appareil utilisé par les gynécologues et ressemblant à la poignée d?une porte. Cela, parce que la patiente lui avait fait part de problèmes de pertes blanches. Il aurait ensuite prescrit des médicaments au couple pour résoudre son problème sexuel.
La réclamation de S. J. est rejetée en novembre 2003. La cour intermédiaire arrive à la conclusion que la plaignante n?a pu prouver ses dires. Deux points sont pris en considération : le fait que l?époux n?ait pas mentionné dans sa pétition de divorce qu?il voulait se séparer de sa femme car elle n?était plus vierge et que la ?faute? imputée au médecin ?ayurvedic? relevait non pas de l?introduction de la bougie mais du fait que le médecin a déclaré en présence de son époux qu?elle n?était plus vierge.
Le chef juge suppléant Bernard Sik Yuen et la juge Nalini Matadeen ont décidé, dans un jugement rendu en Cour suprême, le 8 décembre, que la plaignante aurait droit à un autre procès, estimant qu?il y a matière à débat. Ils déclarent, en outre, que le magistrat siégeant en cour intermédiaire a ?sauté aux conclusions?.
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